La plus haute autorité de France en matière de génétique, le
professeur Arnold Munnich de l’hôpital Necker Enfants Malades – lieu que nous
avons tellement fréquenté jadis pour notre enfant – vient de le répéter avec
bien d’autres. Certaines recherches payées au nom de la génétique, ne
relevaient plus de la science, mais de l’idéologie. Puis il dénonce aussi avec
courage la nouvelle orientation de certaines recherches, celles sur l’embryon.
En réalité celles dont Marc Peschanski a été chargé dans le cadre du Généthon,
de l’Europe, et de I Stem, institut de recherche sur l’embryon subventionné pour
moitié par le contribuable et les dons du Téléthon.
Les raisons du professeur Munnich ? Celles de Wilmut, le
« père » de Dolly la brebis clonée, annonçant ne vouloir plus travailler sur
l’embryon, car c’était inutile, dangereux et immoral.
Mais pour moi et toute notre famille, nous aurions dû tourner
la page après la mort de notre fils. Approximation des techniques des
transmissions génétiques à cette époque ? J’ai désormais un petit fils atteint
de la myopathie.
Les recherches sur l’embryon auxquelles croit Peschanski
n’auront, à en croire les tenants de cette idéologie, de résultats que dans 10
ou 20 ans. Parallèlement, des cellules souches venant de la peau ont déjà toute
l’efficacité des cellules tirées de l’embryon, sans en avoir les inconvénients
notamment en matière de dégénérescence cancéreuse. Elles peuvent régénérer les
muscles. Pourquoi donc Peschanski continue-t-il dans cette voie ? Comment seront
utilisés ces millions d’euros qui seront donnés samedi et dimanche prochain au
Téléthon ?
Dans 10 ou 20 ans, tous les myopathes que nous allons voir
sur le plateau en fin de semaine seront morts. Mais aussi toute une partie des
porteurs de ces maladies dites « orphelines » pour lesquelles le gouvernement
vient de limiter le financement de la recherche.
Mon petit fils lui aussi….
Mais nous apprenons du kinésithérapeute de Vincent Humbert
qu’il n’était pas paraplégique ; qu’il n’avait pas de lésions de la moelle
épinière, qu’il n’était pas aveugle et qu’il était capable de bouger la main et
non pas un doigt. Ce qui de toute manière, vu son état, ne lui permettait pas de
rédiger le livre qui lui a été attribué. Du témoignage absolument poignant de
Hervé Messager, qui ne se positionne pas sur la question idéologique de
l’euthanasie, nous comprenons que Vincent Humbert avait la volonté de vivre.
Peut-être a-t-il eu une période de dépression ? Cela a été dit à cette époque.
Et que si l’on se positionnait sur la ligne du Dr Chaussoy et de Marie Humbert,
l’hôpital de Berck deviendrait un véritable abattoir.
En 2003 lors de la mort de Vincent Humbert, le Dr Philippe
Tronchet médecin chef de l’unité de neurologie de Berck déclarait qu’au même
moment dans son service : « trois personnes sont dans des situations très
comparables à celle de Vincent Humbert, à ceci près qu’elles n’ont pas perdu la
vie » (Q.d M. 7 octobre 2003)
En réalité, cette affaire a été une gigantesque manipulation
politique dont nous donnerons les détails sur notre site acimps.org
Rappelons toutefois que l’affaire Humbert a fait l’objet d’un
non-lieu début janvier 2006. Que ce non-lieu émanait du procureur de
Boulogne-sur-Mer M. Lesigne. Il serait inutile de détailler toutes les
« bourdes » de ce procureur qui aurait du être révoqué depuis longtemps.
Pourquoi ? Déclarer à la presse que quatre jeunes filles étaient des fugueuses
alors qu’elles avaient été violées, martyrisées, assassinées et enterrées dans
les dunes au bout de ma rue par les frères Jourdain, tueurs et violeurs
récidivistes lâchés dans la nature. Que le fils du garde du corps de De Gaulle,
un dénommé Mansuy détenait le trésor de guerre de Pasqua alors qu’il avait
honnêtement gagné sa vie sur les chantiers de la Défense et de Puteaux ce dont
il a tiré raison devant les tribunaux. Et surtout avoir lancé l’affaire
d’Outreau alors que j’avais été le seul à constater dans les temps nécessaires
qu’un des enfants Badaoui n’avait pas été violé (voir sur internet le rapport de
l’Assemblée Nationale : vallini+dickes+outreau). Il découlait de mon rapport qui
suivait ma réquisition en tant qu’expert près la cour d’Appel de Douai, que le
procureur Lesigne poursuivait et incarcérait une douzaine de personnes sans
avoir une once de constatation médico-légale. L’une d’entre elles s’est suicidée
en prison rappelons-le.
Le procureur Lesigne qui parade encore une fois dans La
Semaine dans le Boulonnais du 26 novembre 2007, n’a pas osé dans des
circonstances pareilles se heurter à la manipulation des médias dans le cadre de
l’affaire Humbert. Il rendait un non-lieu quant à la mise en examen du Dr
Chaussoy lequel avait mis fin aux jours du jeune Humbert avec la complicité de
sa mère.
Rappelons ce que nous dit le conseil de l’Ordre des Médecins
et qui se retrouve dans toutes les médecines du monde notamment en Asie avant
même Hippocrate :
« Le médecin ne peut en aucun cas abréger la vie d’un malade
en lui donnant délibérément la mort » et non plus que de se faire « le complice
d’un suicide assisté ».
Par delà les bénéfices que Mme Humbert et le Dr Chaussoy ont
encaissés dans le cadre de la publication d’ouvrages best-sellers qui sont dans
tous les kiosques de gare, il y a lieu de se demander qui a couvert le Dr
Chaussoy et qui couvre le procureur Gérald Lesigne.
prouvant
pas notre façon de faire, pourtant pacifique.
Le concile
Vatican Il s’était tu sur le communisme et la franc-maçonnerie, mais il
condamnait l’avortement « crime
abominable ». Le pire, à ce sujet, est
le silence des paroisses où il est même malséant d’en parler. Il règne ainsi, en
France, un véritable climat d’oppression. Si nos évêques voulaient bien mettre
tout leur poids dans la bataille, tout serait changé.
—L’opposition
de l’État, malgré la liberté d’expression garantie par la Constitution. Nous
avons été interdits 21 fois. Là aussi : gardes à vue, procès, amendes et même
emprisonnement, refus d’amnistie.
Rappelons de quoi il s’agit. Cloner signifie créer des
embryons sans l’aide de spermatozoïdes en injectant le noyau de n’importe quelle
cellule dans un ovule. Ce qui permettrait peut-être de fabriquer des embryons
humains pour les utiliser pour l’expérimentation. Et même de créer en
laboratoire un être humain coupé de toute paternité, ce qui n’a pas encore été
réalisé et n’est peut-être pas réalisable.
1) En clonant, nous risquons de transmettre ou d’induire
des maladies génétiques.
2) Les lignées de cellules souches embryonnaires n’ont
aucun intérêt vis-à-vis des cellules souches dites adultes que l’on trouve
partout et qui n’ont pas les mêmes inconvénients.
3) Il est possible de transformer les cellules souches
adultes de manière à ce qu’elles aient la même efficacité que les cellules
embryonnaires.
4) Ce type de manipulations pose un problème d’ordre
moral.
Ainsi le « pape » du clonage renonce à cloner des êtres
humains, estimant que c’est à la fois inutile et immoral, même au nom
d’hypothétiques bénéfices thérapeutiques.
Or, Madame Valérie Pécresse vient d’inaugurer I Stem dirigé
par le docteur Peschanski pour précisément faire les recherches auxquelles
Wilmut vient de renoncer. I Stem est financé pour moitié par l’argent du
contribuable et pour l’autre moitié par le Téléthon.
Peschanski est lui-même payé par l’Europe pour faire les
recherches sur ce créneau : celui du clonage embryonnaire dit « thérapeutique ».
Rappelons cette phrase de Peschanski dans Science et Avenir
du septembre 2005 (p.44) : « De pouvoir démontrer l’utilité du clonage, mais, ça
je suis capable de le faire sur le champ ». Apparemment Wilmut, le premier
biologiste à avoir tenté une telle démonstration nous dit exactement le
contraire. C’est un véritable coup de tonnerre dans le monde du
« scientifiquement correct ».
Président de l’Association Catholique des
Infirmières et Médecins.
Les 6 et 7 octobre 2007, le stand de SOS-TOUT-PETITS aux journées de la tradition ,
au domaine de Grand'Maisons à Villepreux a été très remarqué.
De nombreux visiteur ont demandé à recevoir notre bulletin. Tous ont exprimé
leur intérêt pour la journée nationale - et même internationale -de prière du 17
novembre.
Le Dr Dor et le Dr Perrel au stand de SOS-TOUT-PETITS
Jeanne Smits, Directeur de la rédaction de "PRESENT"
Un document extrait de la lettre de septembre 2007 de la
Fondation Gérôme Lejeune - 
PARIS, place Saint Michel, le 22 septembre 2007.
Une dernière fois place Saint Michel, les "sos-tout-petits "
se regroupent pour leur prière publique de réparation.
Le 20 octobre, c'est devant Notre-Dame, près de la statue de
Charlemagne, que nous nous retrouverons.


Le Dr Dor écrit une lettre ouverte au Président de la
République
Docteur Xavier Dor
SOS Tout-petits
……………..
Paris
Lettre ouverte à M. le Président de la République
Monsieur le Président,
Je vous écris en tant que responsable de 1'association catholique SOS
Tout-petits qui lutte contre l’avortement et pour le respect de
la vie humaine.
Vous avez dit : « Je suis le président de tous les Français », mais
ceux-là même, les tout-petits, auraient aimé l’être. Le peu qu'ils l'ont
été l'a été pour leur malheur et
pour le nôtre. Ils sont tués en France, chaque année, par
centaines de milliers, les chiffres officiels étant très au–dessous de
la réalité du fait d'une contraception de plus en plus souvent abortive
et ce, sans que l'on n'en parle. Rien de plus oppressant que ce silence,
ni plus accusateur. Est-ce là la civilisation des droits de l’homme ?
Est-ce là un modèle pour la jeunesse et pour tout homme
Serez-vous, vous aussi, un président de la culture de mort, du « benevolens
genocide » imposé par le mondialisme ?
Votre politique d'ouverture et de rupture ne peut abandonner ceux qui en
ont tant besoin. Les considérer serait, à mes yeux et à ceux de beaucoup
de nos concitoyens, votre plus grand titre de gloire devant Dieu et
devant les hommes ?
Dans cet espoir, recevez, je vous prie, Monsieur le Président,
l'expression de ma haute considération
Xavier Dor
Simone
Veil: «L'avortement est une question
éthique»
Une
clause de conscience figurant dans
la loi Veil n'oblige pas les
médecins français à pratiquer
l'avortement. Quelle fut votre
réflexion à ce sujet?
Simone Veil : On comprend
que, pour un certain nombre de gens,
il existe un cas de conscience face
à cette pratique. C'est une question
éthique et pas seulement un geste
médical. La seule chose que j'avais
négociée avec l'Église était de ne
pas contraindre les médecins. C'est
un point à maintenir, car on ne peut
obliger personne à aller contre ses
convictions. Il est de plus en
plus évident scientifiquement que,
dès la conception, il s'agit d'un
être vivant.
...
et supprimer un être vivant, c'est
quoi ?
|
|
|
|
PARIS, place Saint Michel, le 9 juin 2007.

C'est avec beaucoup de ferveur que l'on invoque la Très Sainte
Vierge

Que Notre-Dame de Guadalupe sauve les Tout-Petits
Découverte révolutionnaire : des cellules pluripotentes à
partir de cellules adultes
|
Une
équipe de chercheurs japonais (Pr Shinya Yamanaka, Université de Kyoto)
et deux équipes de chercheurs américains (Whitehead Institute for
Biomedical Research de Cambridge, Massachusets - Harvard Stem
Cell Institute de Boston) ont réussi à transformer des cellules de
peau prélevées sur des souris adultes en cellules pluripotentes (cf.
Synthèse de presse du 07/06/07).
Ces cellules ont
été transformées sans utiliser d'embryons ni d'ovocytes humains, ce ne
sont donc pas des cellules embryonnaires, mais bien des cellules adultes
reprogrammées pour être pluripotentes.
Pour Hans
Schöler du Max Plank Institute for Molecular Biomedicine de
Munster, "c'est une réussite aussi importante que Dolly" (NDLR,
première brebis clonée au monde).
Appliqués à
l'espèce humaine, ces résultats révolutionneraient l'ensemble des
recherches sur les cellules souches et rendraient définitivement
vaines les recherches sur l'embryon qui posent de graves problèmes
éthiques.
Jusqu'à
aujourd'hui, la communauté scientifique s'accordait à dire qu'il était
impossible d'obtenir qu'une cellule différenciée puisse revenir au stade
d'une cellule souche indifférenciée et pluripotente.
Ces études ont
été publiées mercredi 6 juin dans les revues Nature et Cell
Stem Cell.
Le Pr Yamanaka
avait déjà présenté ses travaux précurseurs au Congrès de Rome sur les
cellule souches adultes, organisé par
l’Académie pontificale pour
la Vie, la Fédération internationale des associations médicales
catholiques (FIAMC) et la Fondation Jérôme Lejeune, du 14 au 16
septembre 2006 (cf.
Synthèse de presse du 18/09/06).
Aujourd'hui,
ses publications, confirmées par deux autres équipes, font l'unanimité.
