ARCHIVES 2007

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Communiqué de l'ACIM du 3 décembre 2007

La plus haute autorité de France en matière de génétique, le professeur Arnold Munnich de l’hôpital Necker Enfants Malades – lieu que nous avons tellement fréquenté jadis pour notre enfant – vient de le répéter avec bien d’autres. Certaines recherches payées au nom de la génétique,  ne relevaient plus de la science, mais de l’idéologie. Puis il dénonce aussi  avec courage la nouvelle orientation de certaines recherches, celles sur l’embryon. En réalité celles dont Marc Peschanski a été chargé dans le cadre du Généthon, de l’Europe, et de I Stem, institut de recherche sur l’embryon subventionné pour moitié par le contribuable et les dons du Téléthon.

Les raisons du professeur Munnich ? Celles de Wilmut, le « père » de Dolly la brebis clonée, annonçant ne vouloir plus travailler sur l’embryon, car c’était inutile, dangereux et immoral.

Mais pour moi et toute notre famille, nous aurions dû tourner la page après la mort de notre fils. Approximation des techniques des transmissions génétiques à cette époque ? J’ai désormais un petit fils atteint de la myopathie.

Les recherches sur l’embryon auxquelles croit Peschanski n’auront, à en croire les tenants de cette idéologie, de résultats que dans 10 ou 20 ans. Parallèlement, des cellules souches venant de la peau ont déjà toute l’efficacité des cellules tirées de l’embryon, sans en avoir les inconvénients notamment en matière de dégénérescence cancéreuse. Elles peuvent régénérer les muscles. Pourquoi donc Peschanski continue-t-il dans cette voie ? Comment seront utilisés ces millions d’euros qui seront donnés samedi et dimanche prochain au Téléthon ?

Dans 10 ou 20 ans, tous les myopathes que nous allons voir sur le plateau en fin de semaine seront morts. Mais aussi toute une partie des porteurs de ces maladies dites « orphelines » pour lesquelles le gouvernement vient de limiter le financement de la recherche.

Mon petit fils lui aussi….

Dr Jean-Pierre Dickès

A PROPOS DU CLONAGE

Dix ans après la naissance de Dolly - le premier mammifère obtenu par clonage dans un laboratoire d'Edimbourg - Wilmut, l'auteur de cette inquiétante prouesse et son équipe annoncent qu'ils renoncent au clonage, au profit de l'exploitation des cellules souches adultes beaucoup plus prometteuses.
Avec quelques autres à SOS Tout Petits nous avons toujours affirmé que le clonage était une impasse, à cause du nécessaire respect de la vie et de la loi naturelle.
On peut cloner les singes, on ne singe pas Dieu .


Docteur Luc Perrel

Communiqué de l'ACIM du 30 Novembre 2007



Hervé Messager, le kinésithérapeute de Vincent Humbert a eu le courage de dire que son patient a été tué. Ce que l’on savait. Un premier « essai » ayant été tenté par sa mère, Marie Humbert, et « transformé » par le Docteur Chaussoy.

 

Mais nous apprenons du kinésithérapeute de Vincent Humbert qu’il n’était pas paraplégique ; qu’il n’avait pas de lésions de la moelle épinière, qu’il n’était pas aveugle et qu’il était capable de bouger la main et non pas un doigt. Ce qui de toute manière, vu son état, ne lui permettait pas de rédiger le livre qui lui a été attribué. Du témoignage absolument poignant de Hervé Messager, qui ne se positionne pas sur la question idéologique de l’euthanasie, nous comprenons que Vincent Humbert avait la volonté de vivre. Peut-être a-t-il eu une période de dépression ? Cela a été dit à cette époque. Et que si l’on se positionnait sur la ligne du Dr Chaussoy et de Marie Humbert, l’hôpital de Berck deviendrait un véritable abattoir.

 

En 2003 lors de la mort de Vincent Humbert, le Dr Philippe Tronchet médecin chef de l’unité de neurologie de Berck déclarait qu’au même moment dans son service : « trois personnes sont dans des situations très comparables à celle de Vincent Humbert, à ceci près qu’elles n’ont pas perdu la vie » (Q.d M. 7 octobre 2003)

 

En réalité, cette affaire a été une gigantesque manipulation politique dont nous donnerons les détails sur notre site acimps.org

 

Rappelons toutefois que l’affaire Humbert a fait l’objet d’un non-lieu début janvier 2006. Que ce non-lieu émanait du procureur de Boulogne-sur-Mer M. Lesigne. Il serait inutile de détailler toutes les « bourdes » de ce procureur qui aurait du être révoqué depuis longtemps. Pourquoi ? Déclarer à la presse que quatre jeunes filles étaient des fugueuses alors qu’elles avaient été violées, martyrisées, assassinées et enterrées dans les dunes au bout de ma rue par les frères Jourdain, tueurs et violeurs récidivistes lâchés dans la nature. Que le fils du garde du corps de De Gaulle, un dénommé Mansuy détenait le trésor de guerre de Pasqua alors qu’il avait honnêtement gagné sa vie sur les chantiers de la Défense et de Puteaux ce dont il a tiré raison devant les tribunaux.  Et surtout avoir lancé l’affaire d’Outreau alors que j’avais été le seul à constater dans les temps nécessaires qu’un des enfants Badaoui n’avait pas été violé (voir sur internet le rapport de l’Assemblée Nationale : vallini+dickes+outreau). Il découlait de mon rapport qui suivait ma réquisition en tant qu’expert près la cour d’Appel de Douai, que le procureur Lesigne poursuivait et incarcérait une douzaine de personnes sans avoir une once de constatation médico-légale. L’une d’entre elles s’est suicidée en prison rappelons-le.

 

Le procureur Lesigne qui parade encore une fois dans La Semaine dans le Boulonnais du 26 novembre 2007, n’a pas osé dans des circonstances pareilles se heurter à la manipulation des médias dans le cadre de l’affaire Humbert. Il rendait un non-lieu quant à la mise en examen du Dr Chaussoy lequel avait mis fin aux jours du jeune Humbert avec la complicité de sa mère.

 

Rappelons ce que nous dit le conseil de l’Ordre des Médecins et qui se retrouve dans toutes les médecines du monde notamment en Asie avant même Hippocrate :

 

« Le médecin ne peut en aucun cas abréger la vie d’un malade en lui donnant délibérément la mort » et non plus que de se faire « le complice d’un suicide assisté ».

 

Par delà les bénéfices que Mme Humbert et le Dr Chaussoy ont encaissés dans le cadre de la publication d’ouvrages best-sellers qui sont dans tous les kiosques de gare, il y a lieu de se demander qui a couvert le Dr Chaussoy et qui couvre le procureur Gérald Lesigne.

 

Et pourquoi a-t-on tué Vincent Humbert ?


Dr Jean-Pierre Dickès
 

 

PRESENT – Samedi 1er décembre 2007

 

 

SOS Tout-petits – XXIe anniversaire

 

Une interview du Dr Xavier Dor

 

_ Pourquoi ce XXIe anniversaire ?

 Cette date est celle de notre naissance. Ne coïncidant ni avec une grande fête ni avec des vacances, elle est réservée à son objet propre : la défense de la vie dès son origine. Elle est l’occasion d’un nouvel élan en France et à l’étranger.

Quelle a été la mobilisation?

 En France.

 Peut-être à cause des grèves et du froid, elle a été un peu moindre que celle de l’année dernière : environ 1 600 personnes au lieu de 1 900, réparties dans 30 villes très exactement, (d’une façon inégale. La palme revenait encore à Nantes avec 300 participants dont 20 étudiants en médecine. Le nombre n’est pas tout : grand, il donne du poids, mais, petit, il est parfois héroïque. Besançon, Issoudun, Angoulême manifestaient pour la première fois, Strasbourg renouait. D’une façon générale, l’opposition était moindre aussi que l’année dernière, présente dans 11 villes au lieu de 16. Elle était forte à Lille, à Strasbourg, à Toulouse. Le plus dur, cette année, ne fut pas Grenoble mais Nancy où la police est intervenue casquée et armée de boucliers pour protéger notre groupe, et encore Angers.

 Le plus étrange fut au Mans où la horde du Planning familial est entrée dans la cathédrale à la suite de nos quelques amis qui s’y étaient réfugiés, demandant, exigeant des prières en faveur de l’avortement. Où était la police ?  Mais Satan était bien présent, l’inversion étant son élément.

 —A l’étranger.

 Bruxelles a renouvelé devant la cathédrale ses prières de l’an dernier et, pour la première fois, ils ont prié avec nous.

 Luxembourg (place Guillaume devant la cathédrale).

Sarrebruck (devant l’église Saint-Jean où fut distribué notre tract 

« O douce mère », traduit en allemand « Oh, liebste Mutter, bitte lass mich leben. »

Genève : où il n’est pas autorisé de prier en public, nos amis, près d’une centaine, se sont retrouvés devant la chapelle du prieuré de Carouge.

Abidjan devant le CHU de Treichville, 35 participants.

Les Philippines, le Guatemala n’ont rien confirmé.

Europe, Afrique, Asie, Amérique... les portes sont grandes ouvertes. En Afrique, comme on le sait, tout se termine par des chants et des danses. 

Pouvez-vous repréciser identité ?

Nous nous considérons comme des « apôtres » ou prêcheurs de rue non seulement de la vie naissante mais de la vie éternelle. Toutes deux si dangereusement menacées.

La guerre est spirituelle, l’arme est la prière et particulièrement prière publique. Dans la rue, nous témoignons et nous informons. Notre Seigneur et ses disciples allaient par les chemins et Notre Seigneur est mort sur une place publique. Le salut individuel passe j le salut collectif. « Aimez-vous uns les autres comme je vous aimés. » Notre doctrine est celle du règne social de Notre Seigneur Jésus-Christ et de la charité politique la plus haute des charités disait Pie XI.

Pour embrasser largement, on voudrait se contenter de l’ordre,naturel, mais c’est perdre l’essentiel - le fondement surnaturel et risquer de se compromettre ou de se perdre comme la morale laïque républicaine devenue humanisme des droits de l’homme sans Dieu et homicide

Nous distribuons aussi des tracts et des autocollants fréquemment - rapports d’homme à homme —, une médaille miraculeuse, chose curieuse, est parfois mieux acceptée qu’un tract. Nous essayons aussi de secourir des femmes en détresse~ mais notre action se situe plus amont qu’en aval de l’avortement

Nos prières sont des prières de réparation, d’intercession, de conversion.

Et tes évêques de France ce soutiennent-ils?

Certains’ nous encouragent nous disent : Continuez. Nous les remercions. Mais la plupart nous ignorent ou nous sont hostiles n’ap

prouvant pas notre façon de faire, pourtant pacifique.

Le concile Vatican Il s’était tu sur le communisme et la franc-maçonnerie, mais il condamnait l’avortement « crime abominable ». Le pire, à ce sujet, est le silence des paroisses où il est même malséant d’en parler. Il règne ainsi, en France, un véritable climat d’oppression. Si nos évêques voulaient bien mettre tout leur poids dans la bataille, tout se­rait changé.

Quel bilan peut-on donner de votre activité?

 Nous nous sommes fait connaître en entrant par surprise et pacifiquement dans les centres d’avortement, puis en manifestant dans la rue. En instituant un délit d’entrave à l’IVG, la loi Neiertz —27 janvier 1993 nous interdisait l’accès à ces centres (garde à vue, procès, amendes), mais, du même coup, reconnaissait le danger que nous re­présentions ainsi que la Trêve de Dieu d’une remise en cause de la loi autorisant l’avortement.

Dans la rue nous attendaient:

—L’opposition de l’État, malgré la liberté d’expression garantie par la Constitution. Nous avons été interdits 21 fois. Là aussi : gardes à vue, procès, amendes et même emprisonnement, refus d’amnistie.

L’opposition des contre-manifestants, souvent plus nombreux que nous et souvent violents. C’est là que nous avons entendu « Gloire à Satan ! nous sommes les fils de Satan! »...

Les difficultés de mobilisation, celle de l’apathie générale et celle du silence : silence médiatique. Autant nous avions du succès auprès des médias lorsque nous entrions dans les centres d’avortement pour nous diaboliser – autan, dans la rue, on ne s’occupait plus de nous pour nous étouffer sauf en cas de forte opposition.

—        Silence, incompréhensible, de nos milieux religieux, sauf celui du milieu traditionnel.

       Malgré cela:

—        Nous avons rompu le silence, pire que l’avortement lui-même puisqu’il endort les consciences.

—        Une clinique à Paris, 32, rue Ordener (XVIIIe), où se faisaient de nombreux avortements, a fermé fin janvier 1998. Nous avions manifesté 17 fois certaines fois, cela tournait à l’émeute du fait de la violence de la contre-manifestation. Nous ne sou­haitions pas la fermeture de la clinique mais la cessation d’actes qui la déshonoraient.

—        Certaines femmes ont renoncé à l’avortement ; nous n’en connaîtrons jamais le nombre. L’une d’elles, nous voyant distribuer des tracts rue Vaneau (VIIe) est venue nous remercier. Treize ans auparavant, elle avait en poche son billet d’IVG, elle avait rencontré notre groupe et renoncé à aller au centre d’avortement. Elle avait une fille, la joie de sa vie.

—        Nous nous étendons en France et aussi à l’extérieur. Je rentre d’Afrique noire qui connaît bien des horreurs et des difficultés : guerres, misère, épidémies, corruption, sorcellerie, ignorance mais qui a été évangélisée et sa ferveur est populaire. Elle n’a pas connu la Révolution française, elle n’a pas, comme nous, été laïcisée en profondeur car, tout est là, sans Dieu nous ne pouvons rien faire et le mal est immense, notre esprit vacille et les victimes ne se comptent plus par milliers mais par milliards.

 Propos recueillis

par Reini Fontaine

 


PARIS, parvis de Notre-Dame le 17 novembre 2007.

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17 Novembre 2007 à Grenoble

A Grenoble le 17 novembre
pour le 21ème anniversaire de
SOS-Tout-Petits

 

Reportage du Dr Villette

Comme l'an dernier, j'étais à Grenoble,  avec nos amis de SOS-Tout-Petits.
En union de prière avec tous les groupes répartis dans toute la France pour marquer le 21ème anniversaire de  ce témoignage priant devant les avortoirs.
Les contre manifestants du Planning (anti) Familial étaient eux aussi fidèles au rendez vous, vociférants comme à l'ordinaire, mais tenus en respect par d'importantes forces de police.
Interviewé par une journaliste du Dauphiné Libéré, surprise par leur contestation sonore qui "devait nous gêner", je lui répondis qu'au contraire : leur présence soulignait notre témoignage pacifique et qu'il fallait de l'ombre pour souligner la lumière.

"Mais pourquoi priez vous" ajouta-t-elle?

Pour les enfants tués… et pour tous ces malheureux.
Malheureux de leur vie et de celles qu'ils avaient supprimées.
Leur haine apparente n'est que le résultat de leur malheur, de leur rancœur contre eux même d'abord.
Car comment pourraient-ils croire qu'une vingtaine de personnes pourraient faire abroger les lois sur l'avortement, comme ils nous le reprochaient ?
Humainement, ils n'ont même pas besoin de se déplacer.
Humainement, les jeux sont faits…et le problème de l'avortement est bien dépassé puisque la "culture de mort" en est à l'eugénisme, aux expérimentations humaines et au clonage, comme le prouve mon procès contre l'AFM à propos du Téléthon.
Il faut croire que malgré leur athéisme, ils sentent que c'est la prière de notre petit groupe qui est très puissante. Pas nous! Ils ont peur de notre prière. C'est elle qui les "gène"… et leurs vociférations redoublaient lorsque nous chantions le gloria…
Des malheureux, oui, pour qui il faut prier.

Bien que Grenoble soir réputée la ville la plus dure de France dans ce genre d'affrontements, tout s'est bien passé et les deux groupes se sont dispersés en s'entrecroisant calmement et en échangeant même quelques… sourires complices… comme si on se donnait rendez vous à l'année prochaine pour le 22ème anniversaire de SOS-Tout-Petits.

En tous cas, dans notre groupe, on s'est donné rendez vous au samedi 1er décembre, à 17H, dans la cathédrale de Grenoble… pour le 191ème Rosaire pour la Vie.

Car les deux formes de prière PUBLIQUE, face aux avortoirs et dans les cathédrales, sont complémentaires.
Il faut les maintenir toutes les deux.
Voir http://www.rosairepourlavie.org et www.sos-tout-petits.org

 

17 Novembre 2007 à Nancy

 

 

Voix du Nord - Dimanche 18 novembre 2007

Prières versus noms d'oiseaux, hier, entre pro et anti-IVG
 

 

 Les deux groupes étaient séparés par une compagnie départementale d'intervention (CDI). PHOTOS PATRICK DELECROIX L'association SOS tout petits, opposée à l'interruption volontaire de grossesse (IVG), organisait, hier, une prière à l'angle des rues de Paris et Kennedy. Une contre-manifestation l'attendait.
La police avait prévu une rencontre à hauts risques et ne s'était pas trompée. Hier après-midi, il a fallu maintenir à distance pro et anti-IVG, à deux pas du nouveau planning familial. Prières à genoux et Vierge sur un tabouret, d'un côté. Sono surgonflée et noms d'oiseaux de l'autre.
L'association SOS tout petits organisait un rosaire en public (une prière d'une heure et demie, composée de quinze dizaines d'Ave Maria précédés chacun d'un Pater), récité par une cinquantaine de personnes qui appelaient à la fin du «  massacre des tout petits ».
« L'IVG est un droit fondamental », leur répondaient cent cinquante militants du planning familial, en couvrant les voix des «  intégristes » d'un brouhaha très sonore. Insultes, slogans hostiles, appels à la liberté sexuelle, jets de préservatifs, et même de longs baisers entre garçons et entre filles. Rien n'aura été épargné aux fidèles de SOS tout petits.
Ces derniers sont quand même allés au bout de leurs chapelets, puis se sont retirés dans le calme, peu avant 16 h, tandis qu'un policier soupirait  : «  Le monde est fou... » •  A. D.
 


Rosaire pour la Vie à Lille :

http://www.dailymotion.com/video/x3ilh3_lille-rosaire-pour-la-vie_news

 

17 Novembre 2007 à Poitiers

17 Novembre 2007 en Suisse

En Valais, à Monthey, il y eu une prière de réparation le 17 novembre dans l'après-midi, mais à l'intérieur de notre lieu de culte.
 
A Genève, nous voulions prier le Rosaire devant la maternité-unité de gynécologie de l'hôpital. Mais l'autorisation nous en a été refusée par la Ville de Genève, qui interdit toute prière ou acte religieux dans la rue !!!
 
Nous avions donc donné rendez-vous à nos fidèles sur le parvis de notre église. Une centaine de personnes étaient là pour ce rosaire qui de ce fait n'a pas eu de caractère public à 100%. Mais pour une première nous sommes très contents de la réponse des fidèles. L'an prochain nous irons dans la rue d'une manière ou d'une autre.
 
Encore merci de votre invitation et à l'année prochaine !

 

17 Novembre 2007 à Bruxelles

 

 

17 Novembre 2007 à Quimper

 

 

17 Novembre 2007 à Laval

Communiqué de l'ACIM du 20 Novembre 2007

Coup de tonnerre !!


C’est certainement la meilleure nouvelle des dix dernières années. Jan Wilmut, père de Dolly le premier mammifère cloné, a décidé de renoncer au clonage humain comme méthode de reproduction de l’être humain et à défaut de création des lignées de cellules souches embryonnaires.

Rappelons de quoi il s’agit. Cloner signifie créer des embryons sans l’aide de spermatozoïdes en injectant le noyau de n’importe quelle cellule dans un ovule. Ce qui permettrait peut-être de fabriquer des embryons humains pour les utiliser pour l’expérimentation.  Et même de créer en laboratoire un être humain coupé de toute paternité, ce qui n’a pas encore été réalisé et n’est peut-être pas réalisable.

Le savant pose quatre affirmations

1)    En clonant, nous risquons de transmettre ou d’induire des maladies génétiques.

2)     Les lignées de cellules souches embryonnaires n’ont aucun intérêt vis-à-vis des cellules souches dites adultes que l’on trouve partout et qui n’ont pas les mêmes inconvénients.

3)     Il est possible de transformer les cellules souches adultes de manière à ce qu’elles aient la même efficacité que les cellules embryonnaires.

4)     Ce type de manipulations pose un problème d’ordre moral.

Ainsi le « pape » du clonage renonce à cloner des êtres humains, estimant que c’est à la fois inutile et immoral, même au nom d’hypothétiques bénéfices thérapeutiques.

Or, Madame Valérie Pécresse vient d’inaugurer I Stem dirigé par le docteur Peschanski pour précisément faire les recherches auxquelles Wilmut vient de renoncer. I Stem est financé pour moitié par l’argent du contribuable et pour l’autre moitié par le Téléthon.
 

Peschanski est lui-même payé par l’Europe pour faire les recherches sur ce créneau : celui du clonage embryonnaire dit « thérapeutique ».

Rappelons cette phrase de Peschanski dans Science et Avenir du septembre 2005 (p.44) : « De pouvoir démontrer l’utilité du clonage, mais, ça je suis capable de le faire sur le champ ».  Apparemment Wilmut, le premier biologiste à avoir tenté une telle démonstration nous dit exactement le contraire. C’est un véritable coup de tonnerre dans le monde du « scientifiquement correct ».

Dr Jean-Pierre Dickès

Président de l’Association Catholique des Infirmières et Médecins.

Communiqué de l'ACIM du 15 octobre 2007

Non-événement d'un cocorico

L'Inserm annonce avoir créé pour la première fois une lignée de cellules souches embryonnaires. Cet exploit sera salué à grands coups de chapeaux par la pensée unique sévissant notamment dans la presse médicale. En réalité de telles lignées ont été crées depuis dix ans par les Américains. Le Président Bush a interdit de créer de nouvelles lignées de ce type cellulaire dans le cadre des budgets fédéraux, c’est-à-dire payés par l'Etat.

Un des problèmes principaux qui s'est posé à sa conscience de président du pays le plus puissant du monde, concernait le sort des 80 lignées (ou plus ?) de cellules souches embryonnaires crées avant son arrivée à la présidence. Il décida, faute de mieux de ne pas les détruire. On n'a jamais su combien d'entre elles étaient opérationnelles. Probablement huit, mais les scientifiques ne sont pas d'accord sur le sujet.

Toutefois, la principale d’entre elles, considérée comme la plus stable et fiable a soudain dégénéré. En outre la totalité d'entre elles pour des raisons non connues sont contaminées (Nature medecine du 23 janvier 2005 et Quotidien du Médecin du 27 janvier 2005) . Personne à ce jour, ne peut prétendre prévoir ce que deviendra ce type de cellules implantées dans l'organisme humain hormis une possibilité de rejet et de dégénérescence cancéreuse.

L'échec des cellules souches embryonnaires dans le domaine thérapeutique se profile en perspective de l'échec de la thérapie génique dont il a fallu 25 ans pour se rendre compte qu'elle menait à une impasse. Aucune maladie n'a été guérie de manière fiable par le génie génétique. Et ce type de recherches dans ce cadre a été abandonné par la plupart des laboratoires du monde.

De même que les myopathes attendent toujours un traitement par le biais de la génétique, les malades atteints de la maladie de Parkinson ou la maladie d’Alzheimer peuvent hélas toujours espérer en ces faux prophètes. Le Dr Peschanski, tombé dans le panneau de l'escroc Hwang qui prétendait avoir cloné un être humain, est chargé du programme « expérimentations sur embryons » dans le cadre de I Stem nommé par le ministre de la recherche Valérie Pécresse ; mais aussi de celui du Genethon subventionné essentiellement par le Telethon. En outre il a été nommé responsable de ce type de recherches par l'Europe. Ayant avoué lui-même qu'elles n'aboutiront que dans dix ou vingt ans.

Rassurons-nous. La seule certitude est que tout ceci se sera toujours aux frais du contribuable ou la charité publique ; le tout relayé par le «scientifiquement correct ».

Quant à la lignée embryonnaire créée par l'Inserm - quand son échec ou son inutilité seront avérés, ce qui ne saurait tarder- il est probable que la fin du cocorico se fera dans le silence des médias. Comme il se doit. Comme, il en est du vaccin contre le sida et des traitements de la myopathie par la génétique.
 


Dr Jean-Pierre Dickès

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Journées de la Tradition, les 6 et 7 octobre à Villepreux.

 

Les 6 et 7 octobre 2007, le stand de SOS-TOUT-PETITS aux journées de la tradition ,  au domaine de Grand'Maisons à Villepreux a été très remarqué.

De nombreux visiteur ont demandé à recevoir notre bulletin. Tous ont exprimé leur intérêt pour la journée nationale - et même internationale -de prière du 17 novembre.

 

 

 

 Le Dr Dor semble satisfait  !

                                                                                                   

 

                                            Le Dr Dor et le Dr Perrel au stand de SOS-TOUT-PETITS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                                                                                  

                                                                                                                                                      Jeanne Smits, Directeur de la rédaction de "PRESENT"

Un document extrait de la lettre de septembre 2007 de la Fondation Gérôme Lejeune -

 

PARIS, place Saint Michel, le 22 septembre 2007.

Une dernière fois place Saint Michel, les "sos-tout-petits " se regroupent pour leur prière publique de réparation.

Le 20 octobre, c'est devant Notre-Dame, près de la statue de Charlemagne, que nous nous retrouverons.

 

 

Le Dr Dor écrit une lettre ouverte au Président de la République

Docteur Xavier Dor

SOS Tout-petits

……………..

Paris

Lettre ouverte à M. le Président de la République

Monsieur le Président,

Je vous écris en tant que responsable de 1'association catholique SOS Tout-petits qui lutte contre l’avortement et pour le respect de la vie humaine.