© genethique.org |
Communiqué de l'Association Catholique des
Infirmières et Médecins (ACIM)
, le 24 avril 2007 (suite)
|
"MIRACLE DANS LA BASILIQUE ND de GUADALUPE"
30.04.2007
Voici
quelques précisions
à propos du miracle survenu le 24 avril 2007 à la Basilique ND de
Guadalupe à Mexico, après la décision du conseil municipal de cette
ville de légaliser l’avortement à la demande jusque là interdit. Les
photos présentées ici ont été envoyées depuis le Mexique par le Père
Luis Matos, supérieur de la Communauté des Béatitudes. Elles étaient
accompagnées d’un commentaire en espagnol dont voici la traduction
résumée. |
A
la fin de la messe offerte pour les enfants avortés non nés,
l’assistance de la Basilique se demandait ce qu’attendait d’elle la Très
Sainte Vierge de Guadalupe . Tandis que beaucoup de fidèles prenaient
des photographies de l’ayate de Tepeyac, exposé et vénéré dans le
Basilique et au pied duquel la foule des pèlerins défile sur un tapis
roulant, l’image de la Vierge a commencé à s’effacer, pour donner place
à une lumière intense qui émanait de son ventre, constituant un halo
brillant ayant la forme d’un embryon. Avec un cadrage et un
grossissement important il est possible d’apprécier la position de la
lumière qui provient réellement du ventre de l’image de la Sainte Vierge
et n’est ni un reflet, ni un artéfact.
L’ingénieur Luis
Girault qui a étudié l’image ainsi réalisée a confirmé l’authenticité du
négatif et a pu préciser qu’il n’avait été ni modifié ni altéré, par
superposition d’un autre image par exemple

Il a
découvert que l’image ne provient d’aucun reflet, mais sort
littéralement de l’intérieur de l’image de la Vierge.
La lumière
produite est très blanche, pure et intense, différente des lueurs
photographiques habituelles produites par les flashes. Cette lumière est
entourée d’un halo et paraît flotter à l’intérieur de l’abdomen de la
Vierge. Ce halo possède la forme et les mesures d’un embryon. En effet
si on examine plus précisément encore cette image en la faisant tourner
dans un plan sagittal, on distingue à l’intérieur du halo certaines
zones d’ombre qui ont les caractéristiques d’un embryon humain dans le
sein maternel »

Jésus Christ vrai
Dieu et vrai Homme : c’est la foi catholique ! Déjà St jean Baptiste
avait tressailli dans le sein de sa mère pour saluer son Seigneur. N.D.
de Guadalupe vient au secours des embryons non nés – ignorés des
légistes – en rappelant ainsi l’évangile de St Luc (I, 31) : « Voici que
vous concevrez en votre sein, et vous enfanterez un fils, et vous lui
donnerez le nom de Jésus ».
 |
Etats-Unis : Le card. Rigali approuve la décision
d’interdire l’avortement par naissance partielle
ROME, Vendredi 27 avril 2007 (ZENIT.org)
– Le Président du Comité des évêques américains pour les activités pro-life, le
cardinal Justin Rigali, s’est félicité de la décision prise par la Cour Suprême
de valider l’interdiction de l’avortement par naissance partielle.
La Conférence épiscopale des Etats-Unis a rendu publique mercredi dernier une
déclaration dans laquelle le cardinal Rigali approuve la décision en question.
« Aujourd’hui, après une décennie de lutte dans les assemblées législatives et
dans les tribunaux, la Cour Suprême des Etats-Unis a fini par valider une loi
fédérale interdisant une méthode brutale et inhumaine d’avortement par naissance
partielle. C’est la première fois en 34 ans que la Cour autorise une restriction
à l’avortement », affirme le cardinal.
Le Partial Birth Abortion Ban Act a été approuvé par le Congrès et
transformé en loi par le Président Georges Bush en 2003. Il visait à interdire
cette technique particulière d’avortement qui consiste à faire naître
partiellement l’enfant par le siège, puis à perforer sa tête par le bas du crâne
et à aspirer son cerveau avant d’extraire totalement son corps de l’utérus.
Pour le cardinal Rigali, cette décision est motif d’espoir pour tous les
Américains qui luttent pour la défense de la vie...
Place Saint Michel, le samedi 26 avril,
C'est avec beaucoup de ferveur que
l'on implore Notre Dame des Tout-Petits.
Communiqué de l'Association Catholique des
Infirmières et Médecins, le 24 avril 2007
http://www.acimps.org/
Notre Dame de Guadalupe est pour les
chrétiens du monde entier le symbole de la défense de l'enfant à
naître. Ceux qui sont allés à Mexico voir cette basilique ont pu
voir l'immense foi qui se manifeste autour de cette
représentation de la Vierge. Il se présente que la ville de
Mexico - seule dans le pays - vient d'autoriser l'avortement
jusqu'à 12 semaines de la grossesse. Or devant des milliers de
pèlerins, pendant la messe célébrée pour les enfants martyrs de
l'avortement, l'image de Notre Dame s'est soudain éclairée au
niveau de l'abdomen. Une sorte de lumière intense, une sorte de
halo. Cette lumière a été photographiée. Il suffit d'avoir été
en ce lieu pour comprendre que ce soit possible. En effet,
devant l'image, il n'y a pas moins de deux tapis roulants pour
permettre aux pèlerins de défiler plus vite. Et les flashes
crépitent sans arrêt.
Et en se rapprochant de cette luminosité, la
forme d'un embryon apparaît de manière évidente comme celle que
j'ai pu le voir quand j'achetais le premier échographe
commercialisé par Hewlett Packart. Dans le sein de la Vierge que
peut-il nous être montré sinon l'image de Jésus lui-même. A
cette heure, nous n'en savons pas plus.
|
Etats-Unis :
la cours suprême interdit l'avortement par naissance partielle
La
Cour suprême américaine a validé la législation interdisant une méthode
chirurgicale d'avortement tardif : l'avortement par naissance partielle
(cf.
Synthèse de presse du 19/04/07).
Pour la première fois depuis
l'arrêt "Roe contre Wade" de 1973 légalisant l'avortement, la Cour
suprême autorise une restriction nationale à l'avortement. Jusqu'alors
elle avait rejeté toutes les demandes de restriction : en 1993, elle a
suspendu la loi votée pour limiter l'avortement au Dakota du Nord ; en
2000, elle a annulé la loi du Nebraska interdisant l'avortement par
naissance partielle et reconnaissait en même temps la loi du Colorado
limitant la liberté d'expression des anti-avortement...
La récente décision de la Cour
suprême est donc un tournant pour certains observateurs et a un impact
politique important en replaçant l'avortement au centre du débat pour
les primaires et l'élection présidentielle de l'année prochaine.
George W. Bush s'est félicité des
progrès de la société américaine "pour protéger la dignité humaine et
préserver le caractère sacré de la vie". |
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© genethique.org |
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Lettre ouverte aux
candidats
Mgr Jean-Pierre Cattenoz
, Archevêque d’Avignon
MESDAMES ET MESSIEURS
LES CANDIDATS, quand je vous écoute, j’ai mal pour mon pays. Bien sûr,
je me réjouis devant les germes d’espérance contenus dans les nombreuses
propositions énoncées dans vos programmes.
Il y a quelques semaines, je me suis réjoui de vous voir tous unanimes
pour inscrire l’abolition de la peine de mort dans notre Constitution.
Aujourd’hui, je suis consterné par vos programmes qui portent en eux les
germes d’une culture de mort pour notre société.
Certes, comme archevêque d’Avignon, il ne m’appartient pas de prendre
position publiquement pour l’un ou l’une d’entre vous. De même, en
intervenant, je n’entends nullement porter atteinte à la liberté
politique des catholiques de mon diocèse. Je voudrais seulement vous
alerter et alerter tous les hommes de bonne volonté sur plusieurs points
de la campagne électorale dont les enjeux me semblent majeurs pour
l’avenir de notre pays.
DÉFENDRE LE PATRIMOINE DE L’HUMANITÉ
Au nom de l’Évangile,
je veux défendre la vie, l’Évangile de la vie. Or je constate combien en
laissant fragiliser la famille vous portez atteinte au patrimoine de
l’humanité.
La famille est le sanctuaire de la vie, une réalité décisive et
irremplaçable pour le bien commun des peuples. Elle est la cellule
vitale et le pilier de toute vie en société. L’avenir de l’humanité
passe par la famille. Elle est le centre névralgique de toute société,
une école d’humanisation de l’homme où il peut grandir et devenir
pleinement homme. La famille est le lieu privilégié et irremplaçable où
l’homme apprend à recevoir et à donner l’amour qui seul donne sens à la
vie. Elle est le lieu naturel de la conception, de la naissance, de la
croissance et de l’éducation des enfants. Elle est le milieu naturel où
l’homme peut naître dans la dignité, grandir et se développer de manière
intégrale.
L’institution du mariage, fondement de la famille échappe à la
fantaisie de l’homme ; le mariage plonge ses racines dans la réalité la
plus profonde de l’homme et de la femme, il est l’union de l’homme et de
la femme. « Impossible de contester cette norme sans que la société ne
soit dramatiquement blessée dans ce qui constitue son fondement.
L’oublier signifierait fragiliser la famille, pénaliser les enfants et
précariser l’avenir de la société » (Benoît XVI, 20 février 2007).
Or la plupart de vos programmes électoraux, loin de protéger et de
promouvoir la famille fondée sur le mariage monogame entre l’homme et la
femme, ouvrent la porte au mariage entre personnes du même sexe et à
l’adoption d’enfants par des couples homosexuels. Aucune autre forme de
vie commune que l’union d’un homme et d’une femme ne peut être
juridiquement assimilable au mariage ni ne peut recevoir, en tant que
telle, une reconnaissance légale. Toute tentative de relativiser le
mariage en lui donnant le même statut que d’autres formes d’unions
radicalement différentes sont dangereuse pour notre société. Tout cela
offense la famille et contribue à la déstabiliser en voilant sa
spécificité et son rôle social unique.
Concernant le “mariage homosexuel”, il faut distinguer l’homosexualité
comme fait privé et l’homosexualité comme relation sociale prévue et
approuvée par la loi. La légalisation d’une telle union finirait par
entraîner un changement de l’organisation sociale tout entière qui
deviendrait contraire au bien commun. Les lois civiles qui devraient
être des principes structurants de l’homme au sein de la société, jouent
un grand rôle dans la formation des mentalités et des habitudes. Le
respect envers les personnes homosexuelles ne saurait en aucune manière
conduire à l’approbation du comportement homosexuel ou à la
reconnaissance juridique des unions homosexuelles (cf. Cardinal
Ratzinger, Considération à propos des projets de reconnaissance
juridique des unions entre personnes homosexuelles, Congrégation
pour la Doctrine de la Foin juin 2003).
Le nombre de séparations et de divorces s’accroît, rompant l’unité
familiale et créant de nombreux problèmes aux enfants, victimes
innocentes de ces situations. La fragilité et le nombre de foyers
monoparentaux ne sont pas sans poser question. La stabilité de la
famille est aujourd’hui menacée ; pour la sauvegarder, il ne faut pas
avoir peur d’aller à contre-courant de la culture ambiante. Les diverses
formes de dissolution du mariage sont l’expression d’une liberté
anarchique qui se fait passer à tort pour une libéralisation de l’homme.
Au contraire, reconnaître et soutenir l’institution du mariage est un
des services les plus importants à apporter aujourd’hui au bien commun
et au véritable développement des hommes et des sociétés, de même que la
plus grande garantie pour assurer la dignité, l’égalité et la véritable
liberté de la personne humaine.
Malheureusement bien des projets sur le mariage, le divorce, l’adoption
tiennent, certes, compte des désirs des adultes, mais oublient
complètement l’intérêt des enfants. Le droit à l’enfant semble prendre
le pas sur le droit de l’enfant.
Comme le montre unanimement l’expérience, l’absence d’une maman ou d’un
papa au sein d’une famille entraîne bien des obstacles dans la
croissance des enfants. Comment des enfants insérés dans des unions
homosexuelles où manquent la bipolarité sexuelle et l’expérience
conjointe de la paternité et de la maternité pourront-ils grandir et
mûrir humainement sans porter les séquelles de cette absence ? Comment
assurer l’équilibre de la structure psychologique et sexuelle de
l’enfant dans un couple où il n’y a qu’un sexe ?
L’affaiblissement de la cellule familiale est une des causes majeures
des difficultés des jeunes. La crise de la famille est une cause directe
du mal être des jeunes. La majorité des jeunes en difficultés sont issus
de familles humainement et socialement fragilisées
Au nom de l’Évangile,
je veux défendre la vie, l’Évangile de la vie, de cette vie qui fait de
nous des hommes de l’utérus au sépulcre.
La banalisation de l’avortement et le silence sur les conséquences psychologiques, les
blessures et les souffrances cachées qui marquent à jamais les femmes
sont intolérables. L’information tronquée sur les séquelles provoquées
par l’avortement chez les femmes qui y ont eu recours est insupportable.
La liberté de tuer n’est pas une vraie liberté, mais une tyrannie.
Jean-Paul II dans sa lettre encyclique L’Évangile de la vie a eu
des mots très vrais et très durs sur la réalité de l’avortement :
«
Parmi tous les crimes que l’homme peut accomplir contre la vie,
l’avortement provoqué présente des caractéristiques qui le rendent
particulièrement grave et condamnable […].
L’avortement provoqué est le meurtre délibéré et direct, quelle que soit
la façon dont il est effectué, d’un être humain dans la phase initiale
de son existence, située entre la conception et la naissance. La gravité
morale de l’avortement provoqué apparaît dans toute sa vérité si l’on
reconnaît qu’il s’agit d’un homicide et, en particulier, si l’on
considère les circonstances particulières qui le qualifient. Celui qui
est supprimé est un être humain qui commence à vivre, c’est-à-dire
l’être qui est, dans l’absolu, le plus innocent qu’on puisse imaginer :
jamais il ne pourrait être considéré comme un agresseur, encore moins
comme un agresseur injuste ! Il est faible, sans défense, au point
d’être privé même du plus infime moyen de défense, celui de la force
implorante des gémissements et des pleurs du nouveau-né. »
Alors que la peine de mort a été abolie pour une question de principe,
l’avortement devrait être considéré comme atteignant la dignité de la
personne à naître.
Certes, l’avortement est désormais inscrit dans les lois, mais il n’en
demeure pas moins immoral au regard de l’Évangile et de l’Évangile de la
vie.
L’acceptation de l’euthanasie fait peser des menaces graves sur les
malades incurables et sur les mourants. Certes, le contexte social et
culturel actuel augmente la difficulté d’affronter la souffrance à
l’approche de la mort. Il rend plus forte la tentation de résoudre ce
problème en l’éliminant à la racine par l’anticipation de la mort au
moment considéré comme le plus opportun. Pourtant, les médecins
affirment aujourd’hui savoir soulager la quasi-totalité des douleurs. La
vraie question est donc celle des soins palliatifs.
La vie humaine est sacrée, de son commencement naturel jusqu’à son
terme. Tout être humain a le droit au respect intégral de ce bien qui
est pour lui primordial. Nous ne pouvons accepter la promotion de lois
visant à légaliser l’euthanasie.
La manipulation des embryons fait peser une lourde menace sur notre
société. L’embryon est un être vivant qui possède un patrimoine
génétique humain. Il est une personne humaine, il faut la protéger parce
qu’elle est membre à part entière de l’espèce humaine et mérite notre
respect.
Les progrès de la science et de la technique peuvent se transformer en
menace si l’homme perd le sens de ses limites. Il faut prendre
conscience que la chosification de l’embryon nous conduira tôt ou tard à
l’eugénisme.
Effectivement, cette manipulation débouche sur un eugénisme subtil.
En effet, le dépistage prénatal a changé de nature, il n’est plus
destiné à traiter mais bien à supprimer. Un tel dépistage renvoie à une
perspective terrifiante, celle de l’éradication.
Aujourd’hui, la venue au monde de certains enfants est devenue non
souhaitable. La science propose même des outils pour réaliser le rêve de
l’enfant sans défaut. Plusieurs de vos programmes construisent pas à pas
une politique de santé qui flirte avec l’eugénisme.
Les recherches biotechnologiques toujours plus pointues visent à
instaurer des méthodes d’eugénisme toujours plus subtiles et qui visent
à la recherche de l’enfant parfait, fruit d’une sélection totalement
contrôlée. Par leur maladie, par leur handicap, ou plus simplement par
leur présence même, ceux qui auraient le plus besoin d’amour, d’accueil,
de soin, sont jugés inutiles et considérés comme un poids insupportable
dont il faut se débarrasser, qu’il faut éliminer.
Nous voyons se déchaîner comme une sorte de conspiration contre la vie.
Au nom de l’Évangile,
je veux défendre la vie, l’Évangile de la vie. Je ne peux fermer les
yeux devant tant d’hommes et de femmes aujourd’hui en France qui se
sentent blessés, exclus, mis sur le bord de la route pour de multiples
raisons personnelles, économiques, sociales, politiques ou même
religieuses.
Certes, il appartient aux politiques de gouverner, mais je ne peux
m’empêcher de vous rappeler que l’économie se doit d’être au service de
l’homme et du bien commun dans le respect de la justice sociale et de la
solidarité humaine. La mondialisation des échanges commerciaux et la
globalisation de l’économie semblent se fonder sur une conception
intégralement libérale de l’économie, de ses mécanismes. L’économie
prime sur tout et là encore des conceptions individualistes et libérales
dominent au détriment du respect de l’homme et de la solidarité entre
les hommes.
OÙ SONT VOS PRIORITES ?
Comment vivre une authentique fraternité humaine dans notre pays ?
Comment respecter les plus pauvres ? Comment répondre au droit au
logement et à des logements qui n’accentuent pas la déstructuration de
la cellule familiale ? Comment prendre en compte l’émigration comme un
fait désormais structurel de notre société ? Comment accueillir de
manière juste tout en étant généreuse ? Comment lutter contre tous ceux
qui exploitent les immigrés clandestins, les marchands de sommeil, les
employeurs véreux ? Comment réfléchir à la question de l’emploi, du
travail et de sa juste rémunération ? Comment prendre en compte les
menaces écologiques ?
Autant de questions pour lesquelles nous attendons des réponses qui ne
soient pas des promesses électorales trop souvent sans lendemain, mais
des engagements clairement exprimés.
Où sont vos priorités ? Sont-elles du côté de groupes de pression
susceptibles de vous apporter des voix le temps d’une élection ou
sont-elles vraiment au service de notre pays ?
Au nom de l’Évangile,
je ne peux que dénoncer avec les Associations familiales catholiques la
racine de tout cela : un individualisme à tout crin qui gangrène notre
société.
Nous constatons l’évolution du droit civil qui consacre depuis trente
ans l’individualisme des droits. Le droit qui dicte et façonne les
normes sociales, privilégie l’individu, la vie privée, considère que les
choix affectifs ne peuvent et ne doivent avoir aucune conséquence ni sur
les enfants ni sur la vie civique, économique et sociale.
Dans notre culture, on exacerbe souvent la liberté de l’individu conçu
comme sujet autonome, comme s’il se suffisait à lui-même, en marge de
ses relations avec les autres, étranger à ses relations avec autrui.
Beaucoup voudraient organiser la vie sociale seulement à partir des
désirs subjectifs et changeants, sans aucune référence à une vérité
objective comme la dignité de tout être humain, ses droits et ses
devoirs au service desquels doivent se mettre les responsables de notre
société.
Ainsi toutes les formes d’union conjugale sont mises sur un pied
d’égalité, le droit à l’enfant se substitue au droit de l’enfant. On
laisse se propager et se développer des pratiques de contraception
abortives, l’avortement et les dérives eugénistes. La famille et les
familles ne sont plus considérées comme les corps fondateurs de la
société, mais comme une juxtaposition d’individus. Ainsi naissent et
prospèrent au gré des gouvernements, des politiques à caractère social,
destinées à pallier les effets de cet individualisme qui gangrène la
société. Cette conception individualiste de la société soumet notre pays
aux dérives d’une opinion aux repères brouillés et aux groupes de
pression qui pèsent de tout leur poids en cette période électorale (cf.
Déclaration des AFC, « Débats préélectoraux 2007-2008 »).
Au nom de l’Évangile et à la veille de l’élection présidentielle et des
élections législatives, je ne peux qu’inviter les hommes politiques,
les chrétiens et tous les hommes de bonne volonté à passer au crible de
l’Évangile et de l’enseignement de l’Église vos propositions avant de se
déterminer dans leur choix.
Avignon, le 22 mars 2007
* + Jean-Pierre Cattenoz,
archevêque d’Avignon |
REUNION DE PRIERE A LYON
Samedi 17 mars, à Lyon, Les nervis pro avortement
ont encore attaqué « SOS tout petits ».
Une quinzaine de nervis pro avortement ont attaqués la
quarantaine de chrétiens qui s’était réunie devant l’Hôtel Dieu autour d’une
banderole annonçant :
« Prions pour toutes les victimes de
l’avortement ».
Arrivé par surprise, le commando s’en est pris
violemment aux personnes qui priaient pour la Vie : voulant mieux soutenir
les femmes enceintes et respecter les fœtus à naître. Un jeune homme a été
blessé à la tête, des femmes ont été molestées, et l’affiche de « SOS
tous Petits » a été déchirée. Une plainte a été déposée.
La police est arrivée sur les lieux peu après
l’incident, plusieurs des agresseurs ont été interpellés
ENTREVUE AVEC LE CARDINAL BARBARIN
Nous étions deux, notre ami le
colonel Bernard Richard et moi à être reçus par le Cardinal dans son archevêché,
ce samedi 10 mars, pour le petit-déjeuner. Ce fut lui-même qui nous servi le
café – nous étions surpris par tant de simplicité et de cordialité.
Je le remerciai pour sa carte de
vœux qui avait été pour nous si encourageante, notamment pour la marche du 21
janvier organisée par le collectif : « 30 ans ça suffit ».
Le Cardinal nous a longuement
écouté, nous lui avons d’abord parlé de nos manifestations dans la rue- parfois
face à une opposition déchaînée comme à Grenoble le 18 novembre 2006, lors du
XXe anniversaire de SOS Tout-petits, combat eschatologique où des catholiques
nous ont reproché d’être la cause des blasphèmes proférés par les opposants. Le
Cardinal ne nous a pas donné tord estimant que la vérité doit être dite et dite
publiquement.
A la question de savoir si le
clergé pourrait aller lui-même dans la rue et qu’ainsi la victoire serait
assurée, il ne fit pas d’objection.
Il était réservé au sujet des
« commandos » (lorsque nous entrions par surprise dans les centres d’avortement)
mais fut ému par ce qui fut dit par les avocats de la partie civile au tribunal
de Nanterre : « vous faites du terrorisme avec ces chaussons ! ». Les avocats
n’avaient pas entièrement tord.
La contraception a été largement
évoquée. D’après le Widal (ed. 2002) elle comprend : « l’ensemble des procédés
permettant d’éviter une grossesse » et non plus seulement une fécondation alors
qu’elle était jusque-là présentée comme permettant d’éviter un avortement. En
fait la contraception de plus en plus ne s’oppose pas à la fécondation mais à la
nidation de l’œuf, donc est abortive. Nous avons parlé au Cardinal de la
contraception – partie immergée de l’iceberg – la partie émergée représentant
les avortements officiels. Le silence n’est pas possible sur ce sujet. Le
Cardinal en a convenu.
Il a évoqué le problème des
préservatifs, non autorisés par l’Église pour les catholiques mais il comprend
leur usage chez les non-croyants étant donné le risque de maladie graves, mais
nous lui avons dit qu’il s’agissait d’une illusion car la préservation est
imparfaite alors que l’abstinence, la fidélité telles qu’elles ont été
encouragées en Ouganda donne des résultats certains, uniques en Afrique.
Autre aspect juridique et
moral : les lois sur l’avortement s’inscrivent–elles dans une politique de
moindre mal ? En aucun cas, car il s’agit de meurtre et le Cardinal en est
parfaitement d’accord.
Le Cardinal nous racontera
aussi, au cours de l’entretien, ce que lui a confié un ami aumônier d’hôpital
psychiatrique dans la ville. Les deux tiers des femmes qui s’y trouvent
souffrent principalement des séquelles psychologiques des suites d’un
avortement…
Le colonel Richard lui a demandé
s’il approuvait l’idée d’une marche annuelle, à Lyon, en faveur de la vie,
marche qui irait de la basilique de Fourvière à l’Hôtel-Dieu, le Cardinal n’y
est pas hostile.
L’entretien prend fin, il a duré
1 heure ¼.Je demande au Cardinal si nous pouvons en faire état, il me répond
qu’il n’y a pas d’inconvénient.
Là encore je le remercie.
Xavier Dor
Président de SOS
TOUT-PETITS
PRÉSENT
n° 6298
du Samedi 17 mars 2007
SOS-TOUT-PETITS
Le 8 mars, journée de la femme, Monsieur Sarkozy a annoncé
son choix de Madame Simone Veil comme présidente de son comité de soutien.
C’est une insulte pour les français qui respectent la Vie, et en particulier
pour les catholiques à qui le pape vient de rappeler, à l’occasion de la réunion
de l’Académie Pontificale pour la Vie, « la nécessité de se former une
conscience vraie et droite, sans trahisons et sans compromis » pour
défendre le droit à la Vie. Comment les 42% de catholiques pratiquants qui
avaient l'intention de voter pour Sarkozy au 1er tour vont-ils recevoir ce
camouflet ?
Déclaration au
sujet des élections présidentielles.
Au nom de la Liberté
on tue chaque jour plus de 1000 enfanta en France. Ce drame, au coeur même
de notre civilisation, restait jusqu'ici occulté mais, à l'occasion de la
journée de la Femme, il ressurgit non pour y mettre fin mais pour le
retourner et en faire une machine électorale.
Ainsi est glorifiée la
culture de mort par ceux-la mêmes qui en sont les promoteurs sans honte de leur
infamie.
Crime contre Dieu, crime
contre l'humanité, folie des hommes. Le sang des innocents marque de façon
ineffaçable le jeu politique
SOS-TOUT-PETITS
Communiqué : euthanasie
Les 2.000 salopards.
Après l’affaire
Chaussoy le procès à Périgueux la semaine prochaine du docteur Laurence
Tramois et de l’infirmière Chantal Channel est le prétexte d’une nouvelle
gesticulation du lobby de l’euthanasie. La presse relaie avec complaisance
le « manifeste de 2.000 médecins » - en réalité des médecins, des infirmiers
et des aides-soignantes – qui se vantent d’avoir abrégé la vie de malades
qui leur étaient confiés, à l’imitation des « 343 salopes » qui en 1971 –
avec le même message, le même but – affirmaient avoir pratiqué des
avortements clandestins…
Comme d’habitude le
mensonge et l’amalgame font la substance de ce manifeste. Certains médecins
contactés par téléphone ont dit leur étonnement de figurer parmi les
signataires n’ayant jamais été sollicités. La plus grande confusion règne
dans un texte qui assimile l’arrêt des soins extraordinaires – parfaitement
légitime lorsqu’ils s’avèrent inutiles – à la piqûre qui tue ou le refus
d’hydrater les mourants. La mise en avant de la douleur qui serait
insupportable et qu’il faut faire cesser immédiatement est un autre prétexte
fallacieux : d’une part elle n’est pas toujours présente au moment de la
mort ; d’autre part supprimer la douleur en supprimant le malade n’apparaît
pas comme un acte que puisse revendiquer un médecin. C’est en effet se
comporter comme si les médecins – sans moyens, sans conscience - n’avaient
aucune possibilité médicamenteuse ou autre, d’atténuer, soulager, apaiser
cette douleur.