Vous avez dit : « Je suis le président de tous les Français », mais ceux-là même, les tout-petits, auraient aimé l’être. Le peu qu'ils l'ont été l'a été pour leur malheur et pour le nôtre. Ils sont tués en France, chaque année, par centaines de milliers, les chiffres officiels étant très au–dessous  de la réalité du  fait d'une contraception de plus en plus souvent abortive et ce, sans que l'on n'en parle. Rien de plus oppressant que ce silence, ni plus accusateur. Est-ce là la civilisation des droits de l’homme ? Est-ce là un modèle pour la jeunesse et pour tout homme

         Serez-vous, vous aussi, un président de la culture de mort, du « benevolens genocide » imposé par le mondialisme ?

        Votre politique d'ouverture et de rupture ne peut abandonner ceux qui en ont tant besoin. Les considérer serait, à mes yeux et à ceux de beaucoup de nos concitoyens, votre plus grand titre de gloire devant Dieu et devant les hommes ?

        Dans cet espoir, recevez, je vous prie, Monsieur le Président, l'expression de ma haute considération

Xavier Dor

                                                                                                                                

 

Simone Veil: «L'avortement est une question éthique»

Une clause de conscience figurant dans la loi Veil n'oblige pas les médecins français à pratiquer l'avortement. Quelle fut votre réflexion à ce sujet?
Simone Veil : On comprend que, pour un certain nombre de gens, il existe un cas de conscience face à cette pratique. C'est une question éthique et pas seulement un geste médical. La seule chose que j'avais négociée avec l'Église était de ne pas contraindre les médecins. C'est un point à maintenir, car on ne peut obliger personne à aller contre ses convictions. Il est de plus en plus évident scientifiquement que, dès la conception, il s'agit d'un être vivant.
    

       ... et supprimer un être vivant, c'est quoi ?

 

PARIS, place Saint Michel, le 9 juin 2007.

 

C'est avec beaucoup de ferveur que l'on invoque la Très Sainte Vierge

Que Notre-Dame de Guadalupe sauve les Tout-Petits

 

 Découverte révolutionnaire : des cellules pluripotentes à partir de cellules adultes

Une équipe de chercheurs japonais (Pr Shinya Yamanaka, Université de Kyoto) et deux équipes de chercheurs américains (Whitehead Institute for Biomedical Research de Cambridge, Massachusets - Harvard Stem Cell Institute de Boston) ont réussi à transformer des cellules de peau prélevées sur des souris adultes en cellules pluripotentes (cf. Synthèse de presse du 07/06/07).

Ces cellules ont été transformées sans utiliser d'embryons ni d'ovocytes humains, ce ne sont donc pas des cellules embryonnaires, mais bien des cellules adultes reprogrammées pour être pluripotentes.

Pour Hans Schöler du Max Plank Institute for Molecular Biomedicine de Munster, "c'est une réussite aussi importante que Dolly" (NDLR, première brebis clonée au monde).

Appliqués à l'espèce humaine, ces résultats révolutionneraient l'ensemble des recherches sur les cellules souches et rendraient définitivement vaines les recherches sur l'embryon qui posent de graves problèmes éthiques.

Jusqu'à aujourd'hui, la communauté scientifique s'accordait à dire qu'il était impossible d'obtenir qu'une cellule différenciée puisse revenir au stade d'une cellule souche indifférenciée et pluripotente.

Ces études ont été publiées mercredi 6 juin dans les revues Nature et Cell Stem Cell.

Le Pr Yamanaka avait déjà présenté ses travaux précurseurs au Congrès de Rome sur les cellule souches adultes, organisé par l’Académie pontificale pour la Vie, la Fédération internationale des associations médicales catholiques (FIAMC) et la Fondation Jérôme Lejeune, du 14 au 16 septembre 2006 (cf. Synthèse de presse du 18/09/06).

Aujourd'hui, ses publications, confirmées par deux autres équipes, font l'unanimité.

© genethique.org

Communiqué de l'Association Catholique des Infirmières et Médecins (ACIM) , le 24 avril 2007 (suite)

 

"MIRACLE DANS LA BASILIQUE ND de GUADALUPE"      30.04.2007

Voici quelques précisions à propos du miracle survenu le 24 avril 2007 à la Basilique ND de Guadalupe à Mexico, après la décision du conseil municipal de cette ville de légaliser l’avortement à la demande jusque là interdit. Les photos présentées ici ont été envoyées depuis le Mexique par le Père Luis Matos, supérieur de la Communauté des Béatitudes. Elles étaient accompagnées d’un commentaire en espagnol dont voici la traduction résumée.

   

 A la fin de la messe offerte pour les enfants avortés non nés, l’assistance de la Basilique se demandait ce qu’attendait d’elle la Très Sainte Vierge de Guadalupe . Tandis que beaucoup de fidèles prenaient des photographies de l’ayate de Tepeyac,  exposé et vénéré dans le Basilique et au pied duquel la foule des pèlerins défile sur un tapis roulant, l’image de la Vierge a commencé à s’effacer, pour donner place à une lumière intense qui émanait de son ventre,  constituant un halo brillant ayant la forme d’un embryon. Avec un cadrage et un grossissement important il est possible d’apprécier la position de la lumière qui provient réellement du ventre de l’image de la Sainte Vierge et n’est ni un reflet, ni un artéfact.

L’ingénieur Luis Girault qui a étudié l’image ainsi réalisée a confirmé l’authenticité du négatif et a pu préciser qu’il n’avait été ni modifié ni altéré, par superposition d’un autre image par exemple

 

 

 

 Il a découvert que l’image ne provient d’aucun reflet, mais sort littéralement de l’intérieur de l’image de la Vierge.

 

 

 

 

 

 

 

 

La lumière produite est très blanche, pure et intense, différente des lueurs photographiques habituelles produites par les flashes. Cette lumière est entourée d’un halo et paraît flotter à l’intérieur de l’abdomen de la Vierge. Ce halo possède la forme et les mesures d’un embryon. En effet si on examine plus précisément encore cette image en la faisant tourner dans un plan sagittal, on distingue à l’intérieur du halo certaines zones d’ombre qui ont les caractéristiques d’un embryon humain dans le sein maternel »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jésus Christ vrai Dieu et vrai Homme : c’est la foi catholique ! Déjà St jean Baptiste avait tressailli dans le sein de sa mère pour saluer son Seigneur. N.D. de Guadalupe vient au secours des embryons non nés – ignorés des légistes – en rappelant ainsi l’évangile de St Luc (I, 31) : « Voici que vous concevrez en votre sein, et vous enfanterez un fils, et vous lui donnerez le nom de Jésus ».

 

 

 

 

Etats-Unis : Le card. Rigali approuve la décision d’interdire l’avortement par naissance partielle

 

ROME, Vendredi 27 avril 2007 (ZENIT.org) – Le Président du Comité des évêques américains pour les activités pro-life, le cardinal Justin Rigali, s’est félicité de la décision prise par la Cour Suprême de valider l’interdiction de l’avortement par naissance partielle.

La Conférence épiscopale des Etats-Unis a rendu publique mercredi dernier une déclaration dans laquelle le cardinal Rigali approuve la décision en question.

« Aujourd’hui, après une décennie de lutte dans les assemblées législatives et dans les tribunaux, la Cour Suprême des Etats-Unis a fini par valider une loi fédérale interdisant une méthode brutale et inhumaine d’avortement par naissance partielle. C’est la première fois en 34 ans que la Cour autorise une restriction à l’avortement », affirme le cardinal.

Le Partial Birth Abortion Ban Act a été approuvé par le Congrès et transformé en loi par le Président Georges Bush en 2003. Il visait à interdire cette technique particulière d’avortement qui consiste à faire naître partiellement l’enfant par le siège, puis à perforer sa tête par le bas du crâne et à aspirer son cerveau avant d’extraire totalement son corps de l’utérus.

Pour le cardinal Rigali, cette décision est motif d’espoir pour tous les Américains qui luttent pour la défense de la vie...

 

Place Saint Michel, le samedi 26 avril,

C'est avec beaucoup de ferveur que l'on implore Notre Dame des Tout-Petits.

 

 

 

Communiqué de l'Association Catholique des Infirmières et Médecins, le 24 avril 2007

http://www.acimps.org/

Notre Dame de Guadalupe est pour les chrétiens du monde entier le symbole de la défense de l'enfant à naître. Ceux qui sont allés à Mexico voir cette basilique ont pu voir l'immense foi qui se manifeste autour de cette représentation de la Vierge. Il se présente que la ville de Mexico - seule dans le pays - vient d'autoriser l'avortement jusqu'à 12 semaines de la grossesse. Or devant des milliers de pèlerins, pendant la messe célébrée pour les enfants martyrs de l'avortement, l'image de Notre Dame s'est soudain éclairée au niveau de l'abdomen. Une sorte de lumière intense, une sorte de halo. Cette lumière a été photographiée. Il suffit d'avoir été en ce lieu pour comprendre que ce soit possible. En effet, devant l'image, il n'y a pas moins de deux tapis roulants pour permettre aux pèlerins de défiler plus vite. Et les flashes crépitent sans arrêt.
 
Et en se rapprochant de cette luminosité, la forme d'un embryon apparaît de manière évidente comme celle que j'ai pu le voir quand j'achetais le premier échographe commercialisé par Hewlett Packart. Dans le sein de la Vierge que peut-il nous être montré sinon l'image de Jésus lui-même. A cette heure, nous n'en savons pas plus.
 

 

Etats-Unis  :  la cours suprême interdit l'avortement par naissance partielle

La Cour suprême américaine a validé la législation interdisant une méthode chirurgicale d'avortement tardif : l'avortement par naissance partielle (cf. Synthèse de presse du 19/04/07).

Pour la première fois depuis l'arrêt "Roe contre Wade" de 1973 légalisant l'avortement, la Cour suprême autorise une restriction nationale à l'avortement. Jusqu'alors elle avait rejeté toutes les demandes de restriction : en 1993, elle a suspendu la loi votée pour limiter l'avortement au Dakota du Nord ; en 2000, elle a annulé la loi du Nebraska interdisant l'avortement par naissance partielle et reconnaissait en même temps la loi du Colorado limitant la liberté d'expression des anti-avortement...

La récente décision de la Cour suprême est donc un tournant pour certains observateurs et a un impact politique important en replaçant l'avortement au centre du débat pour les primaires et l'élection présidentielle de l'année prochaine.

George W. Bush s'est félicité des progrès de la société américaine "pour protéger la dignité humaine et préserver le caractère sacré de la vie".

© genethique.org

 

Lettre ouverte aux candidats
Mgr Jean-Pierre Cattenoz
, Archevêque d’Avignon

 

MESDAMES ET MESSIEURS LES CANDIDATS, quand je vous écoute, j’ai mal pour mon pays. Bien sûr, je me réjouis devant les germes d’espérance contenus dans les nombreuses propositions énoncées dans vos programmes.

Il y a quelques semaines, je me suis réjoui de vous voir tous unanimes pour inscrire l’abolition de la peine de mort dans notre Constitution. Aujourd’hui, je suis consterné par vos programmes qui portent en eux les germes d’une culture de mort pour notre société.

Certes, comme archevêque d’Avignon, il ne m’appartient pas de prendre position publiquement pour l’un ou l’une d’entre vous. De même, en intervenant, je n’entends nullement porter atteinte à la liberté politique des catholiques de mon diocèse. Je voudrais seulement vous alerter et alerter tous les hommes de bonne volonté sur plusieurs points de la campagne électorale dont les enjeux me semblent majeurs pour l’avenir de notre pays.


DÉFENDRE LE PATRIMOINE DE L’HUMANITÉ

Au nom de l’Évangile, je veux défendre la vie, l’Évangile de la vie. Or je constate combien en laissant fragiliser la famille vous portez atteinte au patrimoine de l’humanité.

La famille est le sanctuaire de la vie, une réalité décisive et irremplaçable pour le bien commun des peuples. Elle est la cellule vitale et le pilier de toute vie en société. L’avenir de l’humanité passe par la famille. Elle est le centre névralgique de toute société, une école d’humanisation de l’homme où il peut grandir et devenir pleinement homme. La famille est le lieu privilégié et irremplaçable où l’homme apprend à recevoir et à donner l’amour qui seul donne sens à la vie. Elle est le lieu naturel de la conception, de la naissance, de la croissance et de l’éducation des enfants. Elle est le milieu naturel où l’homme peut naître dans la dignité, grandir et se développer de manière intégrale.

L’institution du mariage
, fondement de la famille échappe à la fantaisie de l’homme ; le mariage plonge ses racines dans la réalité la plus profonde de l’homme et de la femme, il est l’union de l’homme et de la femme. « Impossible de contester cette norme sans que la société ne soit dramatiquement blessée dans ce qui constitue son fondement. L’oublier signifierait fragiliser la famille, pénaliser les enfants et précariser l’avenir de la société » (Benoît XVI, 20 février 2007).

Or la plupart de vos programmes électoraux, loin de protéger et de promouvoir la famille fondée sur le mariage monogame entre l’homme et la femme, ouvrent la porte au mariage entre personnes du même sexe et à l’adoption d’enfants par des couples homosexuels. Aucune autre forme de vie commune que l’union d’un homme et d’une femme ne peut être juridiquement assimilable au mariage ni ne peut recevoir, en tant que telle, une reconnaissance légale. Toute tentative de relativiser le mariage en lui donnant le même statut que d’autres formes d’unions radicalement différentes sont dangereuse pour notre société. Tout cela offense la famille et contribue à la déstabiliser en voilant sa spécificité et son rôle social unique.

Concernant le “mariage homosexuel”, il faut distinguer l’homosexualité comme fait privé et l’homosexualité comme relation sociale prévue et approuvée par la loi. La légalisation d’une telle union finirait par entraîner un changement de l’organisation sociale tout entière qui deviendrait contraire au bien commun. Les lois civiles qui devraient être des principes structurants de l’homme au sein de la société, jouent un grand rôle dans la formation des mentalités et des habitudes. Le respect envers les personnes homosexuelles ne saurait en aucune manière conduire à l’approbation du comportement homosexuel ou à la reconnaissance juridique des unions homosexuelles (cf. Cardinal Ratzinger, Considération à propos des projets de reconnaissance juridique des unions entre personnes homosexuelles, Congrégation pour la Doctrine de la Foin juin 2003).

Le nombre de séparations et de divorces s’accroît, rompant l’unité familiale et créant de nombreux problèmes aux enfants, victimes innocentes de ces situations. La fragilité et le nombre de foyers monoparentaux ne sont pas sans poser question. La stabilité de la famille est aujourd’hui menacée ; pour la sauvegarder, il ne faut pas avoir peur d’aller à contre-courant de la culture ambiante. Les diverses formes de dissolution du mariage sont l’expression d’une liberté anarchique qui se fait passer à tort pour une libéralisation de l’homme. Au contraire, reconnaître et soutenir l’institution du mariage est un des services les plus importants à apporter aujourd’hui au bien commun et au véritable développement des hommes et des sociétés, de même que la plus grande garantie pour assurer la dignité, l’égalité et la véritable liberté de la personne humaine.

Malheureusement bien des projets sur le mariage, le divorce, l’adoption tiennent, certes, compte des désirs des adultes, mais oublient complètement l’intérêt des enfants. Le droit à l’enfant semble prendre le pas sur le droit de l’enfant.

Comme le montre unanimement l’expérience, l’absence d’une maman ou d’un papa au sein d’une famille entraîne bien des obstacles dans la croissance des enfants. Comment des enfants insérés dans des unions homosexuelles où manquent la bipolarité sexuelle et l’expérience conjointe de la paternité et de la maternité pourront-ils grandir et mûrir humainement sans porter les séquelles de cette absence ? Comment assurer l’équilibre de la structure psychologique et sexuelle de l’enfant dans un couple où il n’y a qu’un sexe ?
L’affaiblissement de la cellule familiale est une des causes majeures des difficultés des jeunes. La crise de la famille est une cause directe du mal être des jeunes. La majorité des jeunes en difficultés sont issus de familles humainement et socialement fragilisées

Au nom de l’Évangile, je veux défendre la vie, l’Évangile de la vie, de cette vie qui fait de nous des hommes de l’utérus au sépulcre.


La banalisation de l’avortement
et le silence sur les conséquences psychologiques, les blessures et les souffrances cachées qui marquent à jamais les femmes sont intolérables. L’information tronquée sur les séquelles provoquées par l’avortement chez les femmes qui y ont eu recours est insupportable.

La liberté de tuer n’est pas une vraie liberté, mais une tyrannie. Jean-Paul II dans sa lettre encyclique L’Évangile de la vie a eu des mots très vrais et très durs sur la réalité de l’avortement :

« Parmi tous les crimes que l’homme peut accomplir contre la vie, l’avortement provoqué présente des caractéristiques qui le rendent particulièrement grave et condamnable […].
L’avortement provoqué est le meurtre délibéré et direct, quelle que soit la façon dont il est effectué, d’un être humain dans la phase initiale de son existence, située entre la conception et la naissance. La gravité morale de l’avortement provoqué apparaît dans toute sa vérité si l’on reconnaît qu’il s’agit d’un homicide et, en particulier, si l’on considère les circonstances particulières qui le qualifient. Celui qui est supprimé est un être humain qui commence à vivre, c’est-à-dire l’être qui est, dans l’absolu, le plus innocent qu’on puisse imaginer : jamais il ne pourrait être considéré comme un agresseur, encore moins comme un agresseur injuste ! Il est faible, sans défense, au point d’être privé même du plus infime moyen de défense, celui de la force implorante des gémissements et des pleurs du nouveau-né. »

Alors que la peine de mort a été abolie pour une question de principe, l’avortement devrait être considéré comme atteignant la dignité de la personne à naître.

Certes, l’avortement est désormais inscrit dans les lois, mais il n’en demeure pas moins immoral au regard de l’Évangile et de l’Évangile de la vie.

L’acceptation de l’euthanasie
fait peser des menaces graves sur les malades incurables et sur les mourants. Certes, le contexte social et culturel actuel augmente la difficulté d’affronter la souffrance à l’approche de la mort. Il rend plus forte la tentation de résoudre ce problème en l’éliminant à la racine par l’anticipation de la mort au moment considéré comme le plus opportun. Pourtant, les médecins affirment aujourd’hui savoir soulager la quasi-totalité des douleurs. La vraie question est donc celle des soins palliatifs.

La vie humaine est sacrée, de son commencement naturel jusqu’à son terme. Tout être humain a le droit au respect intégral de ce bien qui est pour lui primordial. Nous ne pouvons accepter la promotion de lois visant à légaliser l’euthanasie.

La manipulation des embryons
fait peser une lourde menace sur notre société. L’embryon est un être vivant qui possède un patrimoine génétique humain. Il est une personne humaine, il faut la protéger parce qu’elle est membre à part entière de l’espèce humaine et mérite notre respect.

Les progrès de la science et de la technique peuvent se transformer en menace si l’homme perd le sens de ses limites. Il faut prendre conscience que la chosification de l’embryon nous conduira tôt ou tard à l’eugénisme.

Effectivement, cette manipulation débouche sur un eugénisme subtil
. En effet, le dépistage prénatal a changé de nature, il n’est plus destiné à traiter mais bien à supprimer. Un tel dépistage renvoie à une perspective terrifiante, celle de l’éradication.

Aujourd’hui, la venue au monde de certains enfants est devenue non souhaitable. La science propose même des outils pour réaliser le rêve de l’enfant sans défaut. Plusieurs de vos programmes construisent pas à pas une politique de santé qui flirte avec l’eugénisme.
Les recherches biotechnologiques toujours plus pointues visent à instaurer des méthodes d’eugénisme toujours plus subtiles et qui visent à la recherche de l’enfant parfait, fruit d’une sélection totalement contrôlée. Par leur maladie, par leur handicap, ou plus simplement par leur présence même, ceux qui auraient le plus besoin d’amour, d’accueil, de soin, sont jugés inutiles et considérés comme un poids insupportable dont il faut se débarrasser, qu’il faut éliminer.

Nous voyons se déchaîner comme une sorte de conspiration contre la vie.

Au nom de l’Évangile, je veux défendre la vie, l’Évangile de la vie. Je ne peux fermer les yeux devant tant d’hommes et de femmes aujourd’hui en France qui se sentent blessés, exclus, mis sur le bord de la route pour de multiples raisons personnelles, économiques, sociales, politiques ou même religieuses.

Certes, il appartient aux politiques de gouverner, mais je ne peux m’empêcher de vous rappeler que l’économie se doit d’être au service de l’homme et du bien commun dans le respect de la justice sociale et de la solidarité humaine. La mondialisation des échanges commerciaux et la globalisation de l’économie semblent se fonder sur une conception intégralement libérale de l’économie, de ses mécanismes. L’économie prime sur tout et là encore des conceptions individualistes et libérales dominent au détriment du respect de l’homme et de la solidarité entre les hommes.


OÙ SONT VOS PRIORITES ?

Comment vivre une authentique fraternité humaine dans notre pays ? Comment respecter les plus pauvres ? Comment répondre au droit au logement et à des logements qui n’accentuent pas la déstructuration de la cellule familiale ? Comment prendre en compte l’émigration comme un fait désormais structurel de notre société ? Comment accueillir de manière juste tout en étant généreuse ? Comment lutter contre tous ceux qui exploitent les immigrés clandestins, les marchands de sommeil, les employeurs véreux ? Comment réfléchir à la question de l’emploi, du travail et de sa juste rémunération ? Comment prendre en compte les menaces écologiques ?

Autant de questions pour lesquelles nous attendons des réponses qui ne soient pas des promesses électorales trop souvent sans lendemain, mais des engagements clairement exprimés.

Où sont vos priorités ? Sont-elles du côté de groupes de pression susceptibles de vous apporter des voix le temps d’une élection ou sont-elles vraiment au service de notre pays ?

Au nom de l’Évangile, je ne peux que dénoncer avec les Associations familiales catholiques la racine de tout cela : un individualisme à tout crin qui gangrène notre société.

Nous constatons l’évolution du droit civil qui consacre depuis trente ans l’individualisme des droits. Le droit qui dicte et façonne les normes sociales, privilégie l’individu, la vie privée, considère que les choix affectifs ne peuvent et ne doivent avoir aucune conséquence ni sur les enfants ni sur la vie civique, économique et sociale.

Dans notre culture, on exacerbe souvent la liberté de l’individu conçu comme sujet autonome, comme s’il se suffisait à lui-même, en marge de ses relations avec les autres, étranger à ses relations avec autrui. Beaucoup voudraient organiser la vie sociale seulement à partir des désirs subjectifs et changeants, sans aucune référence à une vérité objective comme la dignité de tout être humain, ses droits et ses devoirs au service desquels doivent se mettre les responsables de notre société.

Ainsi toutes les formes d’union conjugale sont mises sur un pied d’égalité, le droit à l’enfant se substitue au droit de l’enfant. On laisse se propager et se développer des pratiques de contraception abortives, l’avortement et les dérives eugénistes. La famille et les familles ne sont plus considérées comme les corps fondateurs de la société, mais comme une juxtaposition d’individus. Ainsi naissent et prospèrent au gré des gouvernements, des politiques à caractère social, destinées à pallier les effets de cet individualisme qui gangrène la société. Cette conception individualiste de la société soumet notre pays aux dérives d’une opinion aux repères brouillés et aux groupes de pression qui pèsent de tout leur poids en cette période électorale (cf. Déclaration des AFC, « Débats préélectoraux 2007-2008 »).

Au nom de l’Évangile et à la veille de l’élection présidentielle et des élections législatives
, je ne peux qu’inviter les hommes politiques, les chrétiens et tous les hommes de bonne volonté à passer au crible de l’Évangile et de l’enseignement de l’Église vos propositions avant de se déterminer dans leur choix.

Avignon, le 22 mars 2007


* + Jean-Pierre Cattenoz,
archevêque d’Avignon

REUNION DE PRIERE A LYON

 Samedi 17 mars, à Lyon, Les nervis pro avortement ont encore attaqué « SOS tout petits ».

Une quinzaine de nervis pro avortement ont attaqués la quarantaine de chrétiens qui s’était réunie devant l’Hôtel Dieu autour d’une banderole annonçant :

« Prions pour toutes les victimes de l’avortement ». 

 Arrivé par surprise, le commando s’en est pris violemment aux personnes qui priaient pour la Vie :  voulant mieux soutenir les femmes enceintes et respecter les fœtus à naître. Un jeune homme a été blessé à la tête, des femmes ont été molestées,  et l’affiche de « SOS tous Petits » a été déchirée. Une plainte a été déposée.

 La police est arrivée sur les lieux peu après l’incident, plusieurs des agresseurs  ont été interpellés

ENTREVUE AVEC LE CARDINAL BARBARIN

Nous étions deux, notre ami le  colonel Bernard Richard et moi à être reçus par le Cardinal dans son archevêché, ce samedi 10 mars, pour le petit-déjeuner. Ce fut lui-même qui nous servi le café – nous étions surpris par tant de simplicité et de cordialité.

Je le remerciai pour sa carte de vœux qui avait été pour nous si encourageante, notamment pour la marche du 21 janvier organisée par le collectif : «  30 ans ça suffit ».

Le Cardinal nous a longuement écouté, nous lui avons d’abord parlé de nos manifestations dans la rue- parfois face à une opposition déchaînée comme à Grenoble le 18 novembre 2006, lors du XXe anniversaire de SOS Tout-petits, combat eschatologique où des catholiques nous ont reproché d’être la cause des blasphèmes proférés par les opposants. Le Cardinal ne nous a pas donné tord estimant que la vérité doit être dite et dite publiquement.

A la question de savoir si le clergé pourrait aller lui-même dans la rue et qu’ainsi la victoire serait assurée, il ne fit pas d’objection.

Il était réservé au sujet des « commandos » (lorsque nous entrions par surprise dans les centres d’avortement) mais fut ému par ce qui fut dit par les avocats de la partie civile au tribunal de Nanterre : « vous faites du terrorisme avec ces chaussons ! ». Les avocats n’avaient pas entièrement tord.