SOS Tout Petits dénonce
avec force cette trompeuse « dignité », cette fausse compassion, qui
détournent les soignants de leur mission : le service et le soulagement de
leurs malades jusqu’au bout, sans leur voler leur mort.
Docteur Luc Perrel - 9 mars 2007
ZENIT, Agence d'information - Le monde vu de Rome. Défense de la vie et
eugénisme : Benoît XVI appelle à la mobilisation des catholiques
Assemblée de l’Académie pontificale pour la Vie
ROME, Lundi 26 février 2007 (ZENIT.org) –
Pour défendre la vie humaine et en particulier contre les formes actuelles
d’eugénisme, Benoît XVI appelle à la mobilisation des catholiques.
Nous publierons dans les prochains jours une traduction intégrale du discours de
Benoît XVI, prononcé en italien.
Benoît XVI a rappelé, samedi, devant les membres de l'Académie pontificale pour
la Vie réunis pour leur assemblée générale annuelle, que pour défendre le droit
à la vie, les catholiques doivent se former « une conscience vraie et droite
sans trahison et sans compromis », comme le souligne la synthèse de presse de la
fondation Jérôme Lejeune (www.genethique.org).
Il a demandé aux catholiques de « se mobiliser pour faire front aux multiples
attaques auxquelles est exposé le droit à la vie ».
Il a dénoncé « les pressions de plus en plus fortes pour la légalisation de
l'avortement », « les méthodes d'eugénisme » visant « la recherche
obsessionnelle de l'enfant parfait », la diffusion de la procréation
artificielle ou les lois visant à autoriser l'euthanasie.
L'objection de conscience était au cœur des débats de l'Académie pontificale
pour la Vie. Mgr Jean Laffitte, vice-président de l'Académie pour la Vie, a
montré qu'une société de tolérance idéologique « ne tolère pas l'idée qu'il y
ait une vérité à chercher ; elle impose l'évacuation de tout débat de fond ». «
L'une des nouveautés est sans doute que l'acte de refuser en conscience d'obéir
à une loi injuste se réalise dans un contexte de tolérance idéologique qui n'est
pas disposée à le supporter », a-t-il précisé.
Le pape a rappelé aux catholiques le devoir « d'éduquer la conscience vers le
désir d'une vérité authentique », demandant aux parents et aux enseignants d'y
contribuer.
CITE DU VATICAN, 24 fev. 2007(AFP).
Benoît XVI" pas de compromis "face aux "attaques contre la
vie".
Le pape Benoît XVI a appelé samedi les chrétiens, prêtres et laïcs, à
s'opposer "sans compromis" aux "multiples attaques contre le droit à la vie"
comme "l'avortement"et "l'eugénisme"en recevant au Vatican les membres d'un
congrès de scientifiques et théologiens
Genethique du jeudi 15 février 2007
PAROLES D’EVÊQUES
retour au sommaire
A l’occasion de la parution de
l'appel à la mobilisation pour la défense de la vie, lancé par le Pape
Benoît XVI devant l'assemblée générale annuelle des membres de l'Académie
pontificale pour la vie, puis de la publication de « Sacramentum Caritatis »
(dont nous reproduisons ci-dessous le N°83 :
« Cohérence eucharistique »), le Dr Dor a demandé aux évêques de France
de bien vouloir lui adresser pour ce site quelques textes significatifs de leurs
prises de position sur l’avortement et les lois bioéthiques.
_________________________________________________________________________________________________________________________
EXHORTATION APOSTOLIQUE DU PAPE
BENOÎT XVI
« Sacramentum Caritatis »
n° 83 : Cohérence eucharistique
Monseigneur Jean-Michel di Falco
Leandri, Évêque de Gap
L’avortement et le respect de la vie humaine en ses commencements
Monseigneur Guy Bagnard, Évêque
de Bellay –Ars
Devant l'absurde !
Quand Dieu est reconduit à
la frontière !
Remue-ménage au Parlement !
Culture de mort !
Le bateau, les hommes et la souris
Ce que j’aurais aimé exprimer au tribunal de Bourg, le 14 juin 1995 (extraits)
Message
Pascal. Couronne d’épines…couronne de gloire
Monseigneur Eric Aumonier, Évêque de Versailles
Discernement moral et action
politique
Cardinal Philippe Barbarin,
Achevêque de Lyon
Entretien pour KTO
Naissance
Monseigneur François Garnier, Archevêque de Cambrai
Dieu ne veut que ton bonheur
Notre Dieu ? Il est comme un fiancé passionné !
Allons plus loin : Dieu est aussi comme un père et comme une mère
Allons encore plus loin :
« Tel Père, tel Fils »
Et l’Esprit Saint dans tout cela ?
1)
Vive l’Église, quand elle ne craint pas de
nous appeler à la sainteté dans notre manière de vivre et d’aimer
2)
Mais vive aussi
l’Église quand elle reconnaît que chacun peut être confronté à des choix
personnels qui sont souvent difficiles.
3)
Alors, vive l’Église quand elle respecte notre conscience personnelle, sans
jamais renoncer à la rendre plus responsable.
4)
Enfin, vive l'Église quand elle nous donne le pardon du Christ
Premier repère
→
AIMER SA VIE
Deuxième repère
→
S'ÉMERVEILLER D'ÊTRE HOMMES
ET FEMMES
Troisième repère
→
AIMER SON CORPS AVEC JUSTESSE
Quatrième repère
→
« TU NE FERAS PAS DE L'AUTRE TON
OBJET »
Cinquième repère →
APPRIVOISER, CELA
DEMANDE DU TEMPS ET DES ÉTAPES
Sixième repère
→
DÉCOUVRIR LE SENS DU SACREMENT DE MARIAGE
Septième repère
→
DEVENIR PLUS RESPONSABLE DE SA FÉCONDITÉ
Enfin, huitième repère →
RECEVOIR TOUTE VIE COMME UN DON DE DIEU
1 ~
Pas de relations sexuelles sans amour
2 ~ Pas d'amour vrai sans mariage
3 ~ Enfin, pas de mariage sans famille
Monseigneur André Fort, Évêque
d’Orléans
«Embryon mon amour »
« Familles je vous aime »
Les enfants,
printemps de la famille et de la société.
Monseigneur Bernard Housset, Evêque de Montauban
Fête des mères, journée de la vie
Avortement
EXHORTATION APOSTOLIQUE DU
PAPE BENOÎT XVI
Cohérence eucharistique
83. Il est important de
relever ce que les Pères synodaux ont appelé
cohérence eucharistique,
à laquelle notre existence est objectivement
appelée. En effet, le culte agréable à Dieu n'est jamais un acte purement privé,
sans conséquence sur nos relations sociales: il requiert un témoignage public de
notre foi. Évidemment, cela vaut pour tous les baptisés, mais s'impose avec une
exigence particulière pour ceux qui, par la position sociale ou politique qu'ils
occupent, doivent prendre des décisions concernant les valeurs fondamentales,
comme le respect et la défense de la vie humaine, de sa conception à sa fin
naturelle, comme la famille fondée sur le mariage entre homme et femme, la
liberté d'éducation des enfants et la promotion du bien commun sous toutes ses
formes. (230) Ces valeurs ne sont pas négociables. Par conséquent, les hommes
politiques et les législateurs catholiques, conscients de leur grave
responsabilité sociale, doivent se sentir particulièrement interpellés par leur
conscience, justement formée, pour présenter et soutenir des lois inspirées par
les valeurs fondées sur la nature humaine. (231) Cela a, entre autres, un lien
objectif avec l'Eucharistie (cf. 1 Co 11,
27-29). Les Évêques sont tenus de rappeler constamment ces valeurs; cela fait
partie de leur responsabilité à l'égard du troupeau qui leur est confié. (232)
Retour
Monseigneur Jean-Michel di Falco Leandri, Evêque
de Gap
L’avortement et le respect de la vie humaine en ses commencements
Alors que la France vient de «
fêter » en 2005 les 30 ans de la loi autorisant l'IVG (près de 6 millions d'IVG
ayant eu lieu depuis cette date) et que de nouvelles législations ont institué
en France un « délit d'entrave à l'IVG » au nom du « droit à l'IVG » pour chaque
femme, l'Église, consciente des pressions à la fois sociales, économiques et
même médicales qui s'exercent sur les femmes, veut avant tout redire sa
sollicitude à l'égard de celles qui traversent cette douloureuse épreuve :
« Je voudrais adresser une pensée spéciale à vous, femmes qui avez eu
recours à l'avortement. L'Église sait combien de conditionnements ont pu peser
sur votre décision, et elle ne doute pas que, dans bien des cas, cette décision
a été douloureuse, et même dramatique. Il est probable que la blessure de votre
âme n'est pas encore refermée. En réalité, ce qui s'est produit a été et demeure
profondément injuste. Mais ne vous laissez pas aller au découragement et ne
renoncez pas à l'espérance. Sachez plutôt comprendre ce qui s'est passé et
interprétez-le en vérité. Si vous ne l'avez pas encore fait, ouvrez-vous avec
humilité et avec confiance au repentir: le Père de toute miséricorde vous attend
pour vous offrir son pardon et sa paix dans le sacrement de la réconciliation.
Vous vous rendrez compte que rien n'est perdu et vous pourrez aussi demander
pardon à votre enfant qui vit désormais dans le Seigneur. » Jean-Paul II,
EV, 100
Mais dans le même temps, l'Église veut rappeler la valeur de toute vie humaine.
L'avortement ne saurait être la véritable solution à des difficultés d'ordre
socio-économiques :
« Dieu, maître de la vie, a confié aux hommes le noble ministère de la vie,
et l'homme doit s'en acquitter d'une manière digne de lui. La vie doit donc être
sauvegardée avec un soin extrême dès la conception. » Vatican II, GS 51-1
« Avec l'autorité conférée par le Christ à Pierre et à ses successeurs, en
communion avec les Évêques [...], je déclare [...] qu'aucune circonstance,
aucune finalité, aucune loi au monde ne pourra jamais rendre licite un acte qui
est intrinsèquement illicite, parce que contraire à la Loi de Dieu, écrite dans
le coeur de tout homme, discernable par la raison elle-même et proclamée par
l'Église. » Jean-Paul II, EV, 62
Retour
Monseigneur Guy Bagnard, Évêque de Bellay Ars
Devant l'absurde !
C'est le 17
janvier 1975 qu'a été promulguée la Loi sur l'avortement. Elle avait été adoptée
et défendue à la Chambre des députés le 21 décembre 1974.
L'impact de cet anniversaire
n'échappe à personne, tant ont été considérables les conséquences de cette loi
sur la vie de la femme, du couple, de la famille, sur les relations entre filles
et garçons, sur la vie en société !
J'ai été relire le discours que
Simone Veil a prononcé le 26 novembre 1974 devant le Parlement. Elle y
présentait, en une quarantaine de pages, l'esprit du projet de loi qu'elle
allait soumettre aux députés.
On est immédiatement frappé -
avec le recul que donnent ces trente années - de la distance qui sépare ce qui
était alors affirmé à l'époque et ce qui se dit et se pratique aujourd'hui. Il y
a une telle différence que l'on peut difficilement s'abriter derrière la Loi
Veil pour justifier ce qui se passe sous nos yeux aujourd'hui. Et l'on finit par
comprendre qu'en fait la "Loi Veil" n'était que le point de départ d'un
processus qui allait conduire à transformer l'avortement en un simple moyen -
brutal - de contraception. Le raisonnement est simple : "Puisque l'on n'a pas
réussi à prévenir la conception de l'enfant, on le supprime."
Mgr André Vingt-Trois,
responsable de la Commission épiscopale pour la famille, voit dans l'avortement
une "commodité contraceptive". C'est bien une culture de mort qui s'est
instaurée au sein de notre société.
Que disait Simone Veil le 26 novembre 1974 ? Voici ce
qu'elle exprimait dès l'ouverture de son discours
"Si le projet qui vous est
présenté admet la possibilité d'une interruption de grossesse, c'est pour la
contrôler et, autant que possible, en dissuader les femmes".
Dans l'esprit de la loi, cette intention dissuasive, si
fortement soulignée, devait amener la femme à renoncer à l'avortement ; la loi
ne devait donc n'autoriser l'avortement que dans des cas extrêmes !
Le projet prévoyait, à cet
effet, plusieurs consultations pour aider la femme "à mesurer toute la
gravité de la décision qu'elle se propose de prendre. " Simone Veil explique
: "Cette tâche de dissuasion et de conseil revient au corps médical de façon
privilégiée". Et elle poursuit : "Le projet prévoit ensuite une
consultation d'un organisme social qui aura pour mission d'écouter la femme, ou
le couple, lorsqu'il y en a un, de lui laisser exprimer sa détresse, de l'aider
à obtenir des aides si cette détresse est financière, de lui faire prendre
conscience de la réalité des obstacles qui s'opposent ou semblent s'opposer à
l'accueil d'un enfant. Bien des femmes apprendront ainsi à l'occasion de cette
consultation qu'elles peuvent accoucher anonymement et gratuitement à l'hôpital
et que l'adoption éventuelle de leur enfant peut constituer une solution. "
Enfin la Ministre conclut :
"Tous ces entretiens auront naturellement lieu seul à seule et il est bien
évident que l’expérience et la psychologie des personnes appelées à accueillir
les femmes en détresse pourront contribuer, de façon non négligeable, à leur
apporter un soutien de nature à les faire changer d'avis".
Comment mieux affirmer que cette
loi autorisant l'avortement en certaines situations exceptionnelles voulait
d'abord mettre tout en oeuvre pour que soit protégé l'enfant à naître. C'est le
sens de la suggestion de l'accouchement sous X et de l'adoption.
Cette protection voulue de
l'enfant était également étendue à la mère. "L'interruption de grossesse ne
peut être que précoce, parce que ses risques physiques et psychiques, qui ne
sont jamais nuls, deviennent trop sérieux après la fin de la dixième semaine qui
suit la conception, pour que l'on permette aux femmes de s'y exposer. "
Enfin pour renforcer le caractère dissuasif de la loi, deux
mesures étaient prévues
• "Le
projet interdit l'incitation à l'avortement par quelque moyen que ce soit, car
cette incitation reste inadmissible". Donc, toute propagande ou publicité en
faveur de l'avortement est interdite.
La Sécurité sociale ne prend pas
en charge l'I.V.G. "Il nous a paru nécessaire de souligner la gravité d'un
acte qui doit rester exceptionnel, même s'il entraîne, dans certains cas, une
charge financière pour les femmes". "L'aide médicale n'est prévue que pour les
plus démunies. " Si "la société tolère l'avortement, elle ne saurait ni le
prendre en charge ni l'encourager. "
Et voici les lignes qui
terminent le discours de Simone Veil : "Si la loi n'interdit pas
l'avortement, elle ne crée aucun droit à l'avortement... Personne ne peut
éprouver une satisfaction profonde à défendre un tel texte, sur un tel sujet.
Personne n'a jamais contesté, et le Ministre de la Santé moins que quiconque,
que l'avortement soit un échec quand il n'est pas un drame. "
Quand on voit
le chemin qui a été parcouru depuis le vote de cette loi, on ne peut que prendre
acte d'un fait patent : la loi a été détournée de ce qu'elle affirmait. Il est
même contradictoire de se rapporter à elle pour justifier la pratique
d'aujourd'hui. En quelques années, une dérive en a bouleversé complètement le
contenu. On peut même dire que la loi a changé de nature. Ce changement a été si
rapide qu'en fait la dérive était déjà contenue, virtuellement, au principe de
la loi. Car comment dissuader l'avortement au moment où on l'autorise ? Comment une
même loi peut-elle prétendre atteindre deux objectifs qui se contredisent ?
Cette contradiction conduit à des absurdités dont nous sommes aujourd'hui les
témoins.
La première de ces absurdités,
c'est que l'embryon n'a aucun statut, aucune identité. La loi se trouve devant
l'embryon comme devant un objet non identifié. Pourtant, on lit dans le
discours de Simone Veil : "Plus personne ne conteste maintenant que, sur un
plan strictement médical, l'embryon porte en lui définitivement toutes les
virtualités de l'être humain qu'il deviendra". Ce silence voulu, entretenu,
donne libre cours à toutes les pratiques ! Face à ce vide juridique, il est
inévitable que les intérêts économiques deviennent les maîtres absolus à bord.
La seconde absurdité, c'est que
l'ours des Pyrénées, le loup de Savoie, l'animal de compagnie ou un oeuf de
serpent sont mieux protégés pénalement qu'un enfant à naître ! Car, bizarrement,
on "sait" ce que contient un oeuf de serpent ! On "sait" mieux ce qu'est un
petit ours qui est à naître, qu'un enfant humain dans le sein de sa mère.
Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme
Lejeune, a rapporté ce fait d'actualité qui s'est passé dans un hôpital "Un
médecin confond deux femmes et, par erreur, avorte l'une d'elles, enceinte de
six mois - au lieu d'enlever son stérilet à l'autre. La Cour d'Appel de Lyon
fait son devoir et condamne le praticien pour homicide involontaire. Mais la
Cour de cassation, rompant avec une jurisprudence plus que séculaire, casse
l'arrêt ; elle considère que le médecin ne peut être poursuivi pour homicide
involontaire. Pourquoi ? Parce que dans "homicide", il y a "humain ". Et que
rien n'indique que la femme enceinte porte un être humain qui mérite d'être
protégé... La preuve ? Puisque la femme est autorisée à avorter, la vie de
l'enfant attendu n'a plus besoin d'être protégée. "
Et c'est ainsi que la "loi
Veil", en voulant pallier les avortements clandestins, s'est transformée, au fil
des années, en une loi qui donne droit à toute femme d'avorter quand elle le
souhaite. De fait, le droit à l'avortement est entré dans la mentalité générale.
On en parle à l'égal du droit au logement ou du droit à l'instruction. La grave
question de l'enfant que l'on supprime, celle de la santé de la mère, ont quitté
le champ de la conscience ; celle de l'aide à apporter aux femmes en détresse
elle aussi a disparu. L'avortement, désormais, règle tout !
Le Pape
Jean-Paul II observe très justement "que la conscience morale semble s'obscurcir
terriblement et avoir de plus en plus de difficulté à établir la distinction
claire et nette entre le bien et le mal pour ce qui touche à la valeur
fondamentale de la vie humaine. "
Pour nous, chrétiens, nous avons
le devoir de rappeler partout la gravité de cette situation et de venir en aide
à celles qui connaissent des situations de profonde détresse. Sans doute faut-il
rappeler aussi le grave devoir d'alerter les hommes politiques qui sont chargés
de voter les lois, car demeure ce fait majeur et incontournable : supprimer un
enfant à naître c'est supprimer la vie d'un être humain.
+ Père Guy Bagnard -Évêque de Belley Ars
Église des Pays de l’Ain n°2 - 21.01.2005
Retour
Quand Dieu est reconduit à
la frontière !
Au début du mois de juin
dernier, l'Assemblée du Sénat a adopté, en seconde lecture, le projet de loi
concernant la recherche scientifique sur les embryons humains. Le vote a eu lieu
dans la nuit du 8 au 9 juin. 304 suffrages ont été exprimés : 187 pour ; 117
contre. Le groupe U.M.P., le plus nombreux, a voté le projet à la quasi
unanimité, à l'exception d'un seul sénateur : M. André Lardeux.
Le Sénat confirme donc, pour les
cinq ans qui viennent, l'autorisation des recherches sur l'embryon humain, avec
les précisions suivantes : les embryons destinés à un projet parental seront
protégés. Par contre, tous les embryons appelés surnuméraires, c'est-à-dire en
surnombre - pourront devenir un matériau de recherche pour les scientifiques !
On estime aujourd'hui leur nombre à 200.000 environ. La seule condition sera
l'accord des parents.
« Au cours du
vote, un amendement particulièrement important concernant le nombre des embryons
disponibles pour la recherche a néanmoins été adopté par le Sénat, à 191 voix
contre 112. Cet amendement, portant sur l'article 18 et déposé par le
rapporteur, M. Giraud, précisait que "le couple dont les embryons sont
conservés et ne font plus l'objet d'un projet parental à la date de la
promulgation de la loi (...) de bioéthique, peut consentir à ce que ses embryons
fassent l'objet des recherches prévues à l'article L.2151-3. " Selon cet
amendement, le stock des embryons disponibles pour la recherche était donc
limité à ceux existant à la date de la promulgation de la loi.
Cette ultime correction n'a pas obtenu l'avis
favorable de M. Philippe Douste-Blazy, ministre de la Santé, qui
craignait ainsi de limiter la recherche française. L'amendement a été finalement
supprimé par la Commission mixte paritaire qui s'est réunie le 15 juin 2004. »
Donc, en l'état actuel du projet
de loi, la recherche sera possible non seulement sur le stock actuel des
embryons humains surnuméraires, mais aussi sur les stocks futurs de ceux que
l'on pourra constituer librement à l'avenir. Ainsi est rendu possible un
approvisionnement permanent. Une fois la loi adoptée, les ministres de la
Recherche et de la Santé auront tout pouvoir pour autoriser ces activités en
laboratoire. Le champ d'action est totalement ouvert aux chercheurs.
On n'a pas manqué de souligner
que "c'est la première fois qu'on autorise, en France, la destruction d'êtres
humains pour les utiliser comme matériau ".
De fait, même si le commun des
mortels n'a pas toujours une conscience claire du contenu ni des conséquences de
ce qu'une telle loi engage, du moins il pressent que quelque chose de grave,
d'essentiel, s'y trouve impliqué. C'est ce qu'a tenté de montrer M. Bernard
Seillier, Sénateur de l'Aveyron, au cours des débats. Sans s'entourer de
précautions oratoires, il a attiré l'attention sur la question majeure
"Devons-nous poser, a-t-il déclaré, une barrière infranchissable à
l'expérimentation sur l'être humain, dès le début de la vie ?" Et il a
poursuivi : "Apporter une réponse positive à cette question, c'est affirmer
la réalité métaphysique de l'être humain et établir obligatoirement des
interdits qui, loin de freiner `le développement scientifique, permettront
qu'il soit source d'un vrai progrès sans contradiction, pour toute l'humanité.
C'est reconnaître qu'il y a, au-delà du visible, une réalité dont la négation
porterait tort à l'intérêt supérieur de l'humanité. C'est à cause de cette
négation que se perpétuent les crimes contre l'humanité. "Parler de "la
réalité métaphysique de t'être humain" et d'une "réalité au-delà du visible",
c'est, en définitive, faire référence à la Transcendance, à Dieu lui-même. C'est
donc s'interroger d'une façon radicale : l'humanité veut-elle s'organiser sans
Dieu, c'est-à-dire sans une Réalité absolue sur laquelle se fonde le respect de
l'être humain ?
Si, en effet, ce respect ne
repose que sur des Traditions, des Conventions, des Cultures toutes évolutives,
donc provisoires et interchangeables, la notion de "seuil infranchissable"
disparaît et perd toute signification. Dès lors, on peut faire n'importe quoi !
Il vaut la peine de se souvenir
de ce que Georges Pompidou écrivait dans "Le noeud gordien", peu de temps avant
de mourir
"La conviction qu'il existe une Puissance qui s'impose aux hommes
constitue pour ceux-ci, et donc pour ceux qui les dirigent, une sorte de
garde-fou d'autant plus utile que les moyens dont nous disposons aujourd'hui
sont plus terrifiants. "
Pour un croyant, ramener Dieu au
rôle de "garde-fou" est certainement réducteur. Mais on voit ce que vise le
raisonnement : si le ciel devient vide de Dieu, alors l'humanité perd tout
repère. Le choix de privilégier une direction repose en définitive sur un
arbitraire. Toutes les directions sont également justifiées parce que toutes
sont indifféremment valables.
S'il fallait citer encore un
autre Président de la République, je citerai François Mitterrand ! Dans son tout
dernier entretien avec Marie de Hennezel, il parle de la mort en pensant
naturellement à la sienne qu'il sent toute proche
"Jamais
peut-être le rapport à la mort n'a été aussi pauvre qu'en ces temps de
sécheresse spirituelle où les hommes, pressés d'exister, paraissent éluder le
mystère. Ils ignorent qu'ils tarissent ainsi le goût de vivre d'une source
essentielle. "
Là aussi, parler de "mystère",
de "source essentielle", n'est -ce pas invoquer une réalité supérieure avec
laquelle l'homme est en étroite parenté et en laquelle il trouve le fondement de
son absolue grandeur.
Comment mieux dire que s'en
prendre à la Transcendance, c'est s'en prendre à l'homme lui-même. C'est
s'engager sur la voie d'une "dégradation irréversible de l'humanité". C'est
pourquoi l'enjeu est si considérable. L'étonnant est que l'élaboration d'une
législation à si grande portée pour l'homme, s'effectue dans une indifférence
quasi générale, signe, dit M. Bernard Seillier, "de l'affaiblissement de la
conscience métaphysique." C'est d'abord dans ce registre là que se situe ce que
l'on pourrait appeler la maladie de l'humanité, une maladie provenant de la
perte de la notion de bien et de mal.
Jean-Paul II ne disait pas autre chose quand - dans son
exhortation sur l'Europe - il écrivait l'année dernière
"Les grandes valeurs qui ont amplement inspiré la culture européenne
ont été séparées de l'Évangile, perdant ainsi leur âme la plus profonde et
laissant le champ libre à de nombreuses déviations. "
Ainsi, dans la constitution de
ses lois, l'homme se passe de la Transcendance comme, au Premier Livre de la
Genèse, il s'est passé de Dieu pour élaborer sa conduite.
+ Père Guy Bagnard
Évêque de Belley Ars
Église des Pays de l Ain n°13 - 9.07.2004
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Remue-ménage au Parlement !
La classe politique se trouve aujourd'hui bien embarrassée. Une loi vient
d'être votée à la Chambre des Députés, rangeant parmi les délits "l'interruption
involontaire de grossesse" (I.I.G.). La loi a été votée en fin d'après-midi,
devant une hémicycle clairsemé. Au réveil, le lendemain, grand émoi chez les
Parlementaires et les membres du Gouvernement ! C'est que l'I.I.G. pourrait
remettre en cause l'I.V.G.!
Ce que
recherche cette nouvelle loi, c'est d'apporter de la clarté dans certaines
situations. Ainsi, par exemple, le cas de cette femme qui perd l'enfant qu'elle
attend dans un accident de voiture. Son véhicule a été heurté violemment par un
automobiliste qui n'a pas respecté le code. Elle s'en tire, heureusement, sans
trop de dommage, mais l'enfant, lui, meurt. Elle porte plainte. C'est alors la
surprise : on ne peut recevoir sa plainte, car la loi ignore qu'elle attendait
un enfant, "son" enfant. La loi ne fait pas de différence entre celle qui attend
un enfant et celle qui n'en attend pas !
Supposons que la Justice reçoive la plainte ! Elle sera
obligée d'identifier "ce" que portait cette femme : un enfant ou "quelque chose"
d'autre qu'on ne peut nommer. Elle est donc conduite, de gré ou de force, à
donner un statut à l'embryon et au foetus. C'est justement ce que la législation
refuse ! Actuellement, une femme qui attend un enfant porte en elle, aux yeux de
la loi, quelque chose qui est indéchiffrable, sur lequel le législateur ne veut
pas se prononcer. C'est bien "quelque chose", mais on évite de l'identifier.