La contraception a été largement évoquée. D’après le Widal (ed. 2002)  elle comprend : « l’ensemble des procédés permettant d’éviter une grossesse » et non plus seulement une fécondation alors qu’elle était jusque-là présentée comme permettant d’éviter un avortement. En fait la contraception de plus en plus ne s’oppose pas à la fécondation mais à la nidation de l’œuf, donc est abortive. Nous avons parlé au Cardinal de la contraception – partie immergée de l’iceberg – la partie émergée représentant les avortements officiels. Le silence n’est pas possible sur ce sujet. Le Cardinal en a convenu.

Il a évoqué le problème des préservatifs, non autorisés par l’Église pour les catholiques mais il comprend leur usage chez les non-croyants étant donné le risque de maladie graves, mais nous lui avons dit qu’il s’agissait d’une illusion car la préservation est imparfaite alors que l’abstinence, la fidélité telles qu’elles ont été encouragées en Ouganda donne des résultats certains, uniques en Afrique.

Autre aspect juridique et moral : les lois sur l’avortement s’inscrivent–elles dans une politique de moindre mal ? En aucun cas, car il s’agit de meurtre et le Cardinal en est parfaitement d’accord.

Le Cardinal nous racontera aussi, au cours de l’entretien, ce que lui a confié un ami aumônier d’hôpital psychiatrique dans la ville. Les deux tiers des femmes qui s’y trouvent souffrent principalement des séquelles psychologiques des suites d’un avortement…

Le colonel Richard lui a demandé s’il approuvait l’idée d’une marche annuelle, à Lyon, en faveur de la vie, marche qui irait de la basilique de Fourvière à l’Hôtel-Dieu, le Cardinal n’y est pas hostile.

L’entretien prend fin, il a duré 1 heure ¼.Je demande au Cardinal si nous pouvons en faire état, il me répond qu’il n’y a pas d’inconvénient.

Là encore je le remercie.

Xavier Dor

Président de SOS TOUT-PETITS                                                                                                                      PRÉSENT n° 6298
                                                                                                                                                                                                du Samedi 17 mars 2007

 

SOS-TOUT-PETITS

Le 8 mars, journée de la femme, Monsieur Sarkozy a annoncé son choix de Madame Simone Veil comme présidente de son comité de soutien.  C’est une insulte pour les français qui respectent la Vie, et en particulier pour les catholiques à qui le pape vient de rappeler, à l’occasion de la réunion de l’Académie Pontificale pour la Vie, «  la nécessité de se former une conscience vraie et droite, sans trahisons et sans compromis »  pour défendre le droit à la Vie. Comment les 42% de catholiques pratiquants qui avaient l'intention de voter pour Sarkozy au 1er tour vont-ils recevoir ce camouflet ?

Déclaration au sujet des élections présidentielles.

Au nom de la Liberté on tue chaque jour plus de 1000 enfanta en France. Ce drame, au coeur même de notre civilisation, restait jusqu'ici occulté mais, à l'occasion de la journée de la Femme, il ressurgit non  pour y mettre fin mais pour le retourner et en faire une machine électorale.

Ainsi est glorifiée la culture de mort par ceux-la mêmes qui en sont les promoteurs sans honte de leur infamie.

Crime contre Dieu, crime contre l'humanité, folie des hommes. Le sang des innocents marque de façon ineffaçable le jeu politique

 SOS-TOUT-PETITS

Communiqué : euthanasie

Les 2.000 salopards. 

 Après l’affaire Chaussoy le procès à Périgueux la semaine prochaine du docteur Laurence Tramois et de l’infirmière Chantal Channel est le prétexte d’une nouvelle gesticulation du lobby de l’euthanasie. La presse relaie avec complaisance le « manifeste de 2.000 médecins » - en réalité des médecins, des infirmiers et des aides-soignantes – qui se vantent d’avoir abrégé la vie de malades qui leur étaient confiés, à l’imitation des « 343 salopes » qui en 1971 – avec le même message, le même but – affirmaient avoir pratiqué des avortements clandestins…

Comme d’habitude le mensonge et l’amalgame font la substance de ce manifeste. Certains médecins contactés par téléphone ont dit leur étonnement de figurer parmi les signataires n’ayant jamais été sollicités. La plus grande confusion règne dans un texte qui assimile l’arrêt des soins extraordinaires – parfaitement légitime lorsqu’ils s’avèrent inutiles – à la piqûre qui tue ou le refus d’hydrater les mourants. La mise en avant de la douleur qui serait insupportable et qu’il faut faire cesser immédiatement est un autre prétexte fallacieux : d’une part elle n’est pas toujours présente au moment de la mort ; d’autre part supprimer la douleur en supprimant le malade n’apparaît pas comme un acte que puisse revendiquer un médecin. C’est en effet se comporter comme si les médecins – sans moyens, sans conscience - n’avaient aucune possibilité médicamenteuse ou autre, d’atténuer, soulager, apaiser cette douleur.

SOS Tout Petits dénonce avec force cette trompeuse « dignité », cette fausse compassion, qui détournent les soignants de leur mission : le service et le soulagement de leurs malades jusqu’au bout, sans leur voler leur mort.

                                                                                                                      Docteur Luc Perrel - 9 mars 2007

 

ZENIT, Agence d'information - Le monde vu de Rome. Défense de la vie et eugénisme : Benoît XVI appelle à la mobilisation des catholiques

Assemblée de l’Académie pontificale pour la Vie

ROME, Lundi 26 février 2007 (ZENIT.org) – Pour défendre la vie humaine et en particulier contre les formes actuelles d’eugénisme, Benoît XVI appelle à la mobilisation des catholiques.

Nous publierons dans les prochains jours une traduction intégrale du discours de Benoît XVI, prononcé en italien.

Benoît XVI a rappelé, samedi, devant les membres de l'Académie pontificale pour la Vie réunis pour leur assemblée générale annuelle, que pour défendre le droit à la vie, les catholiques doivent se former « une conscience vraie et droite sans trahison et sans compromis », comme le souligne la synthèse de presse de la fondation Jérôme Lejeune (www.genethique.org).

Il a demandé aux catholiques de « se mobiliser pour faire front aux multiples attaques auxquelles est exposé le droit à la vie ».

Il a dénoncé « les pressions de plus en plus fortes pour la légalisation de l'avortement », « les méthodes d'eugénisme » visant « la recherche obsessionnelle de l'enfant parfait », la diffusion de la procréation artificielle ou les lois visant à autoriser l'euthanasie.

L'objection de conscience était au cœur des débats de l'Académie pontificale pour la Vie. Mgr Jean Laffitte, vice-président de l'Académie pour la Vie, a montré qu'une société de tolérance idéologique « ne tolère pas l'idée qu'il y ait une vérité à chercher ; elle impose l'évacuation de tout débat de fond ». « L'une des nouveautés est sans doute que l'acte de refuser en conscience d'obéir à une loi injuste se réalise dans un contexte de tolérance idéologique qui n'est pas disposée à le supporter », a-t-il précisé.

Le pape a rappelé aux catholiques le devoir « d'éduquer la conscience vers le désir d'une vérité authentique », demandant aux parents et aux enseignants d'y contribuer.
 

CITE DU VATICAN, 24 fev. 2007(AFP).

Benoît XVI" pas de compromis "face aux "attaques contre la vie".

Le pape Benoît XVI a appelé samedi les chrétiens, prêtres et laïcs, à s'opposer "sans compromis" aux "multiples attaques contre le droit à la vie" comme "l'avortement"et "l'eugénisme"en recevant au Vatican les membres d'un congrès de scientifiques et théologiens

Genethique du jeudi 15 février 2007

PAROLES D’EVÊQUES

retour au sommaire 

 

A l’occasion de la parution de l'appel à la mobilisation pour la défense de la vie, lancé par le Pape  Benoît XVI devant l'assemblée générale annuelle des membres de l'Académie pontificale pour la vie, puis de la publication de « Sacramentum Caritatis » (dont nous reproduisons ci-dessous le N°83 : « Cohérence eucharistique »), le Dr Dor a demandé aux évêques de France de bien vouloir lui adresser pour ce site quelques textes significatifs de leurs prises de position sur l’avortement et les lois bioéthiques.

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EXHORTATION APOSTOLIQUE DU PAPE BENOÎT XVI  

« Sacramentum Caritatis »  n° 83 : Cohérence eucharistique

Monseigneur Jean-Michel di Falco Leandri, Évêque de Gap

                        L’avortement et le respect de la vie humaine en ses commencements

Monseigneur Guy Bagnard, Évêque de Bellay –Ars

Devant l'absurde !

Quand Dieu est reconduit à la frontière !

Remue-ménage au Parlement !

Culture de mort !

Le bateau, les hommes et la souris

Ce que j’aurais aimé exprimer au tribunal de Bourg, le 14 juin 1995 (extraits)

Message Pascal. Couronne d’épines…couronne de gloire

Monseigneur Eric Aumonier, Évêque de Versailles           

Discernement moral et action politique

Cardinal Philippe Barbarin, Achevêque de Lyon

Entretien pour KTO

Naissance

   

Monseigneur François Garnier, Archevêque de Cambrai

                      Dieu ne veut que ton bonheur

                                        I ~ « S’il te plaît, dessine-moi Dieu ! »

                                            Notre Dieu ? Il est comme un fiancé passionné !

                                            Allons plus loin : Dieu est aussi comme un père et comme une mère

                                            Allons encore plus loin : « Tel Père, tel Fils »

                                            Et l’Esprit Saint dans tout cela ?

                                        II ~ « Alors, vive l’Église ! »

                                          1)    Vive l’Église, quand elle ne craint pas de nous appeler à la sainteté dans notre manière de vivre et d’aimer

                                          2)    Mais vive aussi l’Église quand elle reconnaît que chacun peut être confronté à des choix personnels qui sont souvent difficiles.

                                          3)    Alors, vive l’Église quand elle respecte notre conscience personnelle, sans jamais renoncer à la rendre plus responsable.

                                          4)   Enfin, vive l'Église quand elle nous donne le pardon du Christ

 III ~ « Huit repères pour avancer »

                                           Premier repère AIMER SA VIE

                                            Deuxième repère S'ÉMERVEILLER D'ÊTRE HOMMES ET FEMMES

                                            Troisième repère AIMER SON CORPS AVEC JUSTESSE

                                            Quatrième repère « TU NE FERAS PAS DE L'AUTRE TON OBJET »

                                            Cinquième repère APPRIVOISER, CELA DEMANDE DU TEMPS ET DES ÉTAPES

                                            Sixième repère DÉCOUVRIR LE SENS DU SACREMENT DE MARIAGE

                                            Septième repère DEVENIR PLUS RESPONSABLE DE SA FÉCONDITÉ

                                            Enfin, huitième repère RECEVOIR TOUTE VIE COMME UN DON DE DIEU

                                        IV ~ Trois convictions qui s'appellent

                                            1 ~    Pas de relations sexuelles sans amour

                                            2 ~    Pas d'amour vrai sans mariage

                                            3 ~    Enfin, pas de mariage sans famille

 

Monseigneur André Fort, Évêque d’Orléans

                        «Embryon mon amour »

                        « Familles je vous aime »

                        Les enfants, printemps de la famille et de la société. 

 

Monseigneur Bernard Housset, Evêque de Montauban    

                        Fête des mères, journée de la vie

                        Avortement

 

 

EXHORTATION APOSTOLIQUE DU PAPE BENOÎT XVI

 

Cohérence eucharistique

 

83. Il est important de relever ce que les Pères synodaux ont appelé cohérence eucharistique, à laquelle notre existence est objectivement appelée. En effet, le culte agréable à Dieu n'est jamais un acte purement privé, sans conséquence sur nos relations sociales: il requiert un témoignage public de notre foi. Évidemment, cela vaut pour tous les baptisés, mais s'impose avec une exigence particulière pour ceux qui, par la position sociale ou politique qu'ils occupent, doivent prendre des décisions concernant les valeurs fondamentales, comme le respect et la défense de la vie humaine, de sa conception à sa fin naturelle, comme la famille fondée sur le mariage entre homme et femme, la liberté d'éducation des enfants et la promotion du bien commun sous toutes ses formes. (230) Ces valeurs ne sont pas négociables. Par conséquent, les hommes politiques et les législateurs catholiques, conscients de leur grave responsabilité sociale, doivent se sentir particulièrement interpellés par leur conscience, justement formée, pour présenter et soutenir des lois inspirées par les valeurs fondées sur la nature humaine. (231) Cela a, entre autres, un lien objectif avec l'Eucharistie (cf. 1 Co 11, 27-29). Les Évêques sont tenus de rappeler constamment ces valeurs; cela fait partie de leur responsabilité à l'égard du troupeau qui leur est confié. (232)

 

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Monseigneur Jean-Michel di Falco Leandri, Evêque de Gap

L’avortement et le respect de la vie humaine en ses commencements

 

Alors que la France vient de « fêter » en 2005 les 30 ans de la loi autorisant l'IVG (près de 6 millions d'IVG ayant eu lieu depuis cette date) et que de nouvelles législations ont institué en France un « délit d'entrave à l'IVG » au nom du « droit à l'IVG » pour chaque femme, l'Église, consciente des pressions à la fois sociales, économiques et même médicales qui s'exercent sur les femmes, veut avant tout redire sa sollicitude à l'égard de celles qui traversent cette douloureuse épreuve :

« Je voudrais adresser une pensée spéciale à vous, femmes qui avez eu recours à l'avortement. L'Église sait combien de conditionnements ont pu peser sur votre décision, et elle ne doute pas que, dans bien des cas, cette décision a été douloureuse, et même dramatique. Il est probable que la blessure de votre âme n'est pas encore refermée. En réalité, ce qui s'est produit a été et demeure profondément injuste. Mais ne vous laissez pas aller au découragement et ne renoncez pas à l'espérance. Sachez plutôt comprendre ce qui s'est passé et interprétez-le en vérité. Si vous ne l'avez pas encore fait, ouvrez-vous avec humilité et avec confiance au repentir: le Père de toute miséricorde vous attend pour vous offrir son pardon et sa paix dans le sacrement de la réconciliation. Vous vous rendrez compte que rien n'est perdu et vous pourrez aussi demander pardon à votre enfant qui vit désormais dans le Seigneur. » Jean-Paul II, EV, 100

Mais dans le même temps, l'Église veut rappeler la valeur de toute vie humaine. L'avortement ne saurait être la véritable solution à des difficultés d'ordre socio-économiques : 

« Dieu, maître de la vie, a confié aux hommes le noble ministère de la vie, et l'homme doit s'en acquitter d'une manière digne de lui. La vie doit donc être sauvegardée avec un soin extrême dès la conception. » Vatican II, GS 51-1 

« Avec l'autorité conférée par le Christ à Pierre et à ses successeurs, en communion avec les Évêques [...], je déclare [...] qu'aucune circonstance, aucune finalité, aucune loi au monde ne pourra jamais rendre licite un acte qui est intrinsèquement illicite, parce que contraire à la Loi de Dieu, écrite dans le coeur de tout homme, discernable par la raison elle-même et proclamée par l'Église. » Jean-Paul II, EV, 62

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Monseigneur Guy Bagnard, Évêque de Bellay Ars

 

Devant l'absurde !

C'est le 17 janvier 1975 qu'a été promulguée la Loi sur l'avortement. Elle avait été adoptée et défendue à la Chambre des députés le 21 décembre 1974.

L'impact de cet anniversaire n'échappe à personne, tant ont été considérables les conséquences de cette loi sur la vie de la femme, du couple, de la famille, sur les relations entre filles et garçons, sur la vie en société !

J'ai été relire le discours que Simone Veil a prononcé le 26 novembre 1974 devant le Parlement. Elle y présentait, en une quarantaine de pages, l'esprit du projet de loi qu'elle allait soumettre aux députés.

On est immédiatement frappé - avec le recul que donnent ces trente années - de la distance qui sépare ce qui était alors affirmé à l'époque et ce qui se dit et se pratique aujourd'hui. Il y a une telle différence que l'on peut difficilement s'abriter derrière la Loi Veil pour justifier ce qui se passe sous nos yeux aujourd'hui. Et l'on finit par comprendre qu'en fait la "Loi Veil" n'était que le point de départ d'un processus qui allait conduire à transformer l'avortement en un simple moyen - brutal - de contraception. Le raisonnement est simple : "Puisque l'on n'a pas réussi à prévenir la conception de l'enfant, on le supprime."

Mgr André Vingt-Trois, responsable de la Commission épiscopale pour la famille, voit dans l'avortement une "commodité contraceptive". C'est bien une culture de mort qui s'est instaurée au sein de notre société.

Que disait Simone Veil le 26 novembre 1974 ? Voici ce qu'elle exprimait dès l'ouverture de son discours

"Si le projet qui vous est présenté admet la possibilité d'une interruption de grossesse, c'est pour la contrôler et, autant que possible, en dissuader les femmes".

Dans l'esprit de la loi, cette intention dissuasive, si fortement soulignée, devait amener la femme à renoncer à l'avortement ; la loi ne devait donc n'autoriser l'avortement que dans des cas extrêmes !

Le projet prévoyait, à cet effet, plusieurs consultations pour aider la femme "à mesurer toute la gravité de la décision qu'elle se propose de prendre. " Simone Veil explique : "Cette tâche de dissuasion et de conseil revient au corps médical de façon privilégiée". Et elle poursuit : "Le projet prévoit ensuite une consultation d'un organisme social qui aura pour mission d'écouter la femme, ou le couple, lorsqu'il y en a un, de lui laisser exprimer sa détresse, de l'aider à obtenir des aides si cette détresse est financière, de lui faire prendre conscience de la réalité des obstacles qui s'opposent ou semblent s'opposer à l'accueil d'un enfant. Bien des femmes apprendront ainsi à l'occasion de cette consultation qu'elles peuvent accoucher anonymement et gratuitement à l'hôpital et que l'adoption éventuelle de leur enfant peut constituer une solution. "

Enfin la Ministre conclut : "Tous ces entretiens auront naturellement lieu seul à seule et il est bien évident que l’expérience et la psychologie des personnes appelées à accueillir les femmes en détresse pourront contribuer, de façon non négligeable, à leur apporter un soutien de nature à les faire changer d'avis".

Comment mieux affirmer que cette loi autorisant l'avortement en certaines situations exceptionnelles voulait d'abord mettre tout en oeuvre pour que soit protégé l'enfant à naître. C'est le sens de la suggestion de l'accouchement sous X et de l'adoption.

Cette protection voulue de l'enfant était également étendue à la mère. "L'interruption de grossesse ne peut être que précoce, parce que ses risques physiques et psychiques, qui ne sont jamais nuls, deviennent trop sérieux après la fin de la dixième semaine qui suit la conception, pour que l'on permette aux femmes de s'y exposer. "

Enfin pour renforcer le caractère dissuasif de la loi, deux mesures étaient prévues

• "Le projet interdit l'incitation à l'avortement par quelque moyen que ce soit, car cette incitation reste inadmissible". Donc, toute propagande ou publicité en faveur de l'avortement est interdite.

La Sécurité sociale ne prend pas en charge l'I.V.G. "Il nous a paru nécessaire de souligner la gravité d'un acte qui doit rester exceptionnel, même s'il entraîne, dans certains cas, une charge financière pour les femmes". "L'aide médicale n'est prévue que pour les plus démunies. " Si "la société tolère l'avortement, elle ne saurait ni le prendre en charge ni l'encourager. "

Et voici les lignes qui terminent le discours de Simone Veil : "Si la loi n'interdit pas l'avortement, elle ne crée aucun droit à l'avortement... Personne ne peut éprouver une satisfaction profonde à défendre un tel texte, sur un tel sujet. Personne n'a jamais contesté, et le Ministre de la Santé moins que quiconque, que l'avortement soit un échec quand il n'est pas un drame. "

Quand on voit le chemin qui a été parcouru depuis le vote de cette loi, on ne peut que prendre acte d'un fait patent : la loi a été dé­tournée de ce qu'elle affirmait. Il est même contradictoire de se rapporter à elle pour justifier la pratique d'aujourd'hui. En quelques années, une dérive en a bouleversé complètement le contenu. On peut même dire que la loi a changé de nature. Ce changement a été si rapide qu'en fait la dérive était déjà contenue, virtuellement, au principe de la loi. Car comment dissuader l'avortement au moment où on l'autorise ? Comment une même loi peut-elle prétendre atteindre deux objectifs qui se contredisent ? Cette contradiction conduit à des absurdités dont nous sommes aujourd'hui les témoins.

La première de ces absurdités, c'est que l'embryon n'a aucun statut, aucune identité. La loi se trouve devant l'embryon comme de­vant un objet non identifié. Pourtant, on lit dans le discours de Simone Veil : "Plus personne ne conteste maintenant que, sur un plan strictement médical, l'embryon porte en lui définitivement toutes les virtualités de l'être humain qu'il deviendra". Ce silence voulu, entretenu, donne libre cours à toutes les pratiques ! Face à ce vide juridique, il est inévitable que les intérêts économiques deviennent les maîtres absolus à bord.

La seconde absurdité, c'est que l'ours des Pyrénées, le loup de Savoie, l'animal de compagnie ou un oeuf de serpent sont mieux protégés pénalement qu'un enfant à naître ! Car, bizarrement, on "sait" ce que contient un oeuf de serpent ! On "sait" mieux ce qu'est un petit ours qui est à naître, qu'un enfant humain dans le sein de sa mère.

Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune, a rapporté ce fait d'actualité qui s'est passé dans un hôpital "Un médecin confond deux femmes et, par erreur, avorte l'une d'elles, enceinte de six mois - au lieu d'enlever son stérilet à l'autre. La Cour d'Appel de Lyon fait son devoir et condamne le praticien pour homicide involontaire. Mais la Cour de cassation, rompant avec une jurisprudence plus que séculaire, casse l'arrêt ; elle considère que le médecin ne peut être poursuivi pour homicide involontaire. Pourquoi ? Parce que dans "homicide", il y a "humain ". Et que rien n'indique que la femme enceinte porte un être humain qui mérite d'être protégé... La preuve ? Puisque la femme est autorisée à avorter, la vie de l'enfant attendu n'a plus besoin d'être protégée. "

Et c'est ainsi que la "loi Veil", en voulant pallier les avortements clandestins, s'est transformée, au fil des années, en une loi qui donne droit à toute femme d'avorter quand elle le souhaite. De fait, le droit à l'avortement est entré dans la mentalité générale. On en parle à l'égal du droit au logement ou du droit à l'instruction. La grave question de l'enfant que l'on supprime, celle de la santé de la mère, ont quitté le champ de la conscience ; celle de l'aide à apporter aux femmes en détresse elle aussi a disparu. L'avortement, désormais, règle tout !

Le Pape Jean-Paul II observe très justement "que la conscience morale semble s'obscurcir terriblement et avoir de plus en plus de difficulté à établir la distinction claire et nette entre le bien et le mal pour ce qui touche à la valeur fondamentale de la vie humaine. "

Pour nous, chrétiens, nous avons le devoir de rappeler partout la gravité de cette situation et de venir en aide à celles qui connaissent des situations de profonde détresse. Sans doute faut-il rappeler aussi le grave devoir d'alerter les hommes politiques qui sont chargés de voter les lois, car demeure ce fait majeur et incontournable : supprimer un enfant à naître c'est supprimer la vie d'un être humain.

+ Père Guy Bagnard -Évêque de Belley Ars

 Église des Pays de l’Ain n°2 - 21.01.2005

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Quand Dieu est reconduit à la frontière !

 

Au début du mois de juin dernier, l'Assemblée du Sénat a adopté, en seconde lecture, le projet de loi concernant la recherche scientifique sur les embryons humains. Le vote a eu lieu dans la nuit du 8 au 9 juin. 304 suffrages ont été exprimés : 187 pour ; 117 contre. Le groupe U.M.P., le plus nombreux, a voté le projet à la quasi unanimité, à l'exception d'un seul sénateur : M. André Lardeux.

Le Sénat confirme donc, pour les cinq ans qui viennent, l'autorisation des recherches sur l'embryon humain, avec les précisions suivantes : les embryons destinés à un projet parental seront protégés. Par contre, tous les embryons appelés surnuméraires, c'est-à-dire en surnombre - pourront devenir un matériau de recherche pour les scientifiques ! On estime aujourd'hui leur nombre à 200.000 environ. La seule condition sera l'accord des parents.

« Au cours du vote, un amendement particulièrement important concernant le nombre des embryons disponibles pour la recherche a néanmoins été adopté par le Sénat, à 191 voix contre 112. Cet amendement, portant sur l'article 18 et déposé par le rapporteur, M. Giraud, précisait que "le couple dont les embryons sont conservés et ne font plus l'objet d'un projet parental à la date de la promulgation de la loi (...) de bioéthique, peut consentir à ce que ses embryons fassent l'objet des recherches prévues à l'article L.2151-3. " Selon cet amendement, le stock des embryons disponibles pour la recherche était donc limité à ceux existant à la date de la promulgation de la loi. Cette ultime correction n'a pas obtenu l'avis favorable de M. Philippe Douste-Blazy, ministre de la Santé, qui craignait ainsi de limiter la recherche française. L'amendement a été finalement supprimé par la Commission mixte paritaire qui s'est réunie le 15 juin 2004. »

Donc, en l'état actuel du projet de loi, la recherche sera possible non seulement sur le stock actuel des embryons humains surnuméraires, mais aussi sur les stocks futurs de ceux que l'on pourra constituer librement à l'avenir. Ainsi est rendu possible un approvisionnement permanent. Une fois la loi adoptée, les ministres de la Recherche et de la Santé auront tout pouvoir pour autoriser ces activités en laboratoire. Le champ d'action est totalement ouvert aux chercheurs.

On n'a pas manqué de souligner que "c'est la première fois qu'on autorise, en France, la destruction d'êtres humains pour les utiliser comme matériau ".

De fait, même si le commun des mortels n'a pas toujours une conscience claire du contenu ni des conséquences de ce qu'une telle loi engage, du moins il pressent que quelque chose de grave, d'essentiel, s'y trouve impliqué. C'est ce qu'a tenté de montrer M. Bernard Seillier, Sénateur de l'Aveyron, au cours des débats. Sans s'entourer de précautions oratoires, il a attiré l'attention sur la question majeure

"Devons-nous poser, a-t-il déclaré, une barrière infranchissable à l'expérimentation sur l'être humain, dès le début de la vie ?" Et il a poursuivi : "Apporter une réponse positive à cette question, c'est affirmer la réalité métaphysique de l'être humain et établir obligatoirement des in­terdits qui, loin de freiner `le développement scientifique, permettront qu'il soit source d'un vrai progrès sans contradiction, pour toute l'humanité. C'est reconnaître qu'il y a, au-delà du visible, une réalité dont la négation porterait tort à l'intérêt supérieur de l'humanité. C'est à cause de cette négation que se perpétuent les crimes contre l'humanité. "Parler de "la réalité métaphysique de t'être humain" et d'une "réalité au-delà du visible", c'est, en définitive, faire référence à la Transcendance, à Dieu lui-même. C'est donc s'interroger d'une façon radicale : l'humanité veut-elle s'orga­niser sans Dieu, c'est-à-dire sans une Réalité absolue sur la­quelle se fonde le respect de l'être humain ?

Si, en effet, ce respect ne repose que sur des Traditions, des Conventions, des Cultures toutes évolutives, donc provisoi­res et interchangeables, la notion de "seuil infranchissable" disparaît et perd toute signification. Dès lors, on peut faire n'importe quoi !

Il vaut la peine de se souvenir de ce que Georges Pompidou écrivait dans "Le noeud gordien", peu de temps avant de mourir

"La conviction qu'il existe une Puissance qui s'impose aux hommes constitue pour ceux-ci, et donc pour ceux qui les dirigent, une sorte de garde-fou d'autant plus utile que les moyens dont nous disposons aujourd'hui sont plus terrifiants. "

Pour un croyant, ramener Dieu au rôle de "garde-fou" est certainement réducteur. Mais on voit ce que vise le raisonne­ment : si le ciel devient vide de Dieu, alors l'humanité perd tout repère. Le choix de privilégier une direction repose en définitive sur un arbitraire. Toutes les directions sont égale­ment justifiées parce que toutes sont indifféremment valables.

S'il fallait citer encore un autre Président de la République, je citerai François Mitterrand ! Dans son tout dernier entretien avec Marie de Hennezel, il parle de la mort en pensant naturellement à la sienne qu'il sent toute proche

"Jamais peut-être le rapport à la mort n'a été aussi pauvre qu'en ces temps de sécheresse spirituelle où les hommes, pressés d'exister, paraissent éluder le mystère. Ils ignorent qu'ils tarissent ainsi le goût de vivre d'une source essentielle. "

Là aussi, parler de "mystère", de "source essentielle", n'est -ce pas invoquer une réalité supérieure avec laquelle l'homme est en étroite parenté et en laquelle il trouve le fondement de son absolue grandeur.

Comment mieux dire que s'en prendre à la Transcendance, c'est s'en prendre à l'homme lui-même. C'est s'engager sur la voie d'une "dégradation irréversible de l'humanité". C'est pourquoi l'enjeu est si considérable. L'étonnant est que l'éla­boration d'une législation à si grande portée pour l'homme, s'effectue dans une indifférence quasi générale, signe, dit M. Bernard Seillier, "de l'affaiblissement de la conscience mé­taphysique." C'est d'abord dans ce registre là que se situe ce que l'on pourrait appeler la maladie de l'humanité, une mala­die provenant de la perte de la notion de bien et de mal.

Jean-Paul II ne disait pas autre chose quand - dans son exhortation sur l'Europe - il écrivait l'année dernière

"Les grandes valeurs qui ont amplement inspiré la culture européenne ont été séparées de l'Évangile, perdant ainsi leur âme la plus profonde et laissant le champ libre à de nombreuses déviations. "

Ainsi, dans la constitution de ses lois, l'homme se passe de la Transcendance comme, au Premier Livre de la Genèse, il s'est passé de Dieu pour élaborer sa conduite.

+ Père Guy Bagnard Évêque de Belley Ars

Église des Pays de l Ain n°13 - 9.07.2004

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Remue-ménage au Parlement !

La classe politique se trouve aujourd'hui bien embarrassée. Une loi vient d'être votée à la Chambre des Députés, rangeant parmi les délits "l'interruption involontaire de grossesse" (I.I.G.). La loi a été votée en fin d'après-midi, devant une hémicycle clairsemé. Au réveil, le lendemain, grand émoi chez les Parlementaires et les membres du Gouvernement ! C'est que l'I.I.G. pourrait remettre en cause l'I.V.G.!

Ce que recherche cette nouvelle loi, c'est d'apporter de la clarté dans certaines situations. Ainsi, par exemple, le cas de cette femme qui perd l'enfant qu'elle attend dans un accident de voiture. Son véhicule a été heurté violemment par un automobiliste qui n'a pas respecté le code. Elle s'en tire, heureusement, sans trop de dommage, mais l'enfant, lui, meurt. Elle porte plainte. C'est alors la surprise : on ne peut recevoir sa plainte, car la loi ignore qu'elle attendait un enfant, "son" enfant. La loi ne fait pas de différence entre celle qui attend un enfant et celle qui n'en attend pas !

Supposons que la Justice reçoive la plainte ! Elle sera obligée d'identifier "ce" que portait cette femme : un enfant ou "quelque chose" d'autre qu'on ne peut nommer. Elle est donc conduite, de gré ou de force, à donner un statut à l'embryon et au foetus. C'est justement ce que la législation refuse ! Actuellement, une femme qui attend un enfant porte en elle, aux yeux de la loi, quelque chose qui est indéchiffrable, sur lequel le législateur ne veut pas se prononcer. C'est bien "quelque chose", mais on évite de l'identifier.

L'avantage, dans cette position - si l'on peut parler ainsi - c'est que l'on peut agir sur ce "quelque chose" en toute liberté. Comment pourrait-on accuser quelqu'un qui porte atteinte à quelque chose d'inconnu ! Mais, à l'inverse, on ne pourrait prendre la défense de quelqu'un qui veut protéger quelque chose d'inconnu. Les deux situations sont renvoyées dos à dos pour motif d'ignorance.

C'est pourquoi cette loi dérange sérieusement ! On ne peut pas à la fois considérer une I.I.G. comme un délit - un acte poursuivi par la loi parce que... c'est un mal - et une I.V.G., non poursuivie par la loi, parce que l'acte est jugé comme un bien. On ne peut pas avoir le droit d'interrompre une grossesse et refuser le droit de la poursuivre. L'incohérence est trop voyante. Ça passe mal ! Donc, en l'état, il est préférable de rester silencieux. Ainsi, en l'absence d'une législation, la Justice ne peut rendre son jugement.

Sans doute, dans le langage courant, on continuera bien de dire qu'une femme attend un enfant ; et le bon sens fera de lui-même la différence entre une femme enceinte et une autre qui ne l'est pas, surtout quand on arrive dans les derniers mois, comme c'était le cas de la conductrice accidentée.

Mais, face à la Loi, le bon sens doit se résoudre à renoncer à lui-même. On doit dire : "j'ignore de quoi il s'agit"... comme on dit, dans le langage populaire :"Je ne veux pas le savoir !"

Il y a quelque chose de dramatique à refuser ainsi de se prononcer. Bien - Mal, tout se mélange dans la tête des gens ! Comment alors se plaindre d'un manque de repères dans notre société, puisque les Responsables se refusent, délibérément, à apporter l'éclairage nécessaire aux consciences !

Ce choix du silence sur l'identité du foetus est d'autant plus intenable que les échographies pratiquées en grand nombre - en moyenne quatre pour chaque femme qui attend un enfant - montrent sur écran l'enfant qui vit dans le sein de sa mère. On distingue nettement sa bouche, ses bras, ses jambes. On en voit même qui tètent leur pouce. Et on en voit aussi se défendre désespérément quand on s'en prend à leur vie ! On a parlé du "cri silencieux" ! Tout montre que le foetus a une vie autonome dès la conception.

Sans doute il ne peut pas se développer en dehors du corps de sa mère. Mais à l'intérieur de ce corps, il a une autonomie propre. Relié à la mère, il est différent d'elle. Il "n'est pas", purement et simplement, le "corps" de sa mère.

Qu'il y ait des ambiguïtés dans cette loi qu'il faille lever, c'est certain. Mais enfin, soyons clairs la future mère qui porte plainte pour la perte de son enfant est dans son droit ; et l'avortement reste une atteinte mortelle portée contre un être humain innocent qui ne demande qu'à vivre. Il faut avoir le courage de le dire.

C'est faute d'avoir ce courage que les esprits finissent par être totalement dans le brouillard et ne perçoivent même plus la gravité des actes qui sont posés.

Nous devrions avoir l'audace d'écouter la voix des Prophètes de notre temps qui ne manquent pas de s'élever, celle de la bienheureuse Mère Térésa, par exemple. Voici ce qu'elle disait à l'occasion de la remise du Prix Nobel de la Paix, à Oslo, en 1979, devant un parterre de Chefs d'État et de Personnalités

"J'ai une conviction dont je voudrais vous faire part à vous tous : aujourd'hui, le plus grand ennemi de la paix est le cri de l'embryon innocent. Si une mère est capable de tuer l'enfant qu'elle porte en elle, qu'est-ce qui pourrait nous empêcher de nous tuer les uns les autres ? Mais aujourd'hui on tue des millions d'enfants innocents et nous ne disons rien. Nous lisons ceci et cela dans les journaux, mais personne ne parle de ces millions de petits qui ont été conçus du même amour que vous et moi, avec la vie de Dieu... Pour moi, les nations les plus pauvres sont celles qui ont légalisé l'avortement. Elles ont peur des petits, elles ont peur de l'embryon. Et l'enfant doit mourir parce qu'on le refuse... C'est pourquoi je vous invite aujourd'hui, Majestés, Excellences, Mesdames et Messieurs, vous tous qui êtes venus ici de nombreux pays du monde priez pour que nous ayons tous le courage de protéger la vie embryonnaire. "

 

+ Père Guy Bagnard Évêque de Belley Ars

Église des Pays de l Ain n°20 - 5.12.2003

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Culture de mort !

Le Parlement européen vient de rendre son verdict ! Dans un rapport adopté le mercredi 3 juillet, par 280 voix contre 240, et à l'issue d'un débat houleux, les eurodéputés ont demandé que "l'avortement soit légalisé, sûr et accessible à tous" dans toute l'Europe.

Ainsi chaque pays membre de l'Union devra s'aligner sur ce "Parlement universel" et les pays qui attendent à la porte de l'Europe devront modifier leur propre législation, s'ils veulent y entrer.

On s'achemine donc progressivement vers la constitution d'un "super pouvoir" qui donnera à chaque pays la ligne de conduite à tenir dans les domaines aussi différents que celui de l'économie, celui de la répartition des finances, celui de la monnaie, celui de la famille et de l'éducation des enfants. Ainsi, une sorte de Quartier Général, de plus en plus éloigné des gens et de plus en plus puissant, s'organise sous nos yeux. Comment ne pas être inquiet de l'avenir ? On parle de « mondialisation », mais parlons déjà d' « européanisation » !

Sans doute, faut-il se réjouir de voir les pays du vieux continent se rapprocher les uns des autres, entrer dans une collaboration cordiale et une aide mutuelle. Qui ne serait heureux de ce "vivre ensemble" qui éloigne le spectre des guerres et des violences insensées d'un passé encore récent ?

Mais cette violence n'est-elle pas en train de revenir sous la forme d'un pouvoir législatif dont chaque peuple particulier se laisse progressivement déposséder ? Car enfin, concernant l'avortement, n'y a-t-il pas quelque chose d'exorbitant à vouloir imposer une loi à tous, alors que, dans notre propre pays - je ne parle que de lui ! - on ne parvient pas à donner un "statut" au foetus. On le manipule, on l'élimine, mais chercheurs et médecins ne savent pas sur "QUOI" ils interviennent. S'agit-il d'un être humain ou d'une tumeur maligne, d'un matériau utile ou inutile ? Personne ne semble pressé de mettre un nom sur ce qui fait pourtant l'objet d'une législation de plus en plus étendue ! On promulgue une loi en lais­sant dans l'ombre ce qui est à son fondement.

  

Ainsi, le 25 juin dernier, au cours d'un procès, la Cour de cassation a refusé à nouveau de se prononcer sur la nature du foetus. Elle a affirmé qu'il ne s'agissait pas d'une "personne". Donc, de la part des parents qui portaient plainte pour le décès d'un futur bébé, mort dans un accident de la route dont ils n'étaient pas responsables, il n'y avait pas de dommage à réclamer. Pourtant, l'avocate générale avait dit : "L'être humain est respectable dès le commencement de sa vie, sans aucune autre condition". Elle avait ajouté : "A quelques minutes près - selon qu'il est né ou non - l'enfant peut être protégé juridiquement ou pas. C'est extrêmement choquant".

Voilà donc la question faut-il instaurer une "protection" pour "CE" qui a commencé de vivre sans être né ? On le voit : à vouloir ne pas répondre sur le statut des foetus, on entre dans un dédale de questions de plus en plus étranges.

Le Docteur Roger Bessis, Président du collège d'échographie foetale, s'est ainsi adressé aux juges : "On ne peut pas dire que la mort d'un foetus n'est rien ! Un homme qui blesse une femme enceinte et provoque le décès du futur bébé, on ne peut pas dire qu'il n'a rien fait. La jurisprudence actuelle protège plutôt les médecins, c'est vrai, mais il faudrait aujourd'hui établir un statut du foetus. Il y a un décalage entre l'évolution de la société et de la médecine - car nous soignons désormais ces bébés à naître in utero - et le droit".

Tout le monde se tourne alors vers le législateur. C'est à lui que l'on demande de se prononcer ! Mais, à l'évidence, il y a longtemps que la pratique impose déjà sa loi !.,.

Ne faut-il pas aussi se tourner vers les consciences ? Un député, ancien Ministre, M. Jack Lang, a fait cette quasi-confidence au journaliste venu l'interviewer "Avec d'autres, je me suis battu pour la contraception et j'ai plaidé pour le droit à l'avortement. Je le referais si c'était à refaire./

Mais, en même temps, dans l'intimité de ma conscience - et cela n'engage que moi -, je ressens l'interruption de la genèse de la vie humaine comme une mutilation ou une souffrance."

Enfin ! Voilà quelqu'un qui laisse parler sa conscience. Ne faudrait-il pas que le Parlement aussi écoute cette voix des consciences avant de légiférer à l'échelon de l'Europe ? Cette voix n'est-elle pas celle du Bon Sens et de la Sagesse ?

Et revient toujours la même question cruciale : faut-il faire dépendre la nature du foetus d'un vote majoritaire ? La vérité de ce que chacun d'entre nous a été dans le sein de sa mère serait-elle brusquement livrée à une entente entre Députés, par ailleurs soumis à toutes sortes de pressions !

Nous sommes bel et bien entrés dans l'ère de la culture de mort !

+ Père Guy Bagnard, Évêque de Belley Ars

Église des Pays de l Ain n°13 -           12.07.2002

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Le bateau, les hommes et la souris

 

Il y avait un océan grand, vaste et beau, tumultueux parfois. Sur cet océan na­viguait un vaisseau aux larges voiles couleur de nuage. Les vagues étaient comme des jours et l'abîme de ces vagues était comme des nuits. Sur le bateau vivaient de nombreux hommes, tous fiers et aimant Dieu, la terre et les étoiles. Il y avait aussi une souris, si petite sur le bateau que personne n'y prenait garde. Le bateau filait à bonne allure et sur l'horizon se détachaient des chaînes de volcans en éruption.

La souris rongea un biscuit, mais les marins se dirent : "un de plus, un de moins, bah ! Qu'importe !". Un jour elle rongea l'embase de la corde qui amenait la grande voile et elle se cacha sitôt son forfait accompli. Puis un autre jour de grand soleil où l'on faisait escale sur une île sauvage, monsieur souris monta à bord et il rencontra madame et le navire reprit la mer ; deux biscuits furent rongés et les petits de monsieur et madame souris vinrent au monde par une après-midi de grand vent. D'autres cordages furent rongés et tous les biscuits des marins furent mangés par toutes ces souris qui avaient grand faim. Le capitaine décréta que l'on ferait la chasse aux souris mais elles étaient déjà si nombreuses que le navire dût aborder sur l'île aux volcans. Le pain ne dura pas longtemps, un gros volcan se réveilla fort en colère et le bateau avec son équipage fut enseveli sous un torrent de lave. Madame souris, seule, en réchappa et l'on dit qu'elle attend toujours un bateau. Moralité : Avant d'être contraint à faire escale là où vous ne voulez pas, chassez le mal à sa première apparition !

 

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Ce que j’aurais aimé exprimer au tribunal de Bourg, le 14 juin 1995 (extraits)

Des propositions positives

Pour rester dans un esprit constructif, il est bon de proposer des moyens concrets pour remédier aux situations de détresse

 - et d’abord faciliter l’adoption ;

 - que la loi souligne davantage la responsabilité du père ; qu’elle lui forme un devoir d’assumer les conséquences de ses actions. Dans cette loi, l’homme brille par son absence. Le couple n’existe pas ! Nous sommes dans une société sans père ! La femme, le plus souvent, se débat seule, comme elle peut.

- que, par le jeu des subventions, des organismes sociaux d’aide aux familles se multiplient ;

- que les mères de famille soient mieux reconnues dans leurs tâches familiales et leur mission d’éducation ; qu’elles aient un salaire à l’égal de ceux qui exercent une profession ;

- qu’il y ait une véritable solidarité de la société avec les femmes en détresse. Rien n’est inéluctable. Devant des situations apparem­ment sans issue, il reste encore des chemins possibles, des voies à découvrir. L’inventivité humaine est admirable.

 

- Enfin – et c’est peut-être le plus important – que la loi dise clairement ce qu’il en est de l’embryon. Oui ou non, a-t-on affaire à un être humain ? Ce procès n’est pas seulement celui des accusés, mais d’abord celui d’une législation, celui de l’Étai qui, jusqu’alors, se refuse à donner un statut a l’embryon et Lui se prononcer sur son identité. Dans l’ignorance de ce qu’est un embryon, il est logique qu’on puisse le traiter n’importe comment et en faire n’importe quoi !

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+ Père Guy BAGNARD Évêque de Belley Ars

 

 

MESSAGE PASCAL
COURONNE D'EPINES... COURONNE DE GLOIRE !

Par Mgr BAGNARD

Les journaux nous ont appris, dernièrement, une nouvelle assez singulière un roi avait décidé, de lui-même, de déposer sa couronne ! La raison avancée était encore plus singulière que le geste : le roi estimait ne pas pouvoir donner sa voix à une loi qui contredisait gravement sa conscience. Dans une lettre au Premier Ministre, il avait écrit : "Serait-il normal que je sois le seul citoyen belge à être forcé d'agir contre ma conscience dans un domaine essentiel ?". Il recourait donc à la constitution de son pays pour pouvoir légalement ne pas voter la loi ! Et ainsi, il devenait, pour un temps, un roi découronné... avec un risque cependant : celui de se déconsidérer aux yeux de tous, puisque la constitution ne prévoit que trois cas où une telle procédure devient légitime : il faut que le roi soit fou, malade ou prisonnier. Comme il n'était ni prisonnier, ni atteint par la maladie, il s'exposait à ce qu'on tire la conclusion.

Aujourd'hui, l'appel à la conscience semble produire dans notre société le même effet qu'un grain de sable qui se serait introduit dans des rouages délicats et complexes. Sa présence, tel un virus dans un ordinateur, finit par dérégler tout le système. C'est si vrai que certaines fonctions, affirme-t-on, ne devraient plus être autorisées à recourir à la clause de conscience. On ne saurait dire plus clairement que certaines tâches ne seront plus désormais assumées que par des "hommes-sans-conscience". Quand je me trouvais en 1960, sur le territoire algérien en pleine guerre, j'ai entendu développer ces raisonnements en des circonstances ô combien difficiles !

L'appel à la conscience jette habituellement dans un profond embarras. Celui qui invoque ce sanctuaire le plus sacré et le plus noble de l'homme jette le trouble autour de lui. Il dérange par le simple fait qu'il déclare "avoir une conscience" ! Car il renvoie ainsi brutalement chacun à la sienne ! Il n'y a pas de situation plus périlleuse que celle-là : attirer les regards sur soi alors que l'on voudrait au contraire les tourner vers un au-delà de soi-même ! Reconnaître que l'on a une conscience n'est-ce pas avouer, en effet, que l'on est habité par plus grand que soi ! La vérité existe ! Elle ne peut être arrangée selon nos goûts, à moins d'avoir introduit un virus, le virus "endormeur de conscience". Il n'y a pas pire gêneur que celui

qui dérange un dormeur !

 

Il n'est pas difficile de relier cette actualité brûlante aux fêtes pascales ; les communautés chrétiennes célèbrent, en ces jours, la résurrection du Christ, Celui qui fut, à un degré indépassable, "le gêneur" : un gêneur pacifique, innocent, qui refuse jusqu'au bout de se défendre mais qui laisse tomber de sa bouche des paroles auxquelles l'humanité viendra ou se nourrir - ou se heurter -jusqu'à la fin des temps.

Qu'on se souvienne de ce dialogue étonnant entre le Christ et son jugé

- "Alors tu es roi ?"

- "C'est toi qui dis que je suis roi. Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix !"

- Pilate lui dit : "Qu'est-ce que la vérité ?".

Le juge perd pied. Il est littéralement dépassé par ce condamné qui est là devant lui, les mains nues. Le prisonnier est roi ; mais c'est d'un royaume où règne la Vérité. C'est pourquoi, le juge est invité, avec une impressionnante sérénité, à se laisser mesurer par la vérité. Le Christ est un prodigieux éveilleur de conscience. Il tourne vers ce centre essentiel les regards de tous ses interlocuteurs. Il met chaque homme en devoir de rentrer en lui-même et de se laisser regarder par "le Père" qui voit dans le secret, Lui qui est source de Vérité !

Le Père a couronné de gloire Celui que les hommes avaient couronné d'épines. D'une certaine façon, Pâques nous fait célébrer la victoire d'une Conscience qui se livre jusqu'au bout à la vérité et qui voudrait entraîner toute l'humanité dans son sillage, parce qu'il est lui-même la Vérité ! C'est le triomphe de la vie sur la mort dans la clarté et la fidélité sans compromission à la Personne du Christ.

Dans cette lumière de Pâques, on peut s'interroger : la vérité est-elle simplement dans un bulletin de vote ? Est-elle affaire de majorité, une question de coutume .? Est-elle le fruit du seul consensus social ? Il y a deux mille cinq cents ans, Platon recueillait déjà cette opinion des lèvres de Protagoras, son interlocuteur !

L'acte par lequel un enfant est supprimé dans le sein de sa mère devient-il moral parce qu'il s'harmonise avec le point de vue majoritaire ? On voit bien le glissement qui s'opère. Dans un premier temps, le "légal" se détache du "moral' pour se constituer en domaine indépendant; puis, dans un deuxième temps, le légal devient purement et simplement moral ! Ce qui est "légal" devient"légalement moral" ! Mais au cours de ce glissement, quelque chose de capital se produit : la conscience personnelle s'est évanouie ! Agir et se comporter comme la Majorité tend alors à devenir la ligne de conduite de chacun. Dans ce climat, il est extrêmement courageux de sortir du rang !

Le Père Bro, célèbre prédicateur de Notre-Dame de Paris, rapporte le fait historique suivant Il écrit : ( "Le génial compositeur que fut Beethoven a dû s'interroger sur le mystère de sa naissance. On connaît la question

- "Dans le cas d'une famille dont le Père est syphilitique, dont le premier enfant est aveugle second unijambiste~ troisième tuberculeux, le quatrième diminué mental. Un cinquième s'annonce, faut-il le supprimer ?

- Sans aucun doute, répond le généticien.

- Alors, vous auriez supprimé Ludwig van Beethoven" ).

Avoir foi en l'avenir. Accueillir l'enfant parce que c'est un être humain ! Le Seigneur nous dit : "Tu ne tueras pas !.

J'aime ce témoignage d'une mère de famille, membre de l'ACGF. Il a été publié dans Le Journal du Mouvement, il y a quelque temps.

"J'ai quarante-cinq ans et à nouveau, je vais avoir un bébé. Certains me disent : "Il faut avorter, c'est trop tard pour avoir un enfant". On me donne des soi-disant conseils ? Mais je sais déjà ce que je ferai. Cet enfant, c'est le mien, c'est une vie. Je n'ai pas le droit de vie ou de mort. Je le garderai. Les gens penseront ce qu'ils voudront, je m'en fichue Les enfants sont heureux d'avoir à nouveau un petit frère ou une petite soeur. Les plus grands font tout ce qu'ils peuvent pour m'aider. Ma grossesse se passe très bien.

Tout va bien. Et quand la sage-femme me dit: "C'est un garçon", je lui réplique aussitôt:

- "Dites-moi, Madame, est-il normal ?".

- "Rien de plus normal, il mesure 54 centimètres et pèse 4,540 kg. C'est le plus beau bébé de la journée". Elle me regarda surpris

- "Pourquoi me posez-vous cette question ?"

- "On m'a dit que je risquais d'avoir un trisomique à cause de mon âge".

- "C'est un très beau bébé, Madame On lui donnerait un mois". Quel dynamisme et quelle foi en l'avenir ! Et quelle joie pour l'enfant à qui on a permis de naître. N'est-ce pas le tout premier de ses droits ? On sent passer ici le souffle de Pâques. Mais il restera toujours vrai que pour dire oui à la vie, il faut faire un choix décisif dans une conscience éclairée par le Bien ! Il faut alors refuser toutes sortes de sollicitations, refuser de prêter sa voix à toutes sortes de chansons ! D'une certaine manière, il faut courir le risque de porter une couronne d'épines ! Nous savons que, sur cette route, nous avons été précédés par Quelqu'un !