L'avantage,
dans cette position - si l'on peut parler ainsi - c'est que l'on peut agir sur
ce "quelque chose" en toute liberté. Comment pourrait-on accuser quelqu'un qui
porte atteinte à quelque chose d'inconnu ! Mais, à l'inverse, on ne pourrait
prendre la défense de quelqu'un qui veut protéger quelque chose d'inconnu. Les
deux situations sont renvoyées dos à dos pour motif d'ignorance.
C'est
pourquoi cette loi dérange sérieusement ! On ne peut pas à la fois considérer
une I.I.G. comme un délit - un acte poursuivi par la loi parce que... c'est un
mal - et une I.V.G., non poursuivie par la loi, parce que l'acte est jugé comme
un bien. On ne peut pas avoir le droit d'interrompre une grossesse et refuser le
droit de la poursuivre. L'incohérence est trop voyante. Ça passe mal ! Donc, en
l'état, il est préférable de rester silencieux. Ainsi, en l'absence d'une
législation, la Justice ne peut rendre son jugement.
Sans doute,
dans le langage courant, on continuera bien de dire qu'une femme attend un
enfant ; et le bon sens fera de lui-même la différence entre une femme enceinte
et une autre qui ne l'est pas, surtout quand on arrive dans les derniers mois,
comme c'était le cas de la conductrice accidentée.
Mais, face à la Loi, le bon sens doit se résoudre à
renoncer à lui-même. On doit dire : "j'ignore de quoi il s'agit"... comme on
dit, dans le langage populaire :"Je ne veux pas le savoir !"
Il y a
quelque chose de dramatique à refuser ainsi de se prononcer. Bien - Mal, tout se
mélange dans la tête des gens ! Comment alors se plaindre d'un manque de repères
dans notre société, puisque les Responsables se refusent, délibérément, à
apporter l'éclairage nécessaire aux consciences !
Ce choix du
silence sur l'identité du foetus est d'autant plus intenable que les
échographies pratiquées en grand nombre - en moyenne quatre pour chaque femme
qui attend un enfant - montrent sur écran l'enfant qui vit dans le sein de sa
mère. On distingue nettement sa bouche, ses bras, ses jambes. On en voit même
qui tètent leur pouce. Et on en voit aussi se défendre désespérément quand on
s'en prend à leur vie ! On a parlé du "cri silencieux" ! Tout montre que le
foetus a une vie autonome dès la conception.
Sans doute il
ne peut pas se développer en dehors du corps de sa mère. Mais à l'intérieur de
ce corps, il a une autonomie propre. Relié à la mère, il est différent d'elle.
Il "n'est pas", purement et simplement, le "corps" de sa mère.
Qu'il y ait
des ambiguïtés dans cette loi qu'il faille lever, c'est certain. Mais enfin,
soyons clairs la future mère qui porte plainte pour la perte de son enfant est
dans son droit ; et l'avortement reste une atteinte mortelle portée contre un
être humain innocent qui ne demande qu'à vivre. Il faut avoir le courage de le
dire.
C'est faute d'avoir ce courage que les esprits finissent
par être totalement dans le brouillard et ne perçoivent même plus la gravité des
actes qui sont posés.
Nous devrions
avoir l'audace d'écouter la voix des Prophètes de notre temps qui ne manquent
pas de s'élever, celle de la bienheureuse Mère Térésa, par exemple. Voici ce
qu'elle disait à l'occasion de la remise du Prix Nobel de la Paix, à Oslo, en
1979, devant un parterre de Chefs d'État et de Personnalités
"J'ai une conviction dont je voudrais vous faire part à vous tous :
aujourd'hui, le plus grand ennemi de la paix est le cri de l'embryon innocent.
Si une mère est capable de tuer l'enfant qu'elle porte en elle, qu'est-ce qui
pourrait nous empêcher de nous tuer les uns les autres ? Mais aujourd'hui on tue
des millions d'enfants innocents et nous ne disons rien. Nous lisons ceci et
cela dans les journaux, mais personne ne parle de ces millions de petits qui ont
été conçus du même amour que vous et moi, avec la vie de Dieu... Pour moi, les
nations les plus pauvres sont celles qui ont légalisé l'avortement. Elles ont
peur des petits, elles ont peur de l'embryon. Et l'enfant doit mourir parce
qu'on le refuse... C'est pourquoi je vous invite aujourd'hui, Majestés,
Excellences, Mesdames et Messieurs, vous tous qui êtes venus ici de nombreux
pays du monde priez pour que nous ayons tous le courage de protéger la vie
embryonnaire. "
+ Père Guy Bagnard Évêque de Belley Ars
Église des Pays de l Ain n°20 - 5.12.2003
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Culture de mort !
Le Parlement
européen vient de rendre son verdict ! Dans un rapport adopté le mercredi 3
juillet, par 280 voix contre 240, et à l'issue d'un débat houleux, les
eurodéputés ont demandé que "l'avortement soit légalisé, sûr et accessible à
tous" dans toute l'Europe.
Ainsi chaque pays membre de
l'Union devra s'aligner sur ce "Parlement universel" et les pays qui attendent à
la porte de l'Europe devront modifier leur propre législation, s'ils veulent y
entrer.
On s'achemine donc
progressivement vers la constitution d'un "super pouvoir" qui donnera à chaque
pays la ligne de conduite à tenir dans les domaines aussi différents que celui
de l'économie, celui de la répartition des finances, celui de la monnaie, celui
de la famille et de l'éducation des enfants. Ainsi, une sorte de Quartier
Général, de plus en plus éloigné des gens et de plus en plus puissant,
s'organise sous nos yeux. Comment ne pas être inquiet de l'avenir ? On parle de
« mondialisation », mais parlons déjà d' « européanisation » !
Sans doute, faut-il se réjouir
de voir les pays du vieux continent se rapprocher les uns des autres, entrer
dans une collaboration cordiale et une aide mutuelle. Qui ne serait heureux de
ce "vivre ensemble" qui éloigne le spectre des guerres et des violences
insensées d'un passé encore récent ?
Mais cette violence n'est-elle pas en train de revenir sous
la forme d'un pouvoir législatif dont chaque peuple particulier se laisse
progressivement déposséder ? Car enfin, concernant l'avortement, n'y a-t-il pas
quelque chose d'exorbitant à vouloir imposer une loi à tous, alors que, dans
notre propre pays - je ne parle que de lui ! - on ne parvient pas à donner un
"statut" au foetus. On le manipule, on l'élimine, mais chercheurs et médecins ne
savent pas sur "QUOI" ils interviennent. S'agit-il d'un être humain ou d'une
tumeur maligne, d'un matériau utile ou inutile ? Personne ne semble pressé de
mettre un nom sur ce qui fait pourtant l'objet d'une législation de plus en plus
étendue ! On promulgue une loi en laissant dans l'ombre ce qui est à son
fondement.
Ainsi, le 25 juin dernier, au cours d'un procès, la Cour de cassation a refusé à
nouveau de se prononcer sur la nature du foetus. Elle a affirmé qu'il ne
s'agissait pas d'une "personne". Donc, de la part des parents qui portaient
plainte pour le décès d'un futur bébé, mort dans un accident de la route dont
ils n'étaient pas responsables, il n'y avait pas de dommage à réclamer.
Pourtant, l'avocate générale avait dit : "L'être humain est respectable dès
le commencement de sa vie, sans aucune autre condition". Elle avait ajouté :
"A quelques minutes près - selon qu'il est né ou non - l'enfant peut
être protégé juridiquement ou pas. C'est extrêmement choquant".
Voilà donc la question faut-il
instaurer une "protection" pour "CE" qui a commencé de vivre sans être né ? On
le voit : à vouloir ne pas répondre sur le statut des foetus, on entre dans un
dédale de questions de plus en plus étranges.
Le Docteur Roger Bessis, Président du collège d'échographie
foetale, s'est ainsi adressé aux juges : "On ne peut pas dire que la mort
d'un foetus n'est rien ! Un homme qui blesse une femme enceinte et provoque le
décès du futur bébé, on ne peut pas dire qu'il n'a rien fait. La jurisprudence
actuelle protège plutôt les médecins, c'est vrai, mais il faudrait aujourd'hui
établir un statut du foetus. Il y a un décalage entre l'évolution de la société
et de la médecine - car nous soignons désormais ces bébés à naître in utero
- et le droit".
Tout le monde se tourne alors
vers le législateur. C'est à lui que l'on demande de se prononcer ! Mais, à
l'évidence, il y a longtemps que la pratique impose déjà sa loi !.,.
Ne faut-il pas aussi se tourner vers les consciences ? Un
député, ancien Ministre, M. Jack Lang, a fait cette quasi-confidence au
journaliste venu l'interviewer "Avec d'autres, je me suis battu pour la
contraception et j'ai plaidé pour le droit à l'avortement. Je le referais si
c'était à refaire./
Mais, en même temps, dans
l'intimité de ma conscience - et cela n'engage que moi -, je ressens
l'interruption de la genèse de la vie humaine comme une mutilation ou une
souffrance."
Enfin ! Voilà quelqu'un qui
laisse parler sa conscience. Ne faudrait-il pas que le Parlement aussi écoute
cette voix des consciences avant de légiférer à l'échelon de l'Europe ? Cette
voix n'est-elle pas celle du Bon Sens et de la Sagesse ?
Et revient toujours la même
question cruciale : faut-il faire dépendre la nature du foetus d'un vote
majoritaire ? La vérité de ce que chacun d'entre nous a été dans le sein de sa
mère serait-elle brusquement livrée à une entente entre Députés, par ailleurs
soumis à toutes sortes de pressions !
Nous sommes bel et bien entrés
dans l'ère de la culture de mort !
+ Père Guy Bagnard,
Évêque de Belley Ars
Église des Pays de l Ain n°13 -
12.07.2002
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Le bateau, les hommes et la souris
Il y avait un océan grand, vaste et beau, tumultueux
parfois. Sur cet océan naviguait un vaisseau aux larges voiles couleur de
nuage. Les vagues étaient comme des jours et l'abîme de ces vagues était comme
des nuits. Sur le bateau vivaient de nombreux hommes, tous fiers et aimant Dieu,
la terre et les étoiles. Il y avait aussi une souris, si petite sur le bateau
que personne n'y prenait garde. Le bateau filait à bonne allure et sur l'horizon
se détachaient des chaînes de volcans en éruption.
La souris rongea un biscuit, mais les marins se dirent :
"un de plus, un de moins, bah ! Qu'importe !". Un jour elle rongea l'embase de
la corde qui amenait la grande voile et elle se cacha sitôt son forfait
accompli. Puis un autre jour de grand soleil où l'on faisait escale sur une île
sauvage, monsieur souris monta à bord et il rencontra madame et le navire reprit
la mer ; deux biscuits furent rongés et les petits de monsieur et madame souris
vinrent au monde par une après-midi de grand vent. D'autres cordages furent
rongés et tous les biscuits des marins furent mangés par toutes ces souris qui
avaient grand faim. Le capitaine décréta que l'on ferait la chasse aux souris
mais elles étaient déjà si nombreuses que le navire dût aborder sur l'île aux
volcans. Le pain ne dura pas longtemps, un gros volcan se réveilla fort en
colère et le bateau avec son équipage fut enseveli sous un torrent de lave.
Madame souris, seule, en réchappa et l'on dit qu'elle attend toujours un bateau.
Moralité : Avant d'être contraint à faire escale là où vous ne voulez pas,
chassez le mal à sa première apparition !
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Ce que j’aurais aimé exprimer au tribunal de Bourg, le 14 juin 1995 (extraits)
Des propositions positives
Pour rester
dans un esprit constructif, il est bon de proposer des moyens concrets pour
remédier aux situations de détresse
- et d’abord
faciliter l’adoption ;
- que la loi
souligne davantage la responsabilité du père ; qu’elle lui forme un devoir
d’assumer les conséquences de ses actions. Dans cette loi, l’homme brille par
son absence. Le couple n’existe pas ! Nous sommes dans une société sans père !
La femme, le plus souvent, se débat seule, comme elle peut.
- que, par le jeu des
subventions, des organismes sociaux d’aide aux familles se
multiplient ;
- que les mères de famille
soient mieux reconnues dans leurs tâches familiales et leur mission
d’éducation ; qu’elles aient un salaire à l’égal de ceux qui exercent une
profession ;
- qu’il y ait
une véritable solidarité de la société avec les femmes en détresse. Rien n’est
inéluctable. Devant des situations apparemment sans issue, il reste encore des
chemins possibles, des voies à découvrir. L’inventivité humaine est admirable.
- Enfin – et c’est peut-être le
plus important – que la loi dise clairement ce qu’il en est de l’embryon. Oui ou
non, a-t-on affaire à un être humain ? Ce procès n’est pas seulement celui des
accusés, mais d’abord celui d’une législation, celui de l’Étai qui, jusqu’alors,
se refuse à donner un statut a l’embryon et Lui se prononcer sur son identité.
Dans l’ignorance de ce qu’est un embryon, il est logique qu’on puisse le traiter
n’importe comment et en faire n’importe quoi !
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+ Père Guy
BAGNARD Évêque de Belley Ars
MESSAGE PASCAL
COURONNE D'EPINES... COURONNE DE GLOIRE !
Par Mgr BAGNARD
Les journaux nous ont appris, dernièrement, une nouvelle assez
singulière un roi avait décidé, de lui-même, de déposer sa couronne ! La raison
avancée était encore plus singulière que le geste : le roi estimait ne pas
pouvoir donner sa voix à une loi qui contredisait gravement sa conscience. Dans
une lettre au Premier Ministre, il avait écrit : "Serait-il normal que je
sois le seul citoyen belge à être forcé d'agir contre ma conscience dans un
domaine essentiel ?". Il recourait donc à la constitution de son pays pour
pouvoir légalement ne pas voter la loi ! Et ainsi, il devenait, pour un temps,
un roi découronné... avec un risque cependant : celui de se déconsidérer aux
yeux de tous, puisque la constitution ne prévoit que trois cas où une telle
procédure devient légitime : il faut que le roi soit fou, malade ou prisonnier.