En définitive, la couronne de gloire est toujours précédée d'une couronne d'épines ! Le oui à la vie passe par le non à la mort ! Tant pis s'il faut, pour cela, qu'un roi se découronne ! Notre Roi n'a-t-il pas connu la croix avant de baigner dans la lumière de la résurrection ?

+ Père Guy BAGNARD Évêque de Belley Ars

Église des Pays de l Ain n°8 - 13.4 .1990

 

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Monseigneur Eric Aumonier, Évêque de Versailles

 

Discernement moral et action politique

 

Les débuts de congés de l'été sont propices aux annonces pénibles, et nous y avons eu droit comme chaque année! Je n'évoque pas les régulières augmentations des timbres poste ou de l'essence, qui ne nous traumatisent plus beaucoup, mais l'application des lois autorisant l'avortement quasiment à domicile, par un décret qui ne traumatise pas davantage, semble-t-il, la population de notre pays. La présentation de la décision par les média nationaux a été effrayante de neutralité: n'ont été évoqués que les avantages matériels, et les économies budgétaires qu'une telle décision est censée comporter. Personne ne s'interroge pour se demander pourquoi le nombre des avortements n'a pas diminué depuis que la loi dépénalisant l'avortement a été votée. Ni pourquoi les seuls avertissements "techniques" (usage des préservatifs) pour éviter l'attente d'enfant ne sont pas aussi "efficaces" que leurs promoteurs l'imaginaient... Il est tacitement admis par certains, clairement dit par d'autres, que les premières victimes de l'IVG (puisque l'abréviation, l'euphémisme IVG couvre la honte) ne seraient pas des enfants mais des "masses moléculaires" non identifiées. Dans ce contexte, dire ou penser qu'ils ont été tués apparaît inconvenant et on dira qu'ils ont été "supprimés". Comble de l'hypocrisie, il revient à la "santé" de rembourser un acte considéré dans les faits comme l'équivalent d'une maladie: attendre un enfant dans des conditions non désirées ou non prévues. Une société qui banalise et présente comme un acte neutre ce qu'elle présen­tait hier comme, un moindre mal, mais tout de même comme un mal, une telle société est en survie artificielle. Elle ne veut plus vivre mais profiter. Elle se demande qui paiera demain les retraites des anciens, mais comment prépare-t-elle l'avenir?

Les chrétiens ne gémissent pas mais font appel à la conscience éclairée. S'ils voient la perversité de certains systèmes -Le Pape et les évêques l'ont montré pour leur part maintes fois -, ils cherchent de toutes leurs forces, avec beaucoup d'inventivité et de présence gratuite, à agir. Je pense à tout ce qui est fait pour soutenir les familles et les femmes en désarroi, pour aider à l'accueil de l'enfant, ou, si l'avortement a eu lieu, à l'accompagnement des mamans la plupart du temps laissées seules. Le Service de pastorale familiale publiera dans les mois qui viennent la liste des associations qui travaillent en ce sens, et qui méritent d'être connues et soutenues. Mais il y a aussi le travail en amont, que rien ne remplace: l'éducation des jeunes et des adultes. Il s'agit, non pas de "débattre" pour débattre, mais de réfléchir et d'aider à réfléchir sur ce qu'est l'homme, une authentique liberté humaine, la société. Des repères solides existent. Ils nous ont été redonnés, notamment dans l’Évangile de la vie (Jean Paul II, 25 Mars 1995). La catéchèse, des formations sont offertes, sans doute pas assez nombreuses ou pas assez connues. C'est un gros travail, mais les fourmis aussi savent travailler, surtout quand elles ont la foi et l'espérance!

+ Eric Aumonier

Évêque de Versailles pour les Yvelines

 

 

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Cardinal Philippe Barbarin, Archevêque de Lyon

 

 

 

Entretien pour KTO

 

Le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, a bien voulu répondre à nos questions sur la réalité de l'avortement en France et l'éclairage évangélique qu'il convient d'offrir à une société blessée.

 

Monsieur le Cardinal, quel bilan faites-vous des trente ans de la loi Veil ?

Les statistiques montrent que le nombre d’avortements augmente, il y en a  plus de 200 000 par an en France. Cet acte,  qu’on voulait ne pas punir dans certaines circonstances, a été rapidement considéré comme laissé au libre choix de chacun.  On en est venu non seulement à permettre, mais à recommander l’avortement, si l’on décelait le risque d’un possible handicap chez l’enfant à naître… Beaucoup estiment aujourd’hui que c’est un droit auquel il ne faut porter atteinte sous aucun prétexte. J’ai même lu un texte d’un responsable politique, le regardant comme un « droit fondamental » de notre pays. Quelle dérive ! Le prologue de la loi de 1975 rappelle pourtant l’article 16 du Code civil, qui affirme que « la loi garantit le respect de l’être humain dès le commencement de sa vie ». Depuis trente ans, j’ai l’impression qu’on ne fait que des exceptions à ce principe majeur de vie sociale.

 

Quel regard pastoral vous inspire la réalité de l'avortement ?

Tout le monde ferme les yeux sur les souffrances qui s’ensuivent : « Le syndrome post avortement » pour tant de femmes, qui peut aller chez certaines d’entre elles, jusqu’à leur hospitalisation dans des établissements psychiatriques. Et les difficultés familiales aux formes multiples. Que de culpabilité enfouie chez des pères ayant refusé leur paternité, par peur ou par lâcheté, chez des médecins et des personnels soignants qui voudraient ne plus continuer à pratiquer d’I.V.G., et qui sentent en eux comme une déchirure qui s’aggrave ! Pourquoi ne pas redire les choses simples de la vie et de la foi ? Nous avons toujours entendu les mamans dire : « Mon bébé commence à bouger » ou : « Quand j’attendais mon deuxième… ». Vatican II nous enseigne à quel point il s’agit d’un acte grave et dramatique. Tout le monde s’accorde pour dire cette évidence que tant qu’il y aura des guerres le monde ne sera pas en paix , Mère Teresa complétait : « Tant qu’il y aura l’avortement, le monde ne sera pas en paix.»

 

Mais alors, comment réagir aujourd'hui ?

Il faut reprendre la parole, sinon le silence nous étouffera. L’enfant de Noël n’est-il pas la Miséricorde qui est venue visiter les ténèbres de nos souffrances ? Demandons-lui la grâce d’une guérison intérieure profonde, complète. Le pardon de Dieu est offert à tous, il est plus fort que tous nos péchés et toutes nos souffrances. Il suffit de le demander, d’appeler les choses par leur nom. Combien de fois, j’ai parlé avec une femme qui avait traversé cette épreuve ! La conversation commençait souvent par des larmes. Il fallait écouter longuement pour que ce cœur dise son désir d’aimer, pour que s’exprime à nouveau toute la dignité d’une féminité blessée. Puis je parlais de l’enfant, vivant auprès de Dieu, de son regard d’amour sur sa mère, sur son père. Cet enfant voit maintenant tout dans la lumière de Dieu, il désire que ses frères et sœurs n’aient pas à souffrir de sa triste histoire terrestre, et que tous avancent librement, dans les meilleures conditions, sur les chemins de la vie.

 

Dans le documentaire de Marie Mitterrand « Avortement ou accueil de la vie », vous déclarez que l'Église n'a pas été assez présente au moment de la discussion de la loi Veil et qu'il faudrait demander pardon pour cela.

 

Je ne suis pas le seul à penser cela. J'en ai parlé à d'autres évêques qui partagent le même avis. La question de l'avortement est trop grave pour que la moindre équivoque soit possible sur la pensée de l'Église. Aujourd'hui, il nous faut reprendre la parole, éclairer et libérer  les consciences,  secourir autant qu’il sera possible les nombreuses personnes blessées par ce drame.

Des propos recueillis par Gérard Leclerc

 

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Naissance

 

Marie dès qu’elle a compris l’incroyable événement qui venait de se passer en elle, a entonné un cantique d’action de grâce : Magnificat. Mon esprit exulte en Dieu mon sauveur.

J’aime écouter aussi Zacharie qui ne cache pas sa joie devant Jean-Baptiste, l’enfant qu’on n’attendait plus. Quand il retrouve l’usage de la parole, le papa exulte devant son petit bonhomme : Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël(…) Et toi, petit enfant, tu marcheras devant, à la face du Seigneur, pour annoncer à son peuple le salut, par la rémission des péchés.

A chaque fois qu’un faire-part de naissance m’arrive, je le reçois comme un rayon de Noël, et j’entends monter en moi le chant de la naissance. Mais tout cela reste discret, pour ne pas risquer de blesser ceux qui n’arrivent pas à trouver la joie de Noël.

Je pense aux couples qui se réunissent pour prier et partager leur peine, car ils attendent depuis des années d’avoir un enfant…qui n’est toujours pas là. Leur souffrance m’a décidé à célébrer la messe pour eux chaque semaine, le jeudi.

L’an dernier, j’ai passé l’après-midi de Noël dans un bidonville de Lyon, et au milieu de centaines de Roumains et de Yougoslaves que nous ne savions pas comment accueillir parmi nous, je me rappelais la phrase de l’Évangile : il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune.

Souvent je me suis demandé pourquoi on fêtait tant de martyres après Noël, pourquoi cette couronne rouge, mêlée à la lumière de la Nativité ? Saint Etienne, le premier martyr, dès le lendemain, et les saints innocents, fêtés le 28 décembre, avec leurs mamans qui ne « veulent pas être consolées » ? Autour de la naissance du Christ, plane déjà l’ombre de la Croix. L’immense joie de sa venue est vraiment faite pour la guérison de nos blessures. Et, cette année, je pense à tous les enfants que ne sont pas nés, qu’on n’a pas laissé naître, l’une des plus douloureuses plaies de notre société !

          Il y a trente ans, une loi a dépénalisé l’avortement en France. Et les statistiques montrent que le nombre des avortements augmentent, qu’il y en a plus de 200 000 par ans. Rapidement, cet acte qu’on voulait ne pas punir dans certaines circonstances, a été considéré comme un libre choix laissé aux parents. On est venu non seulement à permettre, mais à recommander l’avortement, si l’on décelait un risque d’un possible handicap chez l’enfant à naître…Beaucoup estime aujourd’hui que c’est un droit auquel il ne faut porter atteinte sous aucun prétexte. J’ai même lu un texte d’un responsable politique, le regardant comme « un droit fondamental » dans notre pays.  Quelle dérive ! Et moi qui croyais que les droits fondamentaux, c’est la liberté, la santé, la nourriture, l’instruction…

Dans le prologue de la loi de 1975, on trouve le texte de l'article 16 du code civil,qui affirme que" la loi garantie le respect de l'être humain dès le commencement de la vie". Depuis trente ans, j'ai l'impression que l'on fait que des exceptions à ce principe majeur de la vie sociale.

Et tout le monde ferme les yeux sur les souffrances qui s'en suivent : "le syndrome post-avortement" pour tant de femmes, qui entraîne leur hospitalisation dans des établissements psychiatriques. Qui se préoccupe de leur souffrance? Et le syndrome du survivant, perceptible chez la soeur ou le frère, qui perturbe bien des adolescents et des jeune.

Que de culpabilité chez des pères ayant refusé leur paternité, par peur ou par lâcheté, chez des médecins et des personnels soignants qui voudraient ne plus pratiquer l'IVG, et sentent en eux comme une déchirure qui s'aggrave !

Pourquoi ne pas redire les choses simples de la vie et de la foi ? Nous avons toujours entendu les mamans dirent : mon bébé commence à bouger ou quand j'attendais mon deuxième...  Dans le Concile Vatican II, l'Église enseigne à quel point il s'agit d'un acte grave et dramatique. Nous nous souvenons de la forte déclaration de Mère Teresa, lorsqu'elle a reçu le prix Nobel de la Paix : Tant qu'il y aura l'avortement, le monde ne sera pas en paix.

Il fut reprendre la parole en ce domaine, sinon le silence nous étouffera. L'enfant dont nous fêtons la naissante n'est-il pas la Miséricorde qui vient visiter les ténèbres de nos souffrances. Il suffit de le demander, d'appeler les choses par leur nom. Qui ne comprend pas les peurs qui s'emparent de nous, le refus d'une grossesse inattendue, les pressions auxquelles on n'a pas pu, on n'a pas su résister ?

Souvent j'ai pensé aux enfants qu'on n'a pas laissé naître, mais que personne ne peut empêcher d'entrer dans le Royaume des Cieux. Ils voient tout avec le regard de personne, ils comprennent leur maman, la détresse dans laquelle elle s'est trouvée. Ils souhaitent son bonheur retrouvé de femme, d'épouse, de mère...

Combien de fois j'ai parlé avec une femme qui avait traversée cette épreuve ! La conversation commençait souvent par des larmes. J'avis l'impression qu'il fallait écouter longuement pour que ce coeur dise son désir d'aimer, pour que s'exprime à nouveau toute la dignité d'une féminité blessée. Puis je parlais de l'enfant, vivant auprès de Dieu, de son regard d'amour sur sa mère, sur son père, son désir que ses frères et soeurs n'aient plus à souffrir de sa triste histoire terrestre, qu'il voit maintenant dans la lumière de Dieu, afin que tous avancent librement, dans les meilleures conditions, sur les chemins de la vie.

Je remercie tous ceux qui, dans notre diocèse ou ailleurs, agissent pour que toute femme en difficulté trouve une écoute, un accueil pour le bébé qu'elle voudrait mais ne sait pas comment le garder.

Une nouvelle fois, nous voici devant la crèche, contemplant Joseph, la Mère et l'Enfant-Dieu venu pour nous sauver, et que Bethléem n'a pas su accueillir. En priant pour notre monde, nous pourrions reprendre les mots que Jean-Paul II écrivait il y a dix ans, à la fin de l'encyclique sur la valeur et l'inviolabilité de la vie humaine : Ô Marie, aurore d'un monde nouveau, Mère des vivants, nous te confions la cause de la vie : regarde, Ô mère, le nombre immense des enfants qu'on empêche de naître, des pauvres pour qui la vie est rendue difficile. Fais que ceux qui croient en Ton fils  sachent annoncer aux hommes de notre temps l'Évangile de la vie.

 

Cardinal Philippe Barbarin

 

Monseigneur François Garnier, Archevêque de Cambrai

 

DIEU NE VEUT QUE TON BONHEUR

 

I ~ « S’il te plaît, dessine-moi Dieu ! »

     « Sexualité, sida, cohabitation, contraception, avortement… », impossible de vous rencontrer sans que vous abordiez toutes ces questions. Je suis heureux que vous n’ayez pas peur d’en parler avec votre évêque. Je souhaite aussi que vous puissiez le faire avec vos parents, vos éducateurs, ainsi qu’avec des couples qui vous donnent de voir leur bonheur de vivre et d’aimer, quelles que soient leurs épreuves.

     Je n’éviterai pas vos questions. Promis. Mais avant d’y répondre, laissez-moi faire un premier détour : donnez-moi la joie de vous « dessiner Dieu » ! Le Dieu que j’aime ! Celui que me révèle le Christ ! Tellement différent de tous les autres !

Notre Dieu ? Il est comme un fiancé passionné !

     Je ne l’invente pas ! C’est la Bible qui le dit ! Avec les mots merveilleux d’un poème de braise. Lisez le « Cantique des Cantiques ». Doucement. Respectueusement. En le lisant du dedans, avec le cœur. Il ne fait qu’une dizaine de pages. Pourquoi s’en priver ? Vous n’y trouverez pas le mot « Dieu », mais l’histoire de l’amour fou entre un fiancé et une fiancée qui se cherchent, se trouvent et ne veulent plus se quitter :

« – la fiancée :

Sur ma couche, la nuit, j’ai cherché ton visage.

J’ai cherché : je ne l’ai pas trouvé.

Je me suis levée ; j’ai parcouru la ville.

Dans les rues, sur les places,

j’ai cherché celui que mon cœur aime…

j’ai rencontré les gardes de la ville et leur ai demandé :

"Avez-vous vu celui que mon cœur aime ?"

A peine les avais-je dépassés, je l'ai trouvé.

Je l'ai saisi, je ne le lâcherai plus… »

(Ct 3, 1-4)

 « – le fiancé :

Tu es belle, ma bien aimée. Que tu es belle !

Tes yeux sont comme des colombes derrière ton voile…

Tes lèvres sont comme un ruban écarlate…

Tes joues comme des moitiés de grenades…[1] »

(Ct 4, 1 et 3)

     J’aime notre Dieu qui s’appuie sur l’expérience de l’amour humain pour nous dire combien Il nous aime. Avec pudeur, mais avec passion ! J’aime qu’Il nous dise à quel point il aime le bonheur que donne l’amour partagé. Et j’aime bien qu’Il se dessine comme un fiancé qui cherche passionnément chacun d’entre nous, pour le trouver et ne plus le quitter.

 

Allons plus loin : Dieu est aussi comme un père et comme une mère

 

     L’un des plus beaux tableaux qui existe représentant Dieu le Père a été peint par Rembrandt (1606-1669). C’est le père de cet enfant prodigue qui a gâché sa vie et son argent dans la « débauche avec des femmes ». (Lc 15, 11-24)

 

     Rembrandt peint le père au moment où son enfant revient. Son fils est en guenilles, il a la nuque rasée comme un bagnard. Il a les pieds nus. Il est à genoux, il appuie sa tête contre le ventre de son père.

     Le père est là debout. Ses yeux sont épuisés d’avoir pleuré. Il pose ses deux mains sur les épaules de son fils. Sa main droite est longue, effilée et douce, c’est une main de femme ; sa main gauche est forte, carrée et trapue, c’est une main d’homme. Rembrandt nous dessine un Dieu qui est à la fois père et mère, un Dieu qui est même un peu plus mère que père.

 

     En effet, lorsque Rembrandt peint ce tableau, il habite dans le quartier juif d’une ville de Hollande. Il est chrétien mais il connaît bien les coutumes juives : il sait qu’un bon juif, le matin, lave d’abord sa main droite et ensuite seulement sa main gauche. Car la main droite est celle de la miséricorde et la gauche celle de l’exigence. Il faut toujours que la miséricorde passe avant l’exigence. J’aime qu’on représente notre Dieu comme cela… exigeant sans doute, mais toujours plein de miséricorde comme savent l’être ceux et celles qui nous aiment vraiment. Exigeant, tant il attend de nous que nous aimions mieux !

 

     Il faut bien qu’il le soit : nous sommes tellement fragiles ; quand nous le sommes, il ne souhaite qu’une chose : nous pardonner ! Il nous accueille malgré nos défaillances, nos maladresses ; il attend notre retour et l’aveu humble de notre péché si nous avons abîmé l’amour. Il espère que nous apprenions de Lui à aimer en vérité, sans gâcher cette formidable capacité d'aimer qu'il nous a donnée.

 

Allons encore plus loin : « Tel Père, tel Fils »

 

     Je peux vous dire en un seul exemple pourquoi j’aime le Christ :

     Un jour, il est le seul à défendre la femme surprise en état d’adultère que tous ceux qui sont là, avec leur bonne conscience, veulent lapider (Jn 8, 3-11) ; et un autre jour, il dit : « Un homme qui regarde une femme avec envie est déjà adultère en son cœur ». (Lc 5, 28)

 

     Eh bien, ce Christ mérite d’être contemplé : il est bien le Fils de son Père. Lui aussi a la main douce et féminine qui refuse de saisir la pierre qui blessera cette femme pécheresse. Mais il a aussi la main ferme et masculine qui la relève… avec une parole exigeante : « Va et ne pèche plus ». (Jn 8, 11)

     En Jésus, comme en son Père, nous contemplons la miséricorde sans limite, mais aussi l’exigence la plus grande. En Lui, jamais l’exigence ne se dégrade en dureté et jamais la miséricorde ne se dégrade en lâcheté. Il accomplit l’exigence en demeurant dans la miséricorde et inversement. J’aime ce Christ qui déteste le péché, qui le déniche partout où il se cache et le combat, mais qui est le seul à aimer encore et toujours les pécheurs, à aimer encore et toujours le dernier des derniers des pécheurs. Il est le seul à nous croire capables de nous relever et de réapprendre à aimer.

 

     Rappelez-vous de cela le jour où vous aurez abîmé quelque chose de votre cœur, quelque chose de votre vie ; le jour où vous aurez abîmé quelque chose de la relation avec l’autre ; ce jour-là, rappelez-vous que vous pourrez toujours revenir vers le Seigneur et lui dire « Seigneur, je ne suis pas digne, mais dis seulement une parole et je serai guéri… »

 

Et l’Esprit Saint dans tout cela ?

 

     Souvenez-vous de votre Confirmation ! Si vous ne l’aviez pas encore faite, sachez d’ailleurs qu’il n’est jamais trop tard pour la célébrer ! Elle nous rappelle en effet que, depuis le matin de la Pentecôte (Ac 2, 1-12), l’Esprit Saint est Celui qui donne du souffle à l’Église. Il est Celui qui fait de nous des « chrétiens gonflés » ! Vous savez qu’Il anime et sanctifie l’Église et que sans Lui, il y a longtemps qu’elle aurait disparu comme une secte de passage ! Il réveille l’Église quand elle s’endort ; Il lui redonne courage quand elle en perd ; Il lui donne les saints et les saintes (le plus souvent des baptisés tout simples) pour la réorienter vers le Christ. Il est « feu » et « vent ». On ne le trouve pas dans les petites vies tièdes couleur de cendre, mais dans les vies ardentes qui cherchent à aimer vrai, à aimer juste, à aimer toujours et quand même. « Il vous mènera à la vérité tout entière », annonce Jésus. (Jn 16, 13). « Il vient au secours de notre faiblesse ». (Rm 8, 26). « Laissez-vous conduire par Lui », « Il vous affermira puissamment », ajoute Paul (Rm 8, 26 – Ga 5, 16 – Ep 3, 16)… là où Il est, il y a « de la joie, de la paix, … de la confiance et de la maîtrise de soi… » (Ga 5, 22-23).

 

     Sa mission majeure est de tout recentrer sur le Christ. De tout fonder sur la Foi. Y compris ce qu’on appelle la morale, cet effort que fait l’intelligence pour réfléchir comment mieux vivre entre nous chaque jour. J’en appelle à votre expérience de jeunes qui – non sans épreuves – découvrez ce qu’est l’amitié. Vous savez bien que tout change lorsque vous aimez et que vous êtes aimés. Si j’aime et si je suis aimé, je ne peux plus vivre n’importe quoi, avec n’importe qui, n’importe comment et n’importe où. Sinon, je vais abîmer quelqu’un, le faire souffrir, lui faire du mal. Eh bien, l’Esprit qui nous révèle à quel point le Christ nous aime nous provoque à ne pas faire n’importe quoi de notre puissance d’amour. Il nous invite à laisser le Christ renouveler, ressusciter notre façon, souvent maladroite, d’aimer. Il vit dans son Église pour sanctifier ce qu’elle dit, quand elle propose à tous et à chacun des repères pour vivre en vérité l’Amour, celui que nous recevons et celui que nous donnons.

 

II ~ « Alors, vive l’Église ! »

 

1)    Vive l’Église, quand elle ne craint pas de nous appeler à la sainteté dans notre manière de vivre et d’aimer. Les baptisés n’ont qu’un seul Seigneur à servir : c’est le Seigneur de la sainteté, le Christ, qui nous appelle à devenir saints, comme Lui (1 Pi 1, 15) ! Cela paraît un peu fou, et pourtant, chaque année, la fête de la Toussaint nous rappelle que la sainteté est notre vocation commune. L’Église ne serait pas fidèle à son Seigneur si elle ne la proposait à chacun. Au moins doué comme au plus doué, au moins cultivé comme au plus diplômé, au plus handicapé comme à celui qui a la chance d’une santé débordante. Oui, l’Église nous appelle à la sainteté ; elle ne peut pas ne pas le faire ! Cela peut nous agacer, nous faire réagir, nous faire dire « pas d'accord », nous faire penser : « elle devrait s'adapter »…

Elle ne rabaissera pas la sainteté de l'amour pour faire plaisir au monde, aux modes, aux médias ou aux sondages ! On voudrait souvent qu'elle tienne le langage qui plaît aux majorités d’opinion : pourquoi pas si c’est ce que veut le Christ ? Sûrement pas si ce n’est pas cela.

J’aime cette Église qui a de l’ambition pour nous. J'aime cette Église qui nous dérange. J'aime cette Église qui ne manque pas d’audace et ne se lasse pas de nous appeler à la sainteté plus grande dans nos façons d’aimer. Nous avons aimé pour cela le Pape Jean-Paul II : il a toujours eu le courage d'appeler les jeunes et les moins jeunes à lutter contre toutes les contrefaçons de l'amour, contre tous les massacres quotidiens de l’amour !

2)    Mais vive aussi l’Église quand elle reconnaît que chacun peut être confronté à des choix personnels qui sont souvent difficiles. Chaque fois que j’ai une décision à prendre, je me trouve dans une situation tout à fait singulière. Bien sûr, il y a la sainteté à laquelle je suis appelé, mais il y a cette situation très difficile et unique dans laquelle je suis…

 

Je vous donne un exemple. J’ai reçu un jour un couple. Je les avais préparés au mariage. Ils étaient vraiment attachés au Christ. « Nous attendons un bébé, mais toutes les analyses médicales nous font pressentir qu’il sera gravement handicapé. Aide-nous à réfléchir… ». Je me suis vite rendu compte que l’un des deux souhaitait l’avortement et que l’autre ne le voulait pas. Dans cette situation singulière, ils avaient – à deux – à faire un choix, et un choix difficile. Ils savaient ma prière : « Mon Dieu, pourvu qu’ils soient capables d’accueillir la vie de cet enfant même si elle est handicapée. Pourvu qu’ils trouvent en Toi le courage d’accueillir cette vie… ». Je devais éclairer leur conscience. Je devais les appeler à trouver dans leur foi la force de respecter toute vie. Je devais leur proposer une voie de sainteté dont la foi nous dit que Dieu nous rend capables ; mais je ne pouvais pas prendre la décision à leur place : ils étaient devant leur conscience et moi devant mon impuissance, l’impuissance que choisit d’avoir Jésus : vous savez bien qu'il ne choisit jamais à la place de celui ou ce celle qu'il rencontre : il propose, il appelle… mais il laisse libre, même s’il en souffre, comme l'Église en souffre avec lui.

 

3)    Alors, vive l’Église quand elle respecte notre conscience personnelle, sans jamais renoncer à la rendre plus responsable. L’Église appellera toujours à la sainteté. Elle ne renoncera pas à éclairer nos consciences dans toutes les situations singulières qui seront les nôtres, mais elle se devra de respecter nos choix personnels, même s’ils ne sont pas très saints, et même pas saints du tout. Elle continuera de nous espérer, afin qu'avec la force du Christ, celle que l'on trouve dans le cœur à cœur avec Lui et dans les sacrements de l'Église, nos décisions deviennent plus dignes de Lui. C'est l'honneur de l'Église et de respecter nos choix de conscience et de les questionner toujours et encore. Qu'elle nous provoque à chercher toujours plus de vérité, de beauté et de bonté dans nos décisions. Même si dans la culture majoritaire de nos sociétés, ces décisions plus saintes apparaissent comme celles d'une minorité.

 

4)   Enfin, vive l'Église quand elle nous donne le pardon du Christ. A ce point de notre parcours, il nous faut dire quelque chose sur le sacrement du pardon. Chaque fois que je vois – à Lourdes ou ailleurs – un jeune s'approcher d'un frère prêtre ou évêque (lesquels eux aussi se confessent) pour recevoir le pardon du Christ, je suis heureux. Pourquoi ? Parce que je sais qu'il découvre le sacrement qui transforme le coupable en pécheur. Or, cette transformation est capitale. Notre monde « crève » d'avoir des hommes et des femmes empêtrés dans leur culpabilité ou dans leur auto-justification. La confession ouvre un tout autre chemin. Elle transforme l'humiliation du coupable en l’humilité du pécheur. C'est un changement radical. Parce qu'il n'y a pas de honte à être pécheur. Dieu aime tellement les pécheurs qu'il est venu parmi eux. Dieu les aime tellement qu'avec la Croix de son Fils, il a porté tout le péché du monde. Dieu les aime tellement que par la résurrection de son Fils, il a ouvert définitivement une brèche dans la mort qui paraissait fatale.

 

Vous dites : « Je ne vis pas bien la relation à mon corps, j'ai du mal avec mon affectivité. Je ne vis pas bien la relation au corps de l'autre. J'ai du mal avec la pureté ». Il n’y a pas de honte à demander pardon. Le faire, c’est découvrir que tout péché est d’abord et avant tout un manque d’amour ; c’est découvrir aussi que nos plus grands manques d’amour ne sont peut-être pas ceux qui nous humilient le plus ! Le faire, c’est accepter d’être appelé à plus de liberté, à plus de responsabilité dans sa manière d’aimer l’autre. Le faire, c’est accepter d’être encore aimé. Demander pardon, c’est préférer son baptême à la misère, c’est croire que notre Dieu ne se lasse pas de relever les pécheurs que nous sommes. Demander pardon, c’est s’ouvrir à la joie d’entendre un prêtre nous dire de la part de Dieu : « Je t’assure, ne désespère pas de toi. Il t’aime encore, il a besoin de toi. Il te relève. Il te pardonne. Il te charge de mission. Avec lui, tu peux encore et toujours aimer mieux ».

 

III ~ « Huit repères pour avancer »

 

     Nous avons fait deux détours importants : l'un pour « dessiner notre Dieu » et l'autre pour « dessiner notre Église ». Maintenant, sans oublier le début de cette lettre, nous pouvons aller plus loin et nous donner quelques repères, afin qu'avec notre vie de tous les jours, nous disions quelque chose de la Vérité et de la Beauté de l'Amour que Dieu nous confie.

 

Premier repère AIMER SA VIE

 

     Ce n'est pas si facile. Beaucoup de jeunes n'aiment pas assez leur vie. Ils peuvent même ne plus l'aimer du tout. « Je n'ai pas la beauté que j'aimerais avoir... je ne suis pas comme j'aimerais être... je ne réussis pas comme j'aimerais réussir... pourquoi m'a t-il (elle) laissé tomber ?... on ne m'aime pas... » La forme tragique du désamour de sa propre vie est le suicide. S'aimer humblement soi-même est peut-être la plus grande grâce !

 

     Car, dans la foi, j’apprends que ma vie vient de Dieu et qu'elle va vers Dieu. Elle vient de plus loin que la rencontre amoureuse de mes parents. Elle va plus loin que la mort. Elle peut être dramatiquement brève (un accident, une maladie grave...), elle peut me sembler trop longue (un handicap ou un mal qui n'en finit pas) : ce que je crois, c’est que Dieu me la confie pour le temps où, avec Lui, j'ai du ciel à faire sur la terre ; Il me donne ma vie avant de me partager à jamais la sienne dans ce mystérieux ciel de bonheur qu'Il veut pour chacun, chacune. Alors je prie pour que tu aimes ta vie, quoi qu'il arrive, car c'est en aimant humblement sa vie qu'on peut être aimé et aimer !

 

Deuxième repère S'ÉMERVEILLER D'ÊTRE HOMMES ET FEMMES

 

      Notre Dieu ne crée pas le monde n'importe comment. Là encore, si nous relisons le premier poème de la création dans la Bible (Gn 1), nous voyons qu'Il aime la différence et la complémentarité ! Il y a le ciel ET la terre, le jour ET la nuit, la mer ET les continents, le soleil ET la lune, le monde végétal ET le monde animal ! Et d'une façon toute particulière, il s'applique à faire l'homme ET la femme... A eux deux, ils sont « à son image et ressemblance ». Merveilleux ajout qui dit combien c'est le bel amour de l'homme et de la femme qui dit le mieux à quoi ressemble son amour à Lui.

 

     A l'heure où l'homosexualité devient un fait de société, une façon comme une autre d'aimer, notre Église garde le courage de dire deux non pour un oui :

–   non à la condamnation moqueuse et méprisante des personnes homosexuelles : elles peuvent d’ailleurs souffrir de leur état de vie. Elles demeurent toutes aimées de Dieu et appelées à aimer mieux ;

–   mais non aussi à la banalisation de l'homosexualité : cette voie ne peut pas être celle que nous propose le Christ ;

–   oui à l'amour responsable et fidèle avec la personne différente de moi ; oui à l'altérité qui peut donner la vie !

 

Troisième repère AIMER SON CORPS AVEC JUSTESSE

 

     On ne peut aimer qu'avec tout soi-même : et soi-même, c'est un corps, un esprit et un cœur !

     Tel qu'il est, notre corps est un don de Dieu. A aimer avec juste mesure. En évitant deux excès contraires, mais très courants aujourd'hui.

 

     Le premier, c'est le culte du corps et de sa beauté extérieure : le corps devient comme une idole à laquelle il faut tout sacrifier. C'est le ressort d'une quantité de publicités plus ou moins mensongères qui font rêver de devenir l'Apollon ou la Vénus que nous rêvons d'être ! Or, dure dure est la réalité !

 

     Le second est l'excès contraire : le mépris de son corps. On le néglige, on l'instrumentalise sans pudeur, on le soigne mal ou pas du tout, on l'abîme dans l'excès du tabac, des drogues ou de l'alcool, ou encore dans la vitesse folle pour soi et pour les autres.

 

     Il n'y a qu'une seule raison pour laquelle on puisse risquer sa vie et même la perdre : c'est l'Amour du prochain, du prochain tel qu’il est. Du prochain qu’on n’a pas choisi.

« Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime » (et même s'ils ne nous aiment pas) (Jn 15, 13). C'est le choix du Christ et, grâce à Lui, de nombreux saints et saintes, à tous les âges de l'Église !

 

Quatrième repère « TU NE FERAS PAS DE L'AUTRE TON OBJET »

 

     Il y a des « interdits » qui font vivre. Dont il vaut la peine de les garder à jamais dans sa mémoire. Je vous en confie un seul que j'aime entre tous, même s'il n'est pas toujours facile à vivre : il résume à lui seul tous les commandements de Dieu : « Tu ne feras pas de l'autre ton objet », ni de Dieu, ni d'un homme ou d'une femme, ni d'un enfant bien sûr. L'autre n'est pas un objet qu'on manipule à loisir. Le corps d'un autre, ça ne s'essaie pas.

 

     J'ai mieux appris cela d'un philosophe juif du XXème siècle, Martin Buber : il a écrit sur la relation un tout petit livre superbe : « JE et TU ». Lisez-le et je suis sûr que vous aimerez la philosophie ! L'autre n'est pas un « CELA », une « CHOSE », un « OBJET » que l'on pourrait manipuler à loisir, pour son seul plaisir, avant de le laisser tomber après usage !

 

Cinquième repère APPRIVOISER, CELA DEMANDE DU TEMPS ET DES ÉTAPES

 

     Rappelez-vous l'inoubliable dialogue entre le petit prince et le renard 1

 

–   « Qu'est-ce que signifie "apprivoiser" ? »

–  C'est une chose trop oubliée, dit le renard. Ça signifie "créer des liens"... On ne connaît que les choses que l'on apprivoise. Les hommes n'ont plus le temps de rien connaître... Il faut être patient... Mais chaque jour, tu pourras t'asseoir un peu plus près... »

 

     Apprivoiser demande du temps et des précautions : ce n'est pas capturer violemment, brutalement. Apprivoiser demande des étapes : « Chaque jour, tu pourras t'asseoir un peu plus près ».

 

     Dans une relation affective, c'est à l'évidence bousculer les étapes que de la réduire d'abord à la relation sexuelle et à son plus ou moins bon fonctionnement. Je suis même sûr que c'est le chemin le plus sûr de son échec. Les statistiques sont là :

« Les divorcés sont plus nombreux dans les mariages qui ont été précédés de cohabitation. On aurait dû assister en France à une chute spectaculaire des divorces, puisque la plupart des couples mariés ont fait les essais de la cohabitation, c'est le contraire qui s'est passé : la cohabitation s'accompagne d'une montée des divorces » [2]

     Il faut le temps de l'apprivoisement respectueux, celui de ce qu'il serait toujours bon d'appeler les fiançailles ; il y a tant d'autres langages à partager, de projets à se confier avant le dialogue des corps. Il y a tant de questions majeures à se poser : « Quel sens donnerons-nous à notre vie ? C’est quoi, réussir sa vie ? Quelle terre ferons-nous pour nos enfants ? Quels engagements prendrons-nous ? Quelle est notre foi ? Où puiserons-nous l'amour et la force d'aimer ? ».

     Il faut du temps à chacun pour dire à l'autre ce qui lui tient vraiment à cœur. Même avec les mots les plus simples. Chacun sait alors qu'il est écouté et respecté ! S'il est aimé plus pour ce qu'il est que pour son seul corps !

 

     La sagesse populaire, décidément, n'est pas bête quand elle nous conseille de toujours mettre les bœufs avant la charrue ! Et l'Église n'est pas en retard lorsqu'elle propose un temps de vraies « fiançailles » avant le mariage !

 

Sixième repère DÉCOUVRIR LE SENS DU SACREMENT DE MARIAGE

 

     Comme tous les sacrements, il est un don que Dieu nous fait pour une mission à réussir avec Lui. Dans le mariage, Dieu nous donne son Alliance. Il nous la confie pour que nous en vivions et que nous la fassions réussir autour de nous et en nous.

 

     Il y a de quoi faire !

 

     Quand on lit l'Ancien et le Nouveau Testaments, il est question de l'Alliance presque à toutes les pages. Dieu nous en révèle la beauté petit à petit ; Il nous dit son bonheur de l’offrir à son peuple. Et du coup, ses déceptions, ses colères, son envie de tout casser quand son peuple l'abandonne. Mais aussi son choix de lui pardonner « s'il revient ». Mieux, son courage pour faire vers lui « le premier pas » quand il ne revient pas. Et encore mieux, son bonheur de l'aimer jusqu'à mourir pour lui s'il le faut, même s'il ne le mérite pas du tout. C’est à cette qualité d’amour que l’on reconnaît celui du Christ. Ça n'est pas pour rien que nous portons sur nous des croix : elles sont le signe de son Amour, de l'Amour le plus gratuit, le plus définitif et le plus fou ! Il n'exige pas la réciprocité pour continuer d'aimer ! Son amour est vraiment libre, fidèle, indissoluble et fécond.

     Le mariage-sacrement confie cette mission d'Alliance aux époux qui se le donnent. Après l'avoir célébré, ils le nourriront par leur prière, leur vie en Église et leur vie sacramentelle. En communiant au corps du Christ livré pour eux dans l’Eucharistie, ils renouvelleront leur capacité à se donner et à s’accueillir. En buvant à la coupe du sang versé pour la nouvelle alliance en rémission des péchés, ils recevront la force de se pardonner l’un l’autre. Ils y trouveront l’Amour à sa source. Ils pourront le puiser sans risque de le voir s’épuiser.

 

Septième repère DEVENIR PLUS RESPONSABLE DE SA FÉCONDITÉ

 

     Cette question est difficile. Je devine votre désaccord ! Et pourtant, ça vaut la peine de réfléchir !

     Toutes les méthodes contraceptives ne sont pas identiques. Les unes (c’est le risque du stérilet et de la pilule du lendemain par exemple) détruisent une vraie vie qui commence. Les autres (la pilule ou le préservatif) empêchent le commencement de la vie. Cela n’est pas la même chose et c’est l’honneur de l’Église de le faire remarquer.

 

     De nombreux couples choisissent les méthodes jugées les plus pratiques et les plus sûres : on fait confiance à la technique ou à la chimie, sans trop se préoccuper d’ailleurs de l’écologie interne de la femme.

 

     Le choix que nous propose l’Église est infiniment plus respectueux de la femme. Il demande plus de responsabilité ; l’Église vous invite à découvrir ce qu’on appelle les méthodes naturelles de régulation des naissances. L’homme doit s’adapter au rythme de sa femme qui n’est pas le même que le sien ; il apprend à choisir avec elle, quand il le faut, ce que nous appelons la continence ; ce n’est pas facile, mais c’est à coup sûr le plus grand signe de respect de l’autre. Demandez-le à des couples mariés : ils vous le diront mieux que moi ! Et là encore, quoi que vous choisissiez, que vous le fassiez en couple ! Et puis, gardez le goût d’avancer vers plus de vérité et de responsabilité dans vos choix de conscience.

 

Enfin, huitième repère RECEVOIR TOUTE VIE COMME UN DON DE DIEU

 

     Redisons-le : pour celui qui croit, la vie vient de plus loin que l'union charnelle de ses parents. Pour celui qui croit, la vie va plus loin que la mort. La vie vient plus de Dieu que de nos amours. Elle va plus vers Dieu que vers la tombe. Voilà pourquoi toute vie est à protéger, qu'elle soit embryonnaire, handicapée, gravement malade ou vieillie. Bien sûr, il faut renoncer à tout acharnement thérapeutique, mais dans le même temps, respecter toute vie qui vit encore et peut vivre, sans se donner jamais le droit  de la supprimer. C'est à cette lumière qu'il faut comprendre ce que l'Église nous dit sur l'avortement, l'eugénisme et l'euthanasie.

 

     Et sur le suicide aussi, pour les mêmes raisons, contrairement à ce que nous entendons. Nous n'avons pas le droit de mettre un terme à notre vie. Je suis effrayé par le nombre des  suicides de jeunes en France. J'ai reçu récemment la lettre d'une confirmée de quatorze ans qui me confie ceci : « Ma meilleure amie a tenté de se suicider trois fois. Parce qu'un garçon a "bien profité d'elle" et l'a "laissé tomber". Je suis allée rencontrer ce garçon et il m'a dit : "Je n'en ai rien à faire !" ». Il y a des paroles qui tuent plus sûrement que les balles…

 

IV ~ Trois convictions qui s'appellent

 

     Il est temps de terminer cette lettre.

 

     Nous nous sommes donnés huit repères pour aimer mieux, aimer plus vrai, nous préparer à aimer longtemps :

–   aimer sa vie,

–   s'émerveiller d'être homme et femme,

–   aimer son corps avec justesse,

–   ne jamais faire de l'autre son objet,

–   respecter le temps et les étapes de l'apprivoisement,

–   découvrir dès maintenant le sacrement du mariage comme un don pour une mission,

      devenir plus responsables de sa fécondité,

      recevoir et servir toute vie comme un don de Dieu.

 

     Ce sont des « repères pour vivre » parmi d'autres possibles !

 

    Si nous les choisissons, notre vie dira quelque chose de la beauté de l'amour de Dieu ! Non pas avec des mots, mais avec nos gestes, nos actes, nos attitudes, nos choix d'hommes et de femmes. Assez libérés par le Christ pour ne pas craindre d'être différents, voire non conformes par rapport aux modes majoritaires d'aujourd'hui. Notre foi trouve sa joie en Lui par des choix de vie conformes à l'Évangile !

Oh ! Nous le faisons humblement : « Pour l'immense témoignage, nous avons si peu de dons » 1. Mais fermement : « Notre existence même a charge de Te montrer» .1

 

     Il me reste à vous confier trois convictions qui, vous allez le voir, s'appellent l'une l'autre 2 :

 

 1 ~    Pas de relations sexuelles sans amour

 

     C'est pour cela que l'Église dit non à l'utilisation systématique du préservatif : elle manifeste une limite de la confiance en l'autre. Pourquoi ? Parce qu'elle permet de séparer l'exercice de la sexualité de la réalité d'un véritable amour partagé.

     Mais il y a le drame du sida. Et toutes les maladies sexuellement transmissibles.

 

     Nous savons comment le virus du sida se transmet : surtout par l'usage de la drogue et des pratiques sexuelles à risques. L'Église nous provoquera toujours à respecter sans limite ceux et celles qui vivent ces situations, mais elle ne renoncera jamais à nous appeler à vivre notre sexualité autrement, c'est-à-dire sans risquer la moindre transmission du virus et sans avoir besoin d'utiliser quelque préservatif que ce soit. Personne n'oubliera que l'Abbé Pierre s'est fait siffler pour avoir osé dire à la télévision que la fidélité conjugale et la continence étaient les meilleures parades contre le sida. Il a été courageux et vrai.

     Cependant, si quelqu'un se sait séropositif, il n'a pas le droit de donner la mort. Autrement dit, s'il ne peut pas se passer d'avoir des relations sexuelles, il se doit de préserver l'autre d'un risque de mort, c'est évident.

 

2 ~    Pas d'amour vrai sans mariage

 

     C'est pour cela que l'Église questionne la cohabitation. Même si nous savons bien qu'elle peut être vécue de bien des manières, y compris de manière respectueuse et responsable. Il reste que, sans mariage civil, de nombreuses jeunes mères se retrouvent du jour au lendemain absolument seules et souvent sans droits. Et puis, nous savons bien qu'une cohabitation plus ou moins prolongée peut priver de nombreux jeunes d'une authentique liberté quand vient l'heure du mariage civil ou religieux : ils ont vécu ensemble, ils ont acheté ensemble, ils ont emprunté ensemble, et ils se retrouvent mariés sans l'avoir vraiment choisi. Or, à l'heure de votre mariage, votre Église veut s'assurer que vous êtes vraiment libres : « Je te choisis comme époux – je te choisis comme épouse ». Il y va de la validité du sacrement !

 

3 ~    Enfin, pas de mariage sans famille

     Je n'y reviens pas longuement puisque nous en avons déjà parlé. Mais il est évident qu'une des missions des époux est d'accueillir la vie, toute vie, quand elle vient et comme elle vient. Et si elle ne venait pas, pourquoi ne pas accueillir alors un ou plusieurs enfants venus d'ailleurs et qui ont besoin de parents et de bonheur ?

 

     Je voudrais enfin vous dire un mot sur le célibat. De plus en plus de jeunes souffrent d'un célibat qu'ils n'ont pas choisi : il est alors subi comme une contrainte et une épreuve douloureuse.

     Mais il arrive aujourd'hui encore qu'il soit bel et bien choisi, pour le Christ ! Parce que le Christ l’a choisi pour lui-même. Parce que le Christ peut suffire largement pour combler un cœur d'homme ou de femme. Il devient le premier pôle organisateur d'une vie qui veut se donner tout entière à l'annonce de l'Évangile, que ce soit dans la vie consacrée ou dans le ministère ordonné. Ce choix, comme tout choix, comme celui du mariage, ne se vit pas sans épreuves, sans batailles parfois. Mais il est une très belle manière d'aimer et de servir. C’est en tout cas la manière d’aimer qu’a choisie le Christ. Dieu sait qu’elle est féconde ! Puissent quelques-uns (unes) d’entre vous la choisir. Elle n’est pas plus difficile à vivre que la fidélité dans le mariage !

    Alors, bonne route à chacun !

    Dans l'espérance de vous voir grandir dans la vérité qui rend libre et la passion d'aimer mieux.

    Dans l'Amour pour notre Dieu « qui ne veut que notre bonheur ».

X François GARNIER

Archevêque de Cambrai


[1] Ces grenades n’ont rien à voir avec les armes ! Il s’agit là du fruit de l’arbre qu’on appelle le grenadier.

1 Saint-Exupéry – Le Petit Prince – NRF Gallimard 1946, p. 68-69.

[2] Père Denis Sonet, dans son livre : « Découvrons l’amour ».

1 Guy Coq « Que m'est-il donc arrivé ? Un trajet vers la foi ». Seuil 1993, p. 20.

2 Cf. Mgr Jacques Jullien « Demain la famille ». Mame 1992, p. 170-178.

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Monseigneur André Fort, Évêque d’Orléans

 « EMBRYON, MON AMOUR»

Depuis que s'est ouvert le passionnant et, pour moi, stupéfiant débat sur le clonage reproductif humain, je ne cesse de méditer l'alternative élaborée par Claude Bruraire, professeur de philosophie à la Sorbonne : « Ou bien nous croyons, selon le vieux rêve de Prométhée que l'homme doit tout ce qu`il est à lui-même, à ses conquêtes, à ses puissances, à ses choix historiques et personnels. Ou bien nous pouvons comprendre et savoir que nous sommes, dès l'origine, en dette de nous-mêmes, de notre être et de notre existence. Libres du don ou du refus, nous démettre de nous-même serait à désespérer des chances de l'esprit ».

On ne peut plus clairement tracer la ligne de partage entre ceux qui. croient au ciel et ceux qui n'y croient pas, entre ceux pour qui tout est grâce et don de Dieu et ceux pour qui tout est matière et énergie, soumises au loi du hasard et de la nécessité.

Pas 325 voix contre 21, l'Assemblée Nationale a adopté en première lecture, le 21, janvier 2002, un projet de loi bioéthique qui autorise l'expérimentation sur l'embryon et entrouvre la voie au clonage. Ce vote a soulevé, parmi les chrétiens les plus conscients des enjeux et des conséquences d'un tel projet, une vague de stupeur et d'indignation.

Stupeur devant l'inconscience ou la désinvolture de la grande majorité de 1-eux qui sont censés avoir pour mission de protéger les biens les plus précieux de chacun des membres d'une société authentiquement humaine : la vie et la dignité. Indignation devant une nouvelle forme de massacre des innocents scientifiquement programmée et justifiée.

Des voix éminentes de biologistes et de philosophes, de médecins et de psychanalystes, de théologiens et de juristes se sont élevées pour dénoncer cette aberration. Jamais nos connaissances dont été aussi précises sur les tout débuts de la vie. Nous savons désormais que chacun de nous a commencé d'exister en une unique et merveilleuse cellule, riche de l'intégralité d'un patrimoine génétique unique et irremplaçable. Cette première forme de notre être a quelque chose d'extraordinaire- A partir d'elle, au gré des divisions cellulaires, les tissus vont se différencier et se spécialiser, mais c'est avec elle qu'un nouvel être est donné et que tout commence. Tout est donné et tout commence, mais dans une impressionnante fragilité. En sa cellule initiale, l'embryon est à la fois si extraordinaire et si prodigieusement différent de nous que la question qu'il nous pose est d'une absolue radicalité : pour toi, suis-je quelqu'un ou quelque chose. Parmi toutes les voix qui se sont élevées pour répondre à cette question, il en est une dont la compétence scientifique et l'autorité morale m'ont plus particulièrement impressionné. Cette voix m'a aussi conforté dans ma protestation contre la dérive actuelle dans laquelle trop de scientifiques et de responsables politiques nous entraînent.

Cette voix est celle de Monsieur Jean-Marie Le Mené, Président de la fondation Jérôme Lejeune. Dans un texte adressé aux candidats à la magistrature suprême, il écrit : « haut-il s'excuser de savoir et de dire que l'embryon est membre de la famille humaine? Et qu'à ce seul et unique titre, il a droit absolu au respect, au dévouement et à la compassion de l'État qui n'a, en aucune façon, le droit de disposer de lui. Les actes collectifs tendant au mépris ou au respect de l'embryon sont, au sens strict, des actes de guerre ou de paix vis-à-vis de l'humanité. Le geste à l'égard de l'embryon est donc le critère majeur en politique. Embryon, mon amour, pour te défendre la campagne électorale sera courte »

Embryon, mon amour. La formule peut faire ricaner les cyniques. Pour ma part, puisqu'il s'agit de la vie et de la dignité de l'homme, je la trouve magnifique. Instruit par la Parole du Christ et I'enseignement de son Église, je n'ai jamais douté que la grandeur et la dignité que l'homme tient de son Créateur ne peuvent être accueillies et reconnues que dans un acte d'amour. « C'est à l'amour que vous aurez les uns pour les autres que l'on vous reconnaîtra pour mes disciples » (Jn 13,35 1, « Ce que vous avez fait à ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait » (Mt 25, 4C). A l'écoute du Christ, nous ne cessons d'are appelés à aimer et nous savons que chacune de nos vies, entre les mains de son l'ère qui est notre Père (Jn 20, 17), ne pèsera que son poids d'amour.

A toutes les femmes qui, en apprenant qu'elles étaient enceintes, ont su dire « Mon tout-petit, mon amour », je souhaite une belle et heureuse Fête des Mères.