Comme il n'était ni prisonnier, ni atteint par la maladie, il s'exposait à ce
qu'on tire la conclusion.
Aujourd'hui, l'appel à la conscience semble produire dans notre société le même
effet qu'un grain de sable qui se serait introduit dans des rouages délicats et
complexes. Sa présence, tel un virus dans un ordinateur, finit par dérégler tout
le système. C'est si vrai que certaines fonctions, affirme-t-on, ne devraient
plus être autorisées à recourir à la clause de conscience. On ne saurait dire
plus clairement que certaines tâches ne seront plus désormais assumées que par
des "hommes-sans-conscience". Quand je me trouvais en 1960, sur le territoire
algérien en pleine guerre, j'ai entendu développer ces raisonnements en des
circonstances ô combien difficiles !
L'appel à la conscience jette habituellement dans un profond embarras. Celui qui
invoque ce sanctuaire le plus sacré et le plus noble de l'homme jette le trouble
autour de lui. Il dérange par le simple fait qu'il déclare "avoir une
conscience" ! Car il renvoie ainsi brutalement chacun à la sienne ! Il n'y a pas
de situation plus périlleuse que celle-là : attirer les regards sur soi alors
que l'on voudrait au contraire les tourner vers un au-delà de soi-même !
Reconnaître que l'on a une conscience n'est-ce pas avouer, en effet, que l'on
est habité par plus grand que soi ! La vérité existe ! Elle ne peut être
arrangée selon nos goûts, à moins d'avoir introduit un virus, le virus
"endormeur de conscience". Il n'y a pas pire gêneur que celui
qui dérange un dormeur !
Il n'est pas
difficile de relier cette actualité brûlante aux fêtes pascales ; les
communautés chrétiennes célèbrent, en ces jours, la résurrection du Christ,
Celui qui fut, à un degré indépassable, "le gêneur" : un gêneur pacifique,
innocent, qui refuse jusqu'au bout de se défendre mais qui laisse tomber de sa
bouche des paroles auxquelles l'humanité viendra ou se nourrir - ou se heurter
-jusqu'à la fin des temps.
Qu'on se souvienne de ce
dialogue étonnant entre le Christ et son jugé
- "Alors tu es roi ?"
- "C'est toi
qui dis que je suis roi. Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre
témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix !"
- Pilate lui dit : "Qu'est-ce
que la vérité ?".
Le juge perd
pied. Il est littéralement dépassé par ce condamné qui est là devant lui, les
mains nues. Le prisonnier est roi ; mais c'est d'un royaume où règne la Vérité.
C'est pourquoi, le juge est invité, avec une impressionnante sérénité, à se
laisser mesurer par la vérité. Le Christ est un prodigieux éveilleur de
conscience. Il tourne vers ce centre essentiel les regards de tous ses
interlocuteurs. Il met chaque homme en devoir de rentrer en lui-même et de se
laisser regarder par "le Père" qui voit dans le secret, Lui qui est source de
Vérité !
Le Père a couronné de gloire Celui que les hommes avaient couronné d'épines.
D'une certaine façon, Pâques nous fait célébrer la victoire d'une Conscience qui
se livre jusqu'au bout à la vérité et qui voudrait entraîner toute l'humanité
dans son sillage, parce qu'il est lui-même la Vérité ! C'est le triomphe de la
vie sur la mort dans la clarté et la fidélité sans compromission à la Personne
du Christ.
Dans cette lumière de Pâques, on peut s'interroger : la vérité est-elle
simplement dans un bulletin de vote ? Est-elle affaire de majorité, une question
de coutume .? Est-elle le fruit du seul consensus social ? Il y a deux mille
cinq cents ans, Platon recueillait déjà cette opinion des lèvres de Protagoras,
son interlocuteur !
L'acte par lequel un enfant est
supprimé dans le sein de sa mère devient-il moral parce qu'il s'harmonise avec
le point de vue majoritaire ? On voit bien le glissement qui s'opère. Dans un
premier temps, le "légal" se détache du "moral' pour se constituer en domaine
indépendant; puis, dans un deuxième temps, le légal devient purement et
simplement moral ! Ce qui est "légal" devient"légalement moral" ! Mais au cours
de ce glissement, quelque chose de capital se produit : la conscience
personnelle s'est évanouie ! Agir et se comporter comme la Majorité tend alors à
devenir la ligne de conduite de chacun. Dans ce climat, il est extrêmement
courageux de sortir du rang !
Le Père Bro, célèbre prédicateur de Notre-Dame de Paris, rapporte le fait
historique suivant Il écrit : ( "Le génial compositeur que fut Beethoven a dû
s'interroger sur le mystère de sa naissance. On connaît la question
- "Dans le cas d'une famille dont le Père est syphilitique, dont le premier
enfant est aveugle second unijambiste~ troisième tuberculeux, le quatrième
diminué mental. Un cinquième s'annonce, faut-il le supprimer ?
- Sans aucun doute, répond le
généticien.
- Alors, vous auriez supprimé
Ludwig van Beethoven" ).
Avoir foi en l'avenir.
Accueillir l'enfant parce que c'est un être humain ! Le Seigneur nous dit :
"Tu ne tueras pas !.
J'aime ce témoignage d'une mère de famille, membre de l'ACGF. Il a été publié
dans Le Journal du Mouvement, il y a quelque temps.
"J'ai quarante-cinq ans et à nouveau, je vais avoir un bébé. Certains me
disent : "Il faut avorter, c'est trop tard pour avoir un enfant". On me donne
des soi-disant conseils ? Mais je sais déjà ce que je ferai. Cet enfant, c'est
le mien, c'est une vie. Je n'ai pas le droit de vie ou de mort. Je le garderai.
Les gens penseront ce qu'ils voudront, je m'en fichue Les enfants sont heureux
d'avoir à nouveau un petit frère ou une petite soeur. Les plus grands font tout
ce qu'ils peuvent pour m'aider. Ma grossesse se passe très bien.
Tout va
bien. Et quand la sage-femme me dit: "C'est un garçon", je lui réplique
aussitôt:
- "Dites-moi, Madame, est-il
normal ?".
- "Rien de plus normal, il
mesure 54 centimètres et pèse 4,540 kg. C'est le plus beau bébé de la journée".
Elle me regarda surpris
- "Pourquoi me posez-vous
cette question ?"
- "On m'a dit que je risquais
d'avoir un trisomique à cause de mon âge".
- "C'est un très beau bébé,
Madame On lui donnerait un mois". Quel dynamisme et quelle foi en l'avenir !
Et quelle joie pour l'enfant à qui on a permis de naître. N'est-ce pas le tout
premier de ses droits ? On sent passer ici le souffle de Pâques. Mais il restera
toujours vrai que pour dire oui à la vie, il faut faire un choix décisif dans
une conscience éclairée par le Bien ! Il faut alors refuser toutes sortes de
sollicitations, refuser de prêter sa voix à toutes sortes de chansons ! D'une
certaine manière, il faut courir le risque de porter une couronne d'épines !
Nous savons que, sur cette route, nous avons été précédés par Quelqu'un !
En définitive, la
couronne de gloire est toujours précédée d'une couronne d'épines ! Le oui à la
vie passe par le non à la mort ! Tant pis s'il faut, pour cela, qu'un roi se
découronne ! Notre Roi n'a-t-il pas connu la croix avant de baigner dans la
lumière de la résurrection ?
+ Père Guy
BAGNARD Évêque de Belley Ars
Église des Pays de l Ain n°8 - 13.4 .1990
Retour
Monseigneur Eric Aumonier, Évêque de Versailles
Discernement moral et action
politique
Les débuts de congés de l'été
sont propices aux annonces pénibles, et nous y avons eu droit comme chaque
année! Je n'évoque pas les régulières augmentations des timbres poste ou de
l'essence, qui ne nous traumatisent plus beaucoup, mais l'application des lois
autorisant l'avortement quasiment à domicile, par un décret qui ne traumatise
pas davantage, semble-t-il, la population de notre pays. La présentation de la
décision par les média nationaux a été effrayante de neutralité: n'ont été
évoqués que les avantages matériels, et les économies budgétaires qu'une telle
décision est censée comporter. Personne ne s'interroge pour se demander pourquoi
le nombre des avortements n'a pas diminué depuis que la loi dépénalisant
l'avortement a été votée. Ni pourquoi les seuls avertissements "techniques"
(usage des préservatifs) pour éviter l'attente d'enfant ne sont pas aussi
"efficaces" que leurs promoteurs l'imaginaient... Il est tacitement admis par
certains, clairement dit par d'autres, que les premières victimes de l'IVG
(puisque l'abréviation, l'euphémisme IVG couvre la honte) ne seraient pas des
enfants mais des "masses moléculaires" non identifiées. Dans ce contexte, dire
ou penser qu'ils ont été tués apparaît inconvenant et on dira qu'ils ont été
"supprimés". Comble de l'hypocrisie, il revient à la "santé" de rembourser un
acte considéré dans les faits comme l'équivalent d'une maladie: attendre un
enfant dans des conditions non désirées ou non prévues. Une société qui banalise
et présente comme un acte neutre ce qu'elle présentait hier comme, un moindre
mal, mais tout de même comme un mal, une telle société est en survie
artificielle. Elle ne veut plus vivre mais profiter. Elle se demande qui paiera
demain les retraites des anciens, mais comment prépare-t-elle l'avenir?
Les chrétiens ne gémissent pas
mais font appel à la conscience éclairée. S'ils voient la perversité de certains
systèmes -Le Pape et les évêques l'ont montré pour leur part maintes fois -, ils
cherchent de toutes leurs forces, avec beaucoup d'inventivité et de présence
gratuite, à agir. Je pense à tout ce qui est fait pour soutenir les familles et
les femmes en désarroi, pour aider à l'accueil de l'enfant, ou, si l'avortement
a eu lieu, à l'accompagnement des mamans la plupart du temps laissées seules. Le
Service de pastorale familiale publiera dans les mois qui viennent la liste des
associations qui travaillent en ce sens, et qui méritent d'être connues et
soutenues. Mais il y a aussi le travail en amont, que rien ne remplace:
l'éducation des jeunes et des adultes. Il s'agit, non pas de "débattre" pour
débattre, mais de réfléchir et d'aider à réfléchir sur ce qu'est l'homme, une
authentique liberté humaine, la société. Des repères solides existent. Ils nous
ont été redonnés, notamment dans l’Évangile de la vie (Jean Paul II, 25
Mars 1995). La catéchèse, des formations sont offertes, sans doute pas assez
nombreuses ou pas assez connues. C'est un gros travail, mais les fourmis aussi
savent travailler, surtout quand elles ont la foi et l'espérance!
+ Eric Aumonier
Évêque de Versailles pour les Yvelines
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Cardinal Philippe Barbarin, Archevêque de Lyon
Entretien pour KTO
Le cardinal
Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, a bien voulu répondre à nos questions sur
la réalité de l'avortement en France et l'éclairage évangélique qu'il convient
d'offrir à une société blessée.
Monsieur le
Cardinal, quel bilan faites-vous des trente ans de la loi Veil ?
Les
statistiques montrent que le nombre d’avortements augmente, il y en a plus
de 200 000 par an en France. Cet acte, qu’on voulait ne pas punir dans
certaines circonstances, a été rapidement considéré comme laissé au libre choix
de chacun. On en est venu non seulement à permettre, mais à recommander
l’avortement, si l’on décelait le risque d’un possible handicap chez l’enfant à
naître… Beaucoup estiment aujourd’hui que c’est un droit auquel il ne faut
porter atteinte sous aucun prétexte. J’ai même lu un texte d’un responsable
politique, le regardant comme un « droit fondamental » de notre pays. Quelle
dérive ! Le prologue de la loi de 1975 rappelle pourtant l’article 16 du Code
civil, qui affirme que « la loi garantit le respect de l’être humain dès le
commencement de sa vie ». Depuis trente ans, j’ai l’impression qu’on ne fait que
des exceptions à ce principe majeur de vie sociale.
Quel regard
pastoral vous inspire la réalité de l'avortement ?
Tout le monde
ferme les yeux sur les souffrances qui s’ensuivent : « Le syndrome post
avortement » pour tant de femmes, qui peut aller chez certaines d’entre elles,
jusqu’à leur hospitalisation dans des établissements psychiatriques. Et les
difficultés familiales aux formes multiples. Que de culpabilité enfouie chez des
pères ayant refusé leur paternité, par peur ou par lâcheté, chez des médecins et
des personnels soignants qui voudraient ne plus continuer à pratiquer d’I.V.G.,
et qui sentent en eux comme une déchirure qui s’aggrave ! Pourquoi ne pas redire
les choses simples de la vie et de la foi ? Nous avons toujours entendu les
mamans dire : « Mon bébé commence à bouger » ou : « Quand j’attendais mon
deuxième… ». Vatican II nous enseigne à quel point il s’agit d’un acte grave et
dramatique. Tout le monde s’accorde pour dire cette évidence que tant qu’il y
aura des guerres le monde ne sera pas en paix , Mère Teresa complétait : « Tant
qu’il y aura l’avortement, le monde ne sera pas en paix.»
Mais alors,
comment réagir aujourd'hui ?
Il faut
reprendre la parole, sinon le silence nous étouffera. L’enfant de Noël n’est-il
pas la Miséricorde qui est venue visiter les ténèbres de nos souffrances ?
Demandons-lui la grâce d’une guérison intérieure profonde, complète. Le pardon
de Dieu est offert à tous, il est plus fort que tous nos péchés et toutes nos
souffrances. Il suffit de le demander, d’appeler les choses par leur nom.