+ André FORT Evêque d'Orléans

« FAMILLES, JE VOUS AIME »

Les candidats à la présidence de la République sont maintenant connus, ils sont désormais en campagne. Voici donc venu le temps des programmes et des promesses, des déclarations et des contestations, des sondages et de leurs interprétations.

Au hit parade des thèmes les plus mobilisateurs pour les candidats et pour les électeurs l'insécurité est constamment dans le peloton de tête, le plus souvent en compagnie du chômage, de la santé et des retraites.

On ne peut que partager d'aussi légitimes préoccupations mais on reste perplexe en observant que le thème de l'insécurité est rarement associé avec fermeté et clarté au thème de la famille et à celui de l'éducation nationale.

Depuis quelques jours, les journalistes de la presse écrite et de la télévision me réjouissent. Ils m'assurent que « la famille s'impose dans la campagne ». En réponse aux interpellations que leur ont adressées I`Union Nationale des Associations Familiales et la Confédération Nationale des Association Familiales Catholiques, chacun des candidats s'applique, en effet, à présenter sa vision de la famille et à préciser les propositions majeures qu'il entend défendre pour faire évoluer le droit de la famille.

Dans le contexte culturel actuel, il nous faut bien reconnaître que la vision catholique de la famille, telle qu'elle est présentée dans la Constitution conciliaire sur l'Eglise dans le monde de ce temps (Graudium et spes) et l`Exhortation apostolique consacrée par le Pape Jean-Paul Il à la Communauté familiale (Familiaris consortio), apparaît, aux yeux de beaucoup, très estimable mais trop exigeante pour être applicable.

Parole de croyant et de pasteur à ses frères et soeurs dans la foi, l'exhortation de Jean-Paul II ne peut que provoquer des controverses et soulever des critiques. Controverses d'autant plus passionnées et critiques d'autant plus acerbes que la parole du Pape, lorsqu'il parle de l'amour et de la vie, est violemment dénoncée comme une parole qui cherche à s'imposer.

Ce mauvais procès m'apparaît particulièrement révélateur de la qualité et de l'impact de cette parole, car il est trop clair que le Pape n'a aucun moyen d'imposer sa vision de la vie et de l'amour. Pourtant cette parole fait autorité, même pour ceux qui la contestent et la rejettent, parce qu'elle est au service d'une vérité qui, elle, ne peut que s'imposer à tous. Un des grands penseurs de l'antiquité préchrétienne, Aristote, l'avait clairement perçu lorsqu'il enseignait - «La vérité ne demande pas à être défendue, elle demande à être servie. Ce qui fait la force de la vérité ce n'est pas notre soutien, c'est qu'elle est la vérité ».

De façon très significative, un des candidats à la présidence de la République déclare : « Défendre la famille ce n'est pas défendre un modèle unique et obligataire. Il faut bien aujourd'hui reconnaître qu'il existe, pour l'enfant, différentes formes de familles à côté du mariage, comme l'union libre, les familles monoparentales ou les familles recomposées qui, justement au nom de l'enfant, méritent une égale attention ».

Le propos apparaît généreux et politiquement on ne peut plus correct, mais il ne répond. vraiment pas à ce que, pour ma part; j'attends d'un élu décidé à participer à la construction d'une société vraiment et pleinement humaine, animé de la conviction que « seul l'amour construit le monde » et que « l'avenir de l'humanité passe par la famille ».

Ces deux expressions, empruntées au Pape Jean-Paul II, tracent les lignes de force d'une vision chrétienne de la famille. Cette vision est présentée d'une façon concise et claire par :e Catéchisme de l'Église catholique : « La famille est la cellule originelle de la vie sociale. Elle est la société naturelle où l'homme et la femme sont appelés au don de soi dans l'amour et dans le don de la vie. L'autorité, la stabilité et la vie de relations au sein de la famille constituent les fondement-) de la liberté, de la sécurité et de la fraternité au sein de la société. La famille est la communauté dans laquelle, dès l'enfance, on peut apprendre les valeurs morales, commencer et honorer Dieu et bien user de la liberté. La vie de famille est initiation à la vie en société ».

Au moment où nous sommes appelés â engager notre responsabilité dans un acte politique majeur en démocratie : le vote, le Conseil permanent de l'Assemblée des évêques de France vient de nous rappeler que la politique est « une forme éminente de la charité >>. Cette charité doit être lucidement et courageusement au service de famille, pour être au service de la vie, de l'amour et de la paix. A toutes les familles chrétiennes, je souhaite de belles et joyeuse Fêtes de Pâques.

André FORT  Évêque d'Orléans

«LES ENFANTS, PRINTEMPS DE LA FAMILLE ET DE LA SOCIÉTÉ»

Du 13 au 15 octobre 2000 se tiendra à Rome la IIIéme Rencontre Mondiale des Familles. Je viens de découvrir le thème choisi par le Pape Jean-Paul II pour ces journées d'échanges, de réflexion et de prière : les enfants, printemps de la famille et de la société. Quelle bouffée d'oxygène ! Quel rayon de soleil !

Voici qu'après avoir redonné confiance et courage aux plus âgés dont il se sait fraternellement proche et profondément solidaire, Jean-Paul Il se tourne maintenant avec amour vers les plus petits pour leur dire qu'ils sont désirés comme le printemps, accueillis comme une promesse d'espérance, reçus comme une source de joie.

Quelle bouffée d'oxygène, quel rayon de soleil alors qu'une série de projets gouvernementaux contre la vie de l'enfant à naître se sont accumulés tout au long de l'été comme de noirs nuages précurseurs d'orages et de malheurs.

Au mois d'octobre les parlementaires auront à se prononcer pour la révision de la loi Neuwirth de 1967 sur la contraception et celle de la loi de 1975 sur l'avortement : autorisation des infirmières scolaires â délivrer la « pilule du lendemain » et, pour l'avortement, allongement du délai légal de dix à douze semaines, dispenses de l'autorisation parentale pour les mineures et suppression du délit de propagande.

De toutes les réactions de réprobation suscitées par ces projets, celles des associations familiales, catholiques ou non, étaient prévisibles et attendues. Mais il en est d'autres qui sont d'autant plus significatives qu'elles nous viennent les unes du corps Médical, les autres de groupes de jeunes qui se de' fendent avec passion de toute inféodation religieuse ou politique.

Parmi les gynécologues, de professeurs éminents qui n'ont jamais dénoncé en son principe la pratique de l'avortement, alertent aujourd'hui les responsables politiques sur les risques graves de dérive eugéniste que comporte l'allongement du délai légal pour l'avortement. Non seulement la loi Veil n'a pas régulé la pratique de l'avortement mais elle n'a freiné ni sa banalisations ni les pressions que subissent les femmes les plus vulnérables pour qu'elles y consentent. Désormais la vie d'un enfant à naître pourra être en danger dès lors qu'une échographie aura fait apparaître qu'il présente un risque d'anomalie ou aura confirmé qu'il n'est pas du genre que l'on avait souhaité. Tout autant impressionnants et significatifs les manifestations et les propos des jeunes qui s'identifient et s'affichent comme « les rescapés ». En un premier temps je n'avais pas compris leurs propos.

Je suis resté sans voix lorsque j'ai réalisé qu'une vague d'indignation et d'angoisse les avait bouleversés lorsque, instruits par le rapport du Professeur Nisand, ils avaient découvert que le quart des enfants à naître étaient interdits de naissance et irrémédiablement privés du droit de vivre. De même que les rescapés d'un cataclysme demandent à être assistés pour surmonter le traumatisme provoqué au plus profond de leur être par le vent de mort qui les a fouettés sans les emporter, de même ces jeunes s'interrogent et demandent : Pourquoi eux, pourquoi pas moi ? A quoi., à qui dois-je d'être encore en vie ?

Heureux les enfants et les jeunes qui pourront grandir certains d'avoir été accueillis et assurés d'être toujours aimés. Heureux les enfants et les jeunes qui pourront grandir dans une famille telle que Dieu la veut et telle que le magistère de l’Église catholique n'a jamais cessé de la promouvoir et de la défendre pour affirmer son rôle irremplaçable et son éminente dignité. Je viens de célébrer l'Eucharistie, l'Évangile de ce mardi de la 25ème semaine du temps liturgique que nous qualifions, bien à tort, d'ordinaire, nous fait entendre un bref mais extraordinaire dialogue entre Jésus et la foule qui se presse pour l'entendre. « On fit savoir à Jésus : Ta mère et tes frères sont là dehors qui veulent te voir. Il leur répondit : Ma mère et mes fières, ce sont ceux qui entendent la Parole de Dieu et qui la mettent en pratique ». (Lc S, 20, 21). Déconcertante, la leçon n'en est que plus forte : les liens de parenté humaine ne trouvent leur sens et leur fécondité plénière que lorsqu'ils inaugurent les liens de relations à Dieu et leur permettent de s'épanouir. Là est la plus belle vocation de la famille et le fondement de ses devoirs et de ses droits imprescriptibles. Là est la source du courage audacieux et confiant, de la fierté et de la joie des parents chrétiens. En accueillant la vie que le Père leur confie pour qu'ils la transmettent, ils savent que c'est le Christ qu'ils accueillent. « Prenant un enfant. Jésus le plaça au milieu d'eux et après l'avoir embrassé, Il leur dit : Qui accueille en mon nom un petit enfant comme celui-là, c'est Moi qu'il accueille, et celui qui m'accueille n'accueille pas que Moi, il accueille aussi, Celui qui m'a envoyé» (Mc 9, 36-37).

+ André FORT Évêque d'Orléans


 
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Monseigneur Bernard Housset, Evêque de Montauban

 

Fête des mères, journée de la vie

 

La fête des mères permet à chacun de nous d'exprimer sa gratitude à celle qui lui a donné le jour. C'est avec le recul du temps que l'on se rend compte de l'amour, du dévouement et de la générosité d'une maman. De tout ce qu'elle a donné d'elle-même pour que son enfant naisse et soit éduqué. Mais la plus grande reconnaissance que nous pouvons adresser à nos mères n'est-elle pas de nous avoir conservés en vie ?

Voilà pourquoi, depuis quelques années, cette fête des mères coïncide avec la journée de, la vie. Nous sommes ainsi invités à réfléchir et à prier au sujet de l'avortement.

On ne peut aborder cette réalité qu'avec appréhension, tellement elle est complexe et douloureuse. Il faut beaucoup de doigté et de délicatesse pour ne pas ajouter une nouvelle blessure aux femmes et aux hommes (car eux aussi sont concernés) qui sont déjà marqués par un avortement.

J'ose pourtant en parler, même si cette réalité est devenue tabou. Car notre société est comme anesthésiée à cet égard. Pour quelles raisons ne peut-on pas s'interroger sur ce drame et analyser ses causes et ses conséquences?

Ce silence est d'autant plus étonnant que de nombreux français se donnent beaucoup de mal pour assurer la protection d'espèces végétales et animales en danger.

Comment se fait-il qu'on ne mette pas autant d'intelligence et d'énergie à protéger de la mort- tous les fétus ?

Comment se fait-il que la proportion du nombre d'avortements provoqués reste stable par rapport au nombre de naissances, c'est à dire près d'un sur trois ? D'après les statistiques de ces dix dernières années, il s'agit, en moyenne annuelle, de 220 000 avortements pour 750 000 naissances.

Nous avons nettement progressé par rapport à l'hécatombe routière. Après des décennies de stagnation et d'immobilisme, la lutte contre ce fléau est en train d'atteindre des résultats significatifs. Le nombre de morts a diminué de 21% en un an. C'est bien la preuve que, là où il y a une volonté, on finit par obtenir des résultats.

Qu'est-ce qui empêche que l'on agisse sérieusement sur les causes lointaines ou proches des avortements ?

Par une solide éducation affective et sexuelle qui développe le sens des responsabilités.

Par des logements sociaux et des hébergements d'urgence mieux appropriés.

Par un soutien financier plus important qui permettrait aux femmes enceintes en détresse de ne pas être acculées à subir un avortement.

Par un conseil conjugal adapté qui procure une aide psychologique et spirituelle de qualité.

Que fait-on pour que soient davantage connues les associations qui essaient de soutenir les femmes en difficultés ? Elles sont en mesure de leur fournir diverses assistances et informations pour que, sans pression ni dissuasion, elles prennent une décision favorable à leur enfant. La loi du 4 juillet 2001 a supprimé l'obligation de l'entretien relatif à l'I.V.G. Du coup, ces informations ne sont plus offertes qu'à un nombre très restreint de personnes.

Il faut ajouter que, sur le plan juridique, le flou est maintenu au sujet de la dignité de toute personne humaine, depuis sa conception, jusqu'à sa mort naturelle. Quand une société se met à ne plus avoir de considération ni de respect pour les plus petits de ses membres, n'est ce pas mauvais signe ?

« Il est déjà humain celui qui n'est pas encore né ». En insistant sur cette conviction, sans se lasser, notre Église catholique ne défend pas une thèse confessionnelle sur la vie humaine. Elle ambitionne de servir, en toute objectivité, la vérité concernant chaque personne humaine comme le bien commun.

A l'occasion de cette journée de la vie, que chacun s'interroge : que puis-je faire concrètement pour que la plaie de l'avortement recule et pour que les enfants soient davantage accueillis ?

+ Bernard HOUSSET, Évêque de MONTAUBAN

 

Avortement

« Je voudrais adresser une pensée spéciale à vous, femmes qui avez eu recours à l'avortement. L'Église sait combien de conditionnements ont pu peser sur votre décision, et elle ne doute pas que, dans bien des cas, cette décision a été douloureuse, et même dramatique. II est probable que la blessure de votre âme n'est pas encore refermée. En réalité, ce qui s'est produit a été et demeure profondément injuste. Mais ne vous laissez pas aller au découragement et ne renoncez pas à l'espérance. Sachez plutôt comprendre ce qui s'est passé et interprétez-le en vérité. Si vous ne l'avez pas encore fait, ouvrez-vous avec humilité et avec confiance au repentir : le Père de toute miséricorde vous attend pour vous offrir son pardon et sa paix dans le sacrement de la réconciliation. Vous vous rendrez compte que rien n'est perdu et vous pourrez aussi demander pardon à votre enfant qui vit désormais dans le Seigneur. Avec l'aide des conseils et de la présence de personnes amies compétentes, vous pourrez faire partie des défenseurs les plus convaincants du droit de tous à la vie par votre témoignage douloureux. Dans votre engagement pour la vie, éven­tuellement couronné par la naissance de nouvelles créatures et exercé par l'accueil et l'attention envers ceux qui ont le plus besoin d'une présence chaleureuse, vous travaillerez à instaurer une nouvelle manière de considérer la vie de l'homme ».

C'est le pape Jean-Paul II qui est l'auteur de ce texte plein de compassion dans son encyclique « l'Évangile de la vie » (n° 99).

Uni à lui, je veux vous partager quelques-unes de mes convictions.

Toute femme qui avorte reste aimée de Dieu. En effet, aucune personne ne se réduit à ses actes ni à ses tendances. Il est fondamental de rappeler cet amour de Dieu pour chaque être humain.

Et, en même temps, tout avortement est un acte grave. Bien souvent, il est traumatisant, douloureux. J'ai rencontré à différentes reprises des psychologues et des conseillers familiaux : ils le disent avec force.

Il est indispensable de ne pas taire cette réalité douloureuse, d'en parler, bien sûr de manière non simpliste. Chaque femme est concernée, quelle que soit sa situation, elle est vraiment à entendre. Et les hommes aussi sont concernés. Ils n'ont pas à jouer aux abonnés absents, à se des­saisir de leurs responsabilités. Je pense, par exemple, au garçon qui apprend de sa petite amie qu'elle est enceinte, et lui rétorque « débrouille-toi ! ».

Une mère (1) qui a bien conscience de la complexité de l'avortement, écrit : « Ne plus reconnaître dans les faits que pratiquer une I.V.G. revient à supprimer la vie à son commencement, n'est-ce pas une régression de la conscience morale ? ». Est-ce un progrès en humanité quand les plus forts imposent leurs lois aux plus faibles ? Allons donc ! Toute vie humaine est à respecter dès ses commencements.

Il ne nous appartient pas de décider d'un soi-disant seuil d'humanité que l'embryon franchirait à un moment de son évolution. Depuis sa conception, il est membre de l'espèce humaine. Un chrétien du troisième siècle disait à juste raison : « Il est déjà humain celui qui le deviendra ». Telle est la conviction fondamentale de l'Église, dès ses origines. Le Christ nous assure de la dignité inaliénable de tout être humain de sa conception à sa mort.

On parle beaucoup de la liberté aujourd'hui, et de la liberté d'avorter, « La femme peut avorter, dit-on, si c'est son choix. Mais si elle avorte, c'est parce qu'elle n'a pas le choix. Obscur ! » (2). Il est vrai que beaucoup de femmes sont contraintes à l'avortement parce qu'elles sont seules, parce qu'elles sont soumises à de fortes pressions par leur entourage, parce qu'elles n'ont pas les moyens financiers d'éduquer leurs enfants.

Je crois savoir, si mes renseignements sont exacts, que les décrets d'application de la loi Veil qui prévoyait une aide financière n'ont jamais vu le jour. Qu'est-ce que la vraie liberté ? Celle de donner la mort ou celle de donner la vie ? Tout doit être mis en place pour que les femmes enceintes, en difficulté « aient la liberté d'aller au terme de leur grossesse » (3). L'Évangile est un appel à la vie. A la Vraie vie, pleinement humaine pour chacun. Et l'Évangile nous invite à tout mettre en oeuvre pour que la culture de vie l'emporte sur la culture de mort.

Je suis intimement persuadé que l'avortement n'est pas une fatalité à laquelle il faudrait se résigner. A condition de le vouloir, à condition de s'en donner les moyens, cette réalité peut progressivement diminuer, comme d'autres réalités négatives. Par exemple, l'ignorance et l'anal­phabétisme, grâce au développement de l'école et de l'éducation. Comme aussi la tuberculose et d'autres maladies, grâce au progrès de la méde­cine et des soins de santé.

En France, diverses associations se consacrent à l'aide aux femmes enceintes en difficulté et à l'action contre les causes à moyen et long terme de l'avortement. Par exemple, en ouvrant une maison où de jeunes mamans peuvent commencer d'élever leurs enfants.

Je connais plusieurs de ces associations

- Mère de Miséricorde, rue Sainte Philomène, 31400 Toulouse -

Tél. 05 61 32 88 77.

- Secours aux futures mères, 109, rue Defrance, 94300 Vincennes.

- SOS grossesse, 51, rue Jeanne d'Arc, 75013 Paris - Tél. 01 45 84 5591.

Le Christ nous invite à réagir contre toutes les soi-disant fatalités en prenant nos responsabilités. Ainsi le drame de l'avortement pourra peu à peu reculer.

+ Bernard HOUSSET, Évêque de Montauban

1) Mijo Beccaria, La Croix - octobre 2000

2) Elisabeth G. Sledziewki, Le Monde - 6 octobre 2000 - « I.V.G., un dossier éthique à rouvrir »

3) Déclaration du Conseil Permanent des évêques français « respecter la vie en ses commencements » (11 octobre 2000)

 

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Avortement : le vent tourne ?

Après le referendum du week-end dernier sur la dépénalisation de l'avortement au Portugal, la loi devrait être modifiée (cf revue de presse du 12/02/07). Ce sera le travail d'une commission parlementaire, réunissant des représentants de tous les partis pour mettre au point les conditions de la légalisation de l'avortement dans les dix premières semaines de grossesse. Diverses questions devraient être abordées : Y aura-t-il un temps de réflexion pour les femmes? La consultation de plusieurs médecins sera-t-elle obligatoire? etc...

L'évêque auxiliaire de Lisbonne, Mgr Carlos Azvedo s'insurge : "la vie ne dépend pas d'un referendum [...] Il est encore temps de faire du lobbying." "Comme le cadre de la loi reste à négocier, nous devons obtenir des garanties pour que les femmes puissent être entourées, avant de commettre un acte irrévocable", ajoute-t-il.

La loi devrait être ensuite votée au Parlement pour entrer en application dès le second semestre 2007.

Mais si l'avortement est considéré comme un droit acquis dans la plupart des pays européens, ces "mythes" commencent à s'effondrer. Sa légalisation n'a pas fait diminuer le nombre d'avortements et le binôme échographie-avortement à la demande est une arme au service de l'eugénisme. Par ailleurs, le Planning familial et les groupes pro-choix nient toujours les répercussions psychologiques de l'avortement pour la mère. Pourtant, une étude du Journal of Child Psychology and Psychiatry de décembre 2006  fait le lien entre 5 pathologies clefs (dépression grave, crise d'angoisse, idées de suicide, dépendance à l'alcool ou à la drogue) et des femmes ayant avorté. Enfin, dans certains pays, des dispositions ont été prises pour corriger certains types d'avortement : en Inde, par exemple, une loi interdit aux échographistes de révéler le sexe de l'enfant pour éviter le foeticide féminin ; aux Etats-Unis, 4 Etats attendent que l'arrêt Roe vs Wade soit cassé pour que l'avortement soit aboli dans leur État ; au Nicaragua, en Colombie ou au Chili des restrictions ont été prises ces derniers mois. Enfin, des pays européens, comme l'Irlande, la Pologne ou Malte interdisent l'avortement. A Malte, le gouvernement vient d'ailleurs de rappeler qu'il ne céderait pas à la pression  de l'Union Européenne pour légaliser l'avortement. A Monaco, l'avortement aussi est interdit.

© genethique.org

TÉMOIGNAGE

Nous recevons aujourd'hui ce témoignage de Monsieur Baptiste K. (Alsace) :

     Il y a 5 ou 6 ans, mon ex-amie est tombée enceinte, j'avais 22 ans et elle 21 ans, elle était étudiante et moi objecteur de conscience, nous n'avions pas beaucoup de revenus, je vivais encore avec ma mère.
    Cette annonce de la grossesse nous est parvenue comme une bombe, un tas de questions se bousculaient: que faire de cet enfant? sans argent?? Elle était musulmane, ses parents n'étaient pas au courant de notre relation, il était donc hors de questions qu'ils puissent l'apprendre. Un  tas de barrières se dressaient contre nous et de plus nous ne sentions pas prêt pour avoir un enfant.
    Elle utilisait une pilule contraceptive qu'elle a oubliée de prendre un  jour!! Plus nous réfléchissions, plus l'évidence se faisait plus clair nous ne pouvions pas garder cet enfant, il fallait avorter, il avait quasiment 10 semaines, c'était la limite légale à l'époque. Nous avons donc pris rendez-vous à l'hôpital pour qu'elle puisse avorter, je l'ai accompagnée. Il est important de dire que les médecins et infirmière que nous avons vus nous ont longuement sermonné, mais ne nous ont poussé à le garder. Puis le fameux jour est arrivé, ce fut de longues minutes d'attente puis finalement nous furent soulagés, c'est ce que nous pensions!! Nous n'en avons plus jamais parlé.
    4 années plus tard nous nous sommes séparés et plus revus jusqu'à présent.
    Seulement voilà j'ai fait il y a 2 ans la plus belle rencontre de ma vie, celle de Jésus-Christ et de ma fiancée, petit à petit grâce à Isabelle et grâce à Dieu, je suis tombé sur des articles sur les enfants avortés, sur les conséquences autant psychologiques que physiques, sur les moyens utilisés pour avorter, je dois avouer qu'à l'époque je préférais mieux ne pas savoir. J'ai réalisé à ce moment là la gravité de la situation, et que ce bébé qu'elle portait était déjà un être pleinement vivant. Les moyens utilisés sont clairement horribles (voir "50 questions sur l'avortement" de "Droit de Naître") 
    J'ai demandé pardon à Dieu pour ce grave péché contre Lui et la vie et aussi à l'enfant, j'ai fait une prière de réparation où j'ai demandé pardon à l'enfant.    
    Je lui donné le nom d'Anna, c'est le premier nom qui m'est venu à l'esprit dans la prière.     
    Puis j'ai fait demandé une messe pour elle et pour nous ses parents (même si je n'ai plus de contacts avec la mère).
    J'ai eu, quelques jours avant la messe cette grâce extraordinaire, celle de me sentir père, réellement père, c'est comme si je l'entendais me dire "papa", ce fut un moment de grand bonheur, et j'étais sûr qu'Anna était et est encore là à mes côtés et qu'elle me demande d'intercéder pour tous ces enfants massacrés ainsi que de leurs parents.
    Depuis je sens en moi la vive nécessité de m'engager dans cette cause et de me battre pour le respect de toute vie humaine c'est pourquoi je vous ai écrit. Soyez donc assurés de ma plus grande reconnaissance pour ce que vous faites et soyez sûrs de mon union avec vous dans la prière. De plus dites-moi ce que je pourrais faire pour m'engager d'une autre manière.
    Que Dieu vous bénisse!! Baptiste et Anna..

 

Référendum du 11 février : un cardinal de curie s'exprime

 
Dans un entretien accordé à l'agence Ecclesia, organe officiel de l'Église catholique au Portugal, le cardinal José Saraiva Martins, préfet de la Congrégation pour la cause des saints, a dit clairement qu'il souhaite la victoire du non (traduction intégrale par mes soins) :

J'espère de tout cœur, comme homme, comme chrétien et comme Portugais, que mes compatriotes refassent lors du prochain référendum ce qui a été fait il y a neuf ans, lorsque le “non” l'avait emporté.

Pourvu que cette fois-ci encore, l'on dise oui à la vie et non à la mort, c'est-à-dire à l'avortement. La vie est le don le plus précieux que nous recevons de Dieu et elle ne peut être supprimée, ni à son début, ni lorsqu'elle arrive à sa fin naturelle.

Personne n'a le droit d'empêcher que la vie surgisse et qu'elle se développe. Faire cela, c'est commettre un homicide. Seul Dieu est le Seigneur de la vie, aucune créature ne peut s'arroger un tel droit.

Ecclesia demande alors si le cardinal estime important que l'Église s'exprime à ce sujet, même si elle est pour cela critiquée.

Je pense qu'il est extrêmement important que l'Église exprime clairement sa pensée sur le thème de l'avortement, c'est son devoir de le faire. Elle est au service de l'homme et de ses valeurs fondamentales, parmi lesquelles la plus grande est sans aucun doute la vie, dans sa dignité et dans son caractère sacré.

L'Église pècherait par omission si elle ne le faisait pas : les fidèles ont le droit d'être éclairés sur une matière qui est d'une importance vitale pour l'homme et pour la société d'aujourd'hui. A ce droit correspond, c'est logique, le devoir des pasteurs d'exposer, sans peur de subir la critique des défenseurs de la libéralisation de l'avortement, la vraie pensée de l'Église à ce sujet.

Le blog de Jeanne Smits

Panama : pas de réforme de l'avortement

Le gouvernement de Panama a annoncé qu'il renonçait à modifier la législation sur l'avortement face à une large mobilisation de la population en faveur de la vie et contre l'avortement.

La semaine dernière, le gouvernement avait déposé à l'Assemblée un projet de loi visant à élargir la dépénalisation de l'avortement. Actuellement, l'avortement est interdit, sauf en cas de violences sexuelles et en cas de danger pour la vie de la mère ou du bébé. Dans le premier cas, le projet de loi proposait d'élargir à deux ou trois mois le délai pour avorter et dans le deuxième cas, il proposait de ne mettre aucun délai.

Mgr José Dimas Cedeno Delgado, archevêque de Panama, avait demandé de lire une lettre à toutes les messes le dimanche 4 février dans laquelle il appelait tous les fidèles à se retrouver devant l'Assemblée nationale "pour accompagner les députés et les inviter à défendre le plus grand bien : la vie humaine".

© genethique.org

 

PRESENT – Samedi 3 février 2007

 La réponse du cardinal Barbarin

Dans une lettre envoyée personnellement, le 8 décembre, à chaque évêque de France, le docteur Xavier Dor souhaitait des prières publiques pour obtenir de Dieu que la France soit libérée du fléau ravageur constitué par le prétendu « droit à l'avortement ».

Le cardinal Barbarin lui écrit

- Je sais ce que vous faites. Continuez.

Dans un style à la Bonaparte par sa brièveté et son impérieuse netteté, la réponse dit tout en quelques mots

Je sais que vous faites ce que demande saint Paul. Merci, conti­nuez et les langues se délieront.

Ce que fait le docteur Dor, c'est donner des rendez-vous publics aux libres citoyens catholiques pour prier, à proximité d'une cli­nique ou d'un hôpital célèbre par son zèle avorteur, afin d'obtenir que cesse l'offense à Dieu qui chaque année tue plus de 200 000 enfants dans le sein de leur mère. Cela dure depuis 1975. On approche des 7 millions de victimes en France. Dans un silence général. Ceux qui tentent de le rompre ne sont pas nombreux. Et ils s'enten­dent répondre par les « décideurs » politiques et médiatiques : - C'est une affaire maintenant réglée, il n'y a plus de problème.

Invoquant saint Paul, la réponse du cardinal Barbarie donne la référence : Ep 6, 20. Comme le fait le docteur Dor, reportons-nous au texte et au contexte

(18)... Priez en tout temps... (19) Priez aussi pour moi, afin qu'il me soit donné d'ouvrir la bouche pour parler et d'annoncer hardiment le mystère de l'Évangile (20) dont je suis l'ambassadeur dans mes chaînes ; obtenez-moi la hardiesse d'en parler comme je le dois. »

... et ainsi les langues se délieront, ajoute le Cardinal.

Alors le docteur Dor pose la question qui vient inévitablement à l'esprit

- Quelles sont donc les chaînes qui réduisent au silence les pasteurs et les fidèles ?

En mai 2004, l'évêque de Tours, qui était alors Mgr Vingt-Trois, analysait en ces termes la situation

•   Les discussions sur le respect dû aux embryons, qui ne sont pas du simple matériel médical utilisable pour la recherche, butent a chaque instant sur la législation de l'avortement. La loi de dépénalisation de 1975, puis les lois successives qui en ont étendu le champ jusqu'à faire passer dans les mentalités que l'avortement est un droit, reposent sur le refus méthodologique de se prononcer sur le statut de l'embryon.

« Puisque ces lois ont été élaborées comme si l'embryon était sans droit, toute tentative de réflexion éthique sur le traitement des em­bryons est discréditée d'avance comme attentatoire au droit à l'avortement ». Quasiment tout le monde est tétanisé (sic) par la crainte d'être soupçonné de vouloir revenir sur la loi de dépénalisation et subit une sorte de terrorisme intellectuel... »

C'est donc bien le prétendu « droit à l'avortement » qui est, non seulement par lui-même, mais encore au-delà de lui, la clef mortelle de nos déchéances.

∎ Selon l'abbé Claude Barthe, l'« imprévisibilité » - qui, tout au­tant que le rire, est le propre de l'homme - est particulièrement accentuée chez le cardinal Barbarin. Il en a étonné plus d'un en confiant à Mgr Caillot le soin de prêcher une retraite au clergé lyonnais. Plus récemment il a parlé de l'abbé Pierre avec un manque évident des nuances et même des réserves qui paraissaient pourtant s'imposer. Mais il est aussi le Cardinal qui, le 22 février 2006 (cf. Présent du 4 et du 30 mai), a personnellement donné l'imprimatur au missel Jubilate Deo explicitement destiné à la célébration de la messe traditionnelle dans les églises paroissiales. Les paroisses peuvent se le procurer à l'adresse de l'Imprimerie Saint-Joseph, 11 rue Vaubecour, 69002 Lyon (on peut en passer commande par téléphone : 04.78.42.45.85).

JEAN MADIRAN

 

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Grande marche nationales pour la vie du 21 janvier 2007. Collectif « 30 ans ça suffit ! »

15.000 participants selon une évaluation optimiste, 3.000 selon les RG, en fait probablement autour de 8.000, soit 2 à 3.000 de plus que l’année précédente. Pour la troisième fois le Collectif groupant 10 associations, dont la nôtre, organisait une marche à l’occasion de l’anniversaire de la loi du 17 janvier 1975, légalisant l’avortement, défilé – comme en 2006 – de la place de la République à la place de l’Opéra.

L’évènement fut que pour la première fois des évêques de France fassent partie du comité de soutien de la Marche, auxquels on peut ajouter Mgr Barbarin, cardinal archevêque de Lyon, auteur d’une carte chaleureuse qu’il m’avait adressé peu avant Noël (Lettre aux évêques). Qu’ils soient profondément remerciés. On peut le dire : ce fut une cause de notre joie. Nous n’étions plus orphelins.

Outre cette présence spirituelle – et non corporelle –ce  qui nous unissait est ce que le collectif a toujours réclamé : l’abrogation et non l’aménagement de la loi, en la remplaçant par une loi respectant la vie dès la conception. Beaucoup de jeunesse, une représentation plus parisienne que provinciale, des étrangers : une centaine de belges, des allemands, des italiens, des irlandais, de nombreux prêtres et religieux, des hommes politiques dont Philippe de Villiers et plusieurs représentants du Front National, de nombreuses pancartes : «  des lois pro-vie »…une banderole : « Y a-t-il un candidat contre l’avortement ? » et une autre « on a aboli la peine de mort, jamais on a autant tué ! » avec l’image terrible de débris fœtaux d’un avortement par aspiration à 10 semaines.

Nous fermions la marche, en priant avec Renaissance Catholique. Les AFC étaient là – un bonheur n’arrive jamais seul – et devant notre groupe : Civitas. Il y eu un avant et il y aura un  après le 21 janvier 2007. Je pense que tous nous l’avons senti, le frémissement touche maintenant toute l’Europe. La culture de mort n’a pas d’avenir, Dieu veille et nous voudrions veiller avec lui.

                                                                                              Xavier Dor.

29 janvier, 2007

Pro-avortement : des croix les rendent fous

 
La petite ville de province de Covilhã, au Portugal, s'est réveillée samedi matin pour découvrir plantées sur les pelouses des quatre principaux ronds-points de la ville des petits croix blanches comme on en voit dans les cimetières militaires, portant l'inscription : « victime de l'avortement ». Le lendemain matin, elles avaient disparu sans que l'on sache ni qui les avait plantées, ni qui les avaient enlevées.

Mais comme le mouvement pour le "oui" au référendum portugais veut absolument éviter de porter le débat sur ce terrain là, le Mouvement de Vote Oui devait envoyer ce lundi une plainte en bonne et due forme ) la Commission nationale des élections pour faire constater que « quelqu'un avait perdu la tête » en accomplissant cette action « inadmissible, de mauvais goût et inacceptable entre personnes qui doivent se montrer et assumer leurs convictions ».

« En vérité, ce qui fut planté sur les ronds-points de Covilhã, ce fut un cimetière d'idées, le cimetière de la dignité et du bon sens », assurent les partisans du oui, sans rire, ajoutant que « la croix est un symbole religieux, interdit dans ce type de propagande ».

Tout cela permet d'éviter la question qui fâche : l'avortement tue-t-il un être humain ?

Source : ici.
http://leblogdejeannesmits.blogspot.com/2007/01/pro-avortement-des-croix-les-rendent.html

Marche pour la Vie, dimanche 21 janvier 2007

Marchant en fin de défilé, tantôt successivement , tantôt côte à côte, avec Renaissance Catholique, les SOS-Tout-Petits ont participé très nombreux à la troisième marche pour la vie du collectif "30 ans ça suffit". Avec beaucoup de ferveur ils ont imploré Notre-Dame pour que cesse "Le Crime contre Dieu" et que les lois sur l'avortement soient abrogées. 

Quant au groupe de "CIVITAS" il interrogeait :

"Y a-t-il un candidat contre l'avortement ?"

"6 millions d'avortements = Génocide ou pas ? "

Marche pour la Vie

Pour la première fois cette année le collectif a déjà reçu le soutien de deux évêques : Mgr Bagnard, évêque de Belley-Ars, et Mgr Centène, évêque de Vannes. Également pour la première fois cette année, les Associations Familiales Catholiques (AFC) ont appelé à participer à cette marche pour la vie.

                  Départ de la marche: 14 heures 30.  Place de la République.                            

                                                     Comme l'an passé les amis de "SOS-Tout-Petits"se rassembleront

                             en fin de cortège pour réciter le Rosaire selon leur habitude. 

 
La grande escroquerie
13 janvier 2007

Le Figaro du 7 décembre 2006 met en gros titre à la page 12 « Clonage thérapeutique : nouvelles propositions ». Le sous-titre est le suivant :« Un rapport de l’Office scientifique parlementaire des choix scientifiques et technologiques réclame que soient autorisées le clonage thérapeutique et la recherche sur l’embryon » (les fautes d’orthographe ne sont pas de notre rédaction). L’Office explique que « L’embryon contient des cellules dites souches capables d’être transformées en toutes sortes de cellules… ». « Par ailleurs, le clonage (ou transposition nucléaire qui consiste à insérer le noyau d’une cellule dans un ovocyte) pourrait permettre de d’obtenir des embryons humains dont on prélèverait ensuite les cellules souches ». Chacun notera que tout ceci est écrit au conditionnel. Et il est ajouté dans le quotidien cité : « Enfin existent chez l’adulte des cellules souches plus difficiles à extraire et aussi dans le sang ombilical ». Sous-entendu, ces cellules sont supposées obtenir des résultats encore plus lointains. D’un côté les chercheurs tuent des embryons pour un résultat hypothétique par prélèvement de leurs cellules ; et de l’autre les cellules souches dites adultes sont possiblement capables d’obtenir des résultats encore plus théoriques. Or le rapport de cet Office est à la fois un mensonge ; mais aussi une escroquerie afférente aux futurs impôts de nos contribuables au cas où le Parlement voterait cette proposition. Que penser de celle-ci? La réponse est simple. Elle a été donnée incidemment comme un petit fait divers par la presse espagnole. « Una autoplante de celulas de cordon cura una ninia con leucemia »(Diario de Mallorca, 13 janvier 2007). Une autogreffe des cellules du cordon a soigné la leucémie d’une petite enfant. Ces cellules du cordon ombilical plus ou moins dénigrées ont réussi à guérir. Ceci s’est passé à l’Hôpital Ramon y Cajal de Madrid. Les cellules souches du cordon ombilical d’une petite nouveau-née ont été récupérées à la naissance et congelées. À l’âge de trois ans, la petite fille déclare une leucémie. Ces cellules ont permis de la guérir. Un succès parmi tant d’autres des cellules souches dites adultes. Ces résultats fantastiques ne peuvent être ignorés de l’Office parlementaire. Ces gens savent parfaitement qu’ils ont perdu depuis longtemps la guerre de « l’or rose », celle des cellules souches. Alors pourquoi choisir de se servir d’embryons en les tuant au nom de la thérapeutique ; alors que des guérisons multiples peuvent être obtenues désormais tous les jours à partir des cellules souches dites adultes notamment provenant du cordon ? La réponse est simple. Elle est connue depuis longtemps. Le 1er mai 2003, Helen Lin (Université du Maryland) a obtenu des ovules (ou ovocytes) à partir de cellules souches embryonnaires. Pourquoi donc veut-on créer des ovules ? Parce que cette denrée est rare et nécessite une stimulation ovarienne et une intervention chirurgicale (cœlioscopie) pour les récupérer. Les femmes volontaires ne se bousculent pas. Selon le Quotidien du Médecin (3.10.06), il faudrait 100 ovules pour avoir entre une et cinq chances de réussir un clonage ; lequel n’a plus aucun intérêt sur le plan thérapeutique. Wilmut, le père de la brebis clonée Dolly a vendu la mèche sur le sujet. Les ovules sont absolument indispensables pour créer un être humain par clonage ; lequel sera reproductif faute d’être thérapeutique comme d’ailleurs l’annonce Jacques Attali, l’éminence grise de F. Mitterrand, dans son dernier livre « Petite histoire de l’Avenir ». Il faudra des embryons par centaines de milliers pour réussir ce projet qui vise à remplacer Dieu dans sa Création. En France, les embryons dits « privés de projet parental », c’est-à-dire abandonnés par leurs parents dans le cadre de la fécondation in vitro ne sauraient suffire. Le vote par le Parlement d’une loi permettant le clonage soi-disant au nom de la thérapeutique serait un pas décisif vers l’Homme Artificiel.
 

Dr Jean-Pierre Dickès

 

Lettre du Dr Dor à Monsieur H. de Lesquen

Docteur Xavier DOR

Ancien Interne des Hôpitaux de la région de Paris                                                                                                                9 janvier 2007

       Ancien Maître de conférence des universités

                        Praticien hospitalier

 

                                                Cher Monsieur,

    Je vous ai entendu hier soir à Radio-Courtoisie. Vous parliez de ce qui unit la droite : l'amour de la France et la liberté.

    Je vous avouerais que je ne me suis pas reconnu dans cette formule. Certes, par amour de la France, on peut entendre celui du bien commun, de la patrie. Par liberté - qui n'est pas définie - on peut penser à celle de la Révolution française.   

    La gauche n'obéit qu'à elle même, la droite reconnaît  un ordre qui lui est supérieur : lois non écrites chez les grecs, droit divin de notre tradition chrétienne. Il n'y a pas de politique concevable sans ce droit, rejeté par la révolution déicide avant que d'être régicide et homicide au nom de la liberté.

    Ni la société ni les individus ne peuvent se passer de ce droit , fondement de la morale et de la civilisation.

    Rappelez-vous la pesanteur et la grâce. On ne peut échapper à la première qu'en se livrant à la seconde .

    Que Dieu vous garde ainsi que Radio-Courtoisie. Votre

Xavier Dor

P.S.: Votre déclaration étant publique, je puis donc aussi rendre ma réponse publique en la mettant sur notre site intrernet que je vous communique : www.sos-tout-petits.org.

    Ne m'en veuillez pas de cette intervention. Je serais heureux de vous rencontrer et d'en parler librement avec vous, peut-être lors d'une émission si vous y consentez.

   

"30 ans ça suffit !": Marche pour la vie, le 21 janvier 2007

 


 

Réponse du Dr Dor au Cardinal Barbarin

                                                                                                                                    Paris, le vendredi 12 janvier 2007

 

Monseigneur,

 

Vous répondez  à ma lettre datée du 8 décembre 2006 :

« Je sais que vous faites ce que demande Saint Paul aux chrétiens d’Éphèse (6 – 20).

Merci, continuez et les langues se délieront »

Que demande Saint Paul aux Éphésiens ?

« Priez pour tous les saints, (19) pour moi aussi afin que Dieu m’ouvre la bouche et me donne des paroles pour annoncer hardiment l’Évangile, (20) dont je suis l’ambassadeur jusque dans mes chaînes. Puissé-je avoir la hardiesse d’en parler comme je le dois ».

Donc vous demandez à tous de continuer à prier pour tous les catholiques, afin que jusque dans nos chaînes nous ayons le courage de prêcher l’Évangile pour que les langues se délient.

Quelles sont les chaînes qui nous réduisent au silence pasteurs et fidèles?

Quelles sont les chaînes qui ont fait que les évêques de France n’ont pas répondu (à une exception près) à ma lettre du 30 septembre 2003  (Cf. http://www.sos-tout-petits.org/archives.html ).

Quelles sont les chaînes qui ont fait taire ces mêmes évêques lorsque la loi de 1975 était en préparation ?

Il y a peut-être un élément de réponse dans le texte publié le 21 /05 /2004 par Monseigneur André Vingt-Trois, à l’époque archevêque de Tours :

« Oserais-je vous dire que je m’interroge souvent devant Dieu sur les silences dont on pourra nous accuser dans quelques décennies ou dans quelques siècles [C’est dès maintenant que les silences sont coupables !] ? Quand je dis « nous », je ne pense pas seulement aux intellectuels éclairés dont les opinions ont si souvent suivi le « politiquement correct » ou le médiatiquement correct. Je pense à nous chrétiens et, premièrement, à nous évêques qui avons reçu la mission de guider le peuple chrétien.[...]

Les discussions sur le respect dû aux embryons, qui ne sont pas du simple matériel médical utilisable pour la recherche, butent à chaque instant sur la législation de l’avortement. La loi de dépénalisation de 1975, puis les lois successives qui en ont étendu le champ jusqu’à faire passer dans les mentalités que l’avortement est un droit, reposent sur le refus méthodologique de se prononcer sur le statut de l’embryon.

Puisque ces lois ont été élaborées comme si l’embryon était sans droit, toute tentative de réflexion éthique sur le traitement des embryons est discréditée d’avance comme attentatoire au « droit à l’avortement ». Quasiment tout le monde est tétanisé par la crainte d’être soupçonné de vouloir revenir sur la loi de dépénalisation et subit une sorte de terrorisme intellectuel.[…]

 Il est encore temps de nous réveiller et de dire : ASSEZ ! ».

Oui, Monseigneur, il est temps de se réveiller et de dire : ASSEZ !

 de redire à temps et à contretemps :

 Assez de la culture de mort,

            Assez des lois bioéthiques qui ne reconnaissent pas la vie,

                        Assez de la pornographie qui s’étale dans les média et impose les modes,

                                   Assez des lois qui veulent ignorer Dieu et le Christ-Roi.

Bien sûr nous continuerons d’invoquer la Très Sainte Vierge Marie, plus particulièrement sous le vocable de Notre-Dame de Guadalupe et de la Médaille Miraculeuse.

 Nous récitons le rosaire en public prière de réparation, d’intercession et de conversion, pour que cesse l’avortement « crimes contre Dieu ».

 Nous prierons aussi pour que votre souhait, le souhait du Cardinal Barbarin, Primat des Gaules, soit partout entendu comme une invitation pressante et même un ordre et que les langues de nos pasteurs se délient.

Alors les catholiques auront  à leur tour le courage de parler haut et fort : ils seront suivis par les hommes politiques,

et le  Saint–Esprit pourra renouveler la face de la terre.

Daignez, Monseigneur, agréer l’expression de mon profond respect et de ma profonde reconnaissance.

Xavier Dor

 

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Réponse de Monseigneur Emmanuel Lafont, évêque de Cayenne.

 

 mardi 26 décembre 2006


Cher ami,

 Que le Prince de la Paix soit toujours avec vous.

Je vous remercie de votre courrier et de votre désir d’associer les évêques à votre combat incessant pour la vie. Je vous remercie de l’engagement que vous prenez, dans la mission que vous avez reçu, à votre baptême, de promouvoir l’Évangile de la Vie.

Avec vous, nous ne cessons, de bien des manières, publiques et privées, de prêcher cet Évangile de la Vie et la consternation qui nous étreint à la pensée de ces milliers de victimes innocentes de l’égoïsme et de

 Le défi particulier de votre combat, vous vous en doutez bien, consiste en ce que, dans nombre de cas, les personnes concernées par le témoignage public en faveur de l’Évangile de la Vie sont des personnes en situation profonde de détresse humaine, affective, sociale ou matérielle. Je pense en particulier à bon nombre de femmes enceintes, qui soit en vertu de leur âge, soit en raison de leur situation de précarité ou d’isolement, ont à faire face à des pressions parfois insurmontables de la part de l’entourage. Je pense aussi à ces personnes qui vivent une situation humainement héroïque comme cet homme qui vient de mourir, en Italie, dans des conditions difficilement soutenables.

 Comment faire pour que le témoignage que nous rendons à l’Évangile de la Vie laisse toujours transparaître l’immense miséricorde du Père envers les personnes ? C’est le défi auquel l’Église est confrontée quotidiennement.

C’est ce défi que le Christ, notre Seigneur, a su si éminemment relever, dans la manière dont il a accueilli la femme adultère (cf. Jn 8, 1-11), dont il est devenu l’espérance de tous les pauvres et des pécheurs, au grand dam de ceux qui se croyaient justes parce qu’ils vivaient, à la lettre, toutes les prescriptions de la loi, mais qui, en raison de cela, étaient tentés de se faire les juges de leurs frères.

Les témoins de l’Évangile de la Vie, tels que les décrit le pape Jean-Paul II ne peuvent pas ne pas être, en même temps, et dans le même mouvement, les témoins de l’Évangile de la Miséricorde, selon les mots de ce même pontife dans sa lettre encyclique « Dives in misericordia » :

Il faut donc que tout ce que j'ai dit dans ce document sur la miséricorde se transforme en une ardente prière: qu'il se transforme continuellement en un cri qui implore la miséricorde selon les nécessités de l'homme dans le monde contemporain. Que ce cri soit lourd de toute cette vérité sur la miséricorde qui a trouvé une si riche expression dans l'Écriture Sainte et dans la Tradition, comme aussi dans l'authentique vie de foi de tant de générations du peuple de Dieu. Par un tel cri, comme les auteurs sacrés, faisons appel au Dieu qui ne peut mépriser rien de ce qu'il a créé (136), au Dieu qui est fidèle à lui-même, à sa paternité, à son amour ! Comme les prophètes, faisons appel à l'aspect maternel de cet amour qui, comme une mère, suit chacun de ses fils, chacune des brebis perdues; et cela même s'il y avait des millions d'égarés, même si dans le monde l'iniquité prévalait sur l'honnêteté, même si l'humanité contemporaine méritait pour ses péchés un nouveau «déluge», comme le mérita jadis la génération de Noé! Ayons recours à l'amour paternel que le Christ nous a révélé par sa mission messianique, et qui a atteint son sommet dans sa croix, sa mort et sa résurrection! Ayons recours à Dieu par le Christ, nous souvenant des paroles du Magnificat de Marie, proclamant la miséricorde « de génération en génération » ! Implorons la miséricorde divine pour la génération contemporaine! Que l'Église, qui cherche à l'exemple de Marie à être en Dieu la mère des hommes, exprime en cette prière sa sollicitude maternelle, et aussi son amour confiant, dont naît la plus ardente nécessité de la prière ! »

En vous remerciant de votre engagement pour la Vie, je vous invite aussi à rechercher avec nous les chemins les meilleurs afin que toute personne qui ne parvient pas encore à comprendre la beauté de l’Évangile de la vie se sente, par notre présence et notre parole, ni jugée ni condamnée, mais au contraire encouragée et invitée à entrer plus avant, avec nous, dans la découverte de ce mystère de vérité et de bonheur !

 Je me recommande à votre prière et vous assure de la mienne.

† Emmanuel Lafont

 

Emmanuel Lafont, évêque de Cayenne, 24, rue Madame Payé BP 378 - 97328 Cayenne

Tel. : 05 94 28 98 48 – 06 94 20 69 68 – Fax : 05 94 25 04 24

E-Mail : eveque.cayenne.catho@free.fr

 

***

Note du webmaster : Dans tous les écrits du Dr DOR, comme dans ses prises de paroles, qui pourra trouver un seul mot de condamnation des femmes qui ont avorté ?

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Réponse de Monseigneur Pierre-Marie Carré,

 Monsieur,
En réponse à votre message, je pense qu'il est inutile de vous redire que j'entre pleinement dans ce que les papes successifs, en particulier Jean-Paul II et Benoît XVI, ont redit avec beaucoup de force concernant l'avortement (voir par exemple Evangilium vitae n.58-62).
Pour ma part, je soutiens "Mère de Miséricorde" qui est une association reconnue par les archevêques d'Albi et en lien avec eux. Je regrette d'ailleurs une trop grande dispersion des associations qui agissent pour la vie.
Avec l'assurance de ma prière.
+ Pierre-Marie Carré  

***

Effectivement il n'est pas indispensable de  redire aux militants de SOS-Tout-Petits l'enseignement des Papes sur l'avortement, c'est à tous ceux qui croient au Ciel comme à ceux qui n'y croient pas, qu'il faudrait le clamer à temps et à contretemps...

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Réponse de Monseigneur Guy Bagnard,Évêque de Belley-Ars

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Réponse de Monseigneur Pierre Pican, Évêque de Bayeux et Lisieux

 

Réponse de Monseigneur Pierre Planet, Évêque de Carcassonne et Narbonne

 

 

Réponse de Monseigneur Louis Sankalé, Évêque de Nice

« Accuse réception de votre courrier et vous assure de sa considération »

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