Combien de fois, j’ai parlé avec une femme qui avait traversé cette épreuve ! La
conversation commençait souvent par des larmes. Il fallait écouter longuement
pour que ce cœur dise son désir d’aimer, pour que s’exprime à nouveau toute la
dignité d’une féminité blessée. Puis je parlais de l’enfant, vivant auprès de
Dieu, de son regard d’amour sur sa mère, sur son père. Cet enfant voit
maintenant tout dans la lumière de Dieu, il désire que ses frères et sœurs
n’aient pas à souffrir de sa triste histoire terrestre, et que tous avancent
librement, dans les meilleures conditions, sur les chemins de la vie.
Dans le
documentaire de Marie Mitterrand « Avortement ou accueil de la vie », vous
déclarez que l'Église n'a pas été assez présente au moment de la discussion de
la loi Veil et qu'il faudrait demander pardon pour cela.
Je ne suis
pas le seul à penser cela. J'en ai parlé à d'autres évêques qui partagent le
même avis. La question de l'avortement est trop grave pour que la moindre
équivoque soit possible sur la pensée de l'Église. Aujourd'hui, il nous faut
reprendre la parole, éclairer et libérer les consciences, secourir
autant qu’il sera possible les nombreuses personnes blessées par ce drame.
Des propos recueillis par Gérard Leclerc
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Naissance
Marie dès
qu’elle a compris l’incroyable événement qui venait de se passer en elle, a
entonné un cantique d’action de grâce : Magnificat. Mon esprit exulte en Dieu
mon sauveur.
J’aime
écouter aussi Zacharie qui ne cache pas sa joie devant Jean-Baptiste, l’enfant
qu’on n’attendait plus. Quand il retrouve l’usage de la parole, le papa exulte
devant son petit bonhomme : Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël(…) Et
toi, petit enfant, tu marcheras devant, à la face du Seigneur, pour annoncer à
son peuple le salut, par la rémission des péchés.
A chaque fois
qu’un faire-part de naissance m’arrive, je le reçois comme un rayon de Noël, et
j’entends monter en moi le chant de la naissance. Mais tout cela reste discret,
pour ne pas risquer de blesser ceux qui n’arrivent pas à trouver la joie de
Noël.
Je pense aux
couples qui se réunissent pour prier et partager leur peine, car ils attendent
depuis des années d’avoir un enfant…qui n’est toujours pas là. Leur souffrance
m’a décidé à célébrer la messe pour eux chaque semaine, le jeudi.
L’an dernier,
j’ai passé l’après-midi de Noël dans un bidonville de Lyon, et au milieu de
centaines de Roumains et de Yougoslaves que nous ne savions pas comment
accueillir parmi nous, je me rappelais la phrase de l’Évangile : il n’y avait
pas de place pour eux dans la salle commune.
Souvent je me
suis demandé pourquoi on fêtait tant de martyres après Noël, pourquoi cette
couronne rouge, mêlée à la lumière de la Nativité ? Saint Etienne, le premier
martyr, dès le lendemain, et les saints innocents, fêtés le 28 décembre, avec
leurs mamans qui ne « veulent pas être consolées » ? Autour de la
naissance du Christ, plane déjà l’ombre de la Croix. L’immense joie de sa venue
est vraiment faite pour la guérison de nos blessures. Et, cette année, je pense
à tous les enfants que ne sont pas nés, qu’on n’a pas laissé naître, l’une des
plus douloureuses plaies de notre société !
Il y a trente ans, une loi a dépénalisé l’avortement en France. Et les
statistiques montrent que le nombre des avortements augmentent, qu’il y en a
plus de 200 000 par ans. Rapidement, cet acte qu’on voulait ne pas punir dans
certaines circonstances, a été considéré comme un libre choix laissé aux
parents. On est venu non seulement à permettre, mais à recommander l’avortement,
si l’on décelait un risque d’un possible handicap chez l’enfant à
naître…Beaucoup estime aujourd’hui que c’est un droit auquel il ne faut porter
atteinte sous aucun prétexte. J’ai même lu un texte d’un responsable politique,
le regardant comme « un droit fondamental » dans notre pays. Quelle
dérive ! Et moi qui croyais que les droits fondamentaux, c’est la liberté, la
santé, la nourriture, l’instruction…
Dans le prologue de la loi de 1975, on trouve le texte de
l'article 16 du code civil,qui affirme que" la loi garantie le respect de l'être
humain dès le commencement de la vie". Depuis trente ans, j'ai l'impression que
l'on fait que des exceptions à ce principe majeur de la vie sociale.
Et tout le
monde ferme les yeux sur les souffrances qui s'en suivent : "le syndrome
post-avortement" pour tant de femmes, qui entraîne leur hospitalisation dans des
établissements psychiatriques. Qui se préoccupe de leur souffrance? Et le
syndrome du survivant, perceptible chez la soeur ou le frère, qui perturbe bien
des adolescents et des jeune.
Que de
culpabilité chez des pères ayant refusé leur paternité, par peur ou par lâcheté,
chez des médecins et des personnels soignants qui voudraient ne plus pratiquer
l'IVG, et sentent en eux comme une déchirure qui s'aggrave !
Pourquoi ne
pas redire les choses simples de la vie et de la foi ? Nous avons toujours
entendu les mamans dirent : mon bébé commence à bouger ou quand
j'attendais mon deuxième... Dans le Concile Vatican II, l'Église enseigne à
quel point il s'agit d'un acte grave et dramatique. Nous nous souvenons de la
forte déclaration de Mère Teresa, lorsqu'elle a reçu le prix Nobel de la Paix :
Tant qu'il y aura l'avortement, le monde ne sera pas en paix.
Il fut
reprendre la parole en ce domaine, sinon le silence nous étouffera. L'enfant
dont nous fêtons la naissante n'est-il pas la Miséricorde qui vient visiter les
ténèbres de nos souffrances. Il suffit de le demander, d'appeler les choses par
leur nom. Qui ne comprend pas les peurs qui s'emparent de nous, le refus d'une
grossesse inattendue, les pressions auxquelles on n'a pas pu, on n'a pas su
résister ?
Souvent
j'ai pensé aux enfants qu'on n'a pas laissé naître, mais que personne ne peut
empêcher d'entrer dans le Royaume des Cieux. Ils voient tout avec le regard de
personne, ils comprennent leur maman, la détresse dans laquelle elle s'est
trouvée. Ils souhaitent son bonheur retrouvé de femme, d'épouse, de mère...
Combien de
fois j'ai parlé avec une femme qui avait traversée cette épreuve ! La
conversation commençait souvent par des larmes. J'avis l'impression qu'il
fallait écouter longuement pour que ce coeur dise son désir d'aimer, pour que
s'exprime à nouveau toute la dignité d'une féminité blessée. Puis je parlais de
l'enfant, vivant auprès de Dieu, de son regard d'amour sur sa mère, sur son
père, son désir que ses frères et soeurs n'aient plus à souffrir de sa triste
histoire terrestre, qu'il voit maintenant dans la lumière de Dieu, afin que tous
avancent librement, dans les meilleures conditions, sur les chemins de la vie.
Je
remercie tous ceux qui, dans notre diocèse ou ailleurs, agissent pour que toute
femme en difficulté trouve une écoute, un accueil pour le bébé qu'elle voudrait
mais ne sait pas comment le garder.
Une
nouvelle fois, nous voici devant la crèche, contemplant Joseph, la Mère et l'Enfant-Dieu
venu pour nous sauver, et que Bethléem n'a pas su accueillir. En priant pour
notre monde, nous pourrions reprendre les mots que Jean-Paul II écrivait il y a
dix ans, à la fin de l'encyclique sur la valeur et l'inviolabilité de la vie
humaine : Ô Marie, aurore d'un monde nouveau, Mère des vivants, nous te
confions la cause de la vie : regarde, Ô mère, le nombre immense des enfants
qu'on empêche de naître, des pauvres pour qui la vie est rendue difficile. Fais
que ceux qui croient en Ton fils sachent annoncer aux hommes de notre
temps l'Évangile de la vie.
Cardinal
Philippe Barbarin
Monseigneur François Garnier, Archevêque de
Cambrai
« Sexualité, sida, cohabitation, contraception, avortement… », impossible de
vous rencontrer sans que vous abordiez toutes ces questions. Je suis heureux que
vous n’ayez pas peur d’en parler avec votre évêque. Je souhaite aussi que vous
puissiez le faire avec vos parents, vos éducateurs, ainsi qu’avec des couples
qui vous donnent de voir leur bonheur de vivre et d’aimer, quelles que soient
leurs épreuves.
Je n’éviterai pas vos questions. Promis. Mais avant d’y répondre, laissez-moi
faire un premier détour : donnez-moi la joie de vous « dessiner Dieu » ! Le Dieu
que j’aime ! Celui que me révèle le Christ ! Tellement différent de tous les
autres !
Notre Dieu ? Il est
comme un fiancé passionné !
Je ne l’invente pas ! C’est la Bible qui le dit ! Avec les mots merveilleux d’un
poème de braise. Lisez le « Cantique des Cantiques ». Doucement.
Respectueusement. En le lisant du dedans, avec le cœur. Il ne fait qu’une
dizaine de pages. Pourquoi s’en priver ? Vous n’y trouverez pas le mot « Dieu »,
mais l’histoire de l’amour fou entre un fiancé et une fiancée qui se cherchent,
se trouvent et ne veulent plus se quitter :
« – la fiancée :
Sur ma couche, la nuit, j’ai cherché ton visage.
J’ai cherché : je ne l’ai pas trouvé.
Je me suis levée ; j’ai parcouru la ville.
Dans les rues, sur les places,
j’ai cherché celui que mon cœur aime…
j’ai rencontré les gardes de la ville et leur ai demandé :
"Avez-vous vu celui que mon cœur aime ?"
A peine les avais-je dépassés, je l'ai trouvé.
Je l'ai saisi, je ne le lâcherai plus… »
(Ct 3,
1-4)
« –
le fiancé :
Tu es belle, ma bien
aimée. Que tu es belle !
Tes yeux sont comme des
colombes derrière ton voile…
Tes lèvres sont comme un
ruban écarlate…
Tes joues comme des
moitiés de grenades… »
(Ct 4, 1 et 3)
J’aime notre Dieu qui s’appuie sur l’expérience de l’amour humain pour nous dire
combien Il nous aime. Avec pudeur, mais avec passion ! J’aime qu’Il nous dise à
quel point il aime le bonheur que donne l’amour partagé. Et j’aime bien qu’Il se
dessine comme un fiancé qui cherche passionnément chacun d’entre nous, pour le
trouver et ne plus le quitter.
Allons plus loin : Dieu est aussi comme un
père et comme une mère
L’un des plus beaux tableaux qui existe représentant Dieu le Père a été peint
par Rembrandt
(1606-1669).
C’est le père de cet enfant prodigue qui a gâché sa vie et son argent dans la « débauche
avec des femmes ».
(Lc 15, 11-24)
Rembrandt peint le père au moment où son enfant revient. Son fils est en
guenilles, il a la nuque rasée comme un bagnard. Il a les pieds nus. Il est à
genoux, il appuie sa tête contre le ventre de son père.
Le père est là debout. Ses yeux sont épuisés d’avoir pleuré. Il pose ses deux
mains sur les épaules de son fils. Sa main droite est longue, effilée et douce,
c’est une main de femme ; sa main gauche est forte, carrée et trapue, c’est une
main d’homme. Rembrandt nous dessine un Dieu qui est à la fois père et mère, un
Dieu qui est même un peu plus mère que père.
En effet, lorsque Rembrandt peint ce tableau, il habite dans le quartier juif
d’une ville de Hollande. Il est chrétien mais il connaît bien les coutumes
juives : il sait qu’un bon juif, le matin, lave d’abord sa main droite et
ensuite seulement sa main gauche. Car la main droite est celle de la miséricorde
et la gauche celle de l’exigence. Il faut toujours que la miséricorde passe
avant l’exigence. J’aime qu’on représente notre Dieu comme cela… exigeant sans
doute, mais toujours plein de miséricorde comme savent l’être ceux et celles qui
nous aiment vraiment. Exigeant, tant il attend de nous que nous aimions mieux !
Il faut bien qu’il le soit : nous sommes tellement fragiles ; quand nous le
sommes, il ne souhaite qu’une chose : nous pardonner ! Il nous accueille malgré
nos défaillances, nos maladresses ; il attend notre retour et l’aveu humble de
notre péché si nous avons abîmé l’amour. Il espère que nous apprenions de Lui à
aimer en vérité, sans gâcher cette formidable capacité d'aimer qu'il nous a
donnée.
Allons encore plus loin :
« Tel Père, tel Fils »
Je peux vous dire en un seul exemple pourquoi j’aime le Christ :
Un jour, il est le seul à défendre la femme surprise en état d’adultère que tous
ceux qui sont là, avec leur bonne conscience, veulent lapider
(Jn 8, 3-11) ;
et un autre jour, il dit : « Un
homme qui regarde une femme avec envie est déjà adultère en son cœur ».
(Lc 5, 28)
Eh bien, ce Christ mérite d’être contemplé : il est bien le Fils de son Père.
Lui aussi a la main douce et féminine qui refuse de saisir la pierre qui
blessera cette femme pécheresse. Mais il a aussi la main ferme et masculine qui
la relève… avec une parole exigeante : « Va
et ne pèche plus ».
(Jn 8, 11)
En Jésus, comme en son Père, nous contemplons la miséricorde sans limite, mais
aussi l’exigence la plus grande. En Lui, jamais l’exigence ne se dégrade en
dureté et jamais la miséricorde ne se dégrade en lâcheté. Il accomplit
l’exigence en demeurant dans la miséricorde et inversement. J’aime ce Christ qui
déteste le péché, qui le déniche partout où il se cache et le combat, mais qui
est le seul à aimer encore et toujours les pécheurs, à aimer encore et toujours
le dernier des derniers des pécheurs. Il est le seul à nous croire capables de
nous relever et de réapprendre à aimer.
Rappelez-vous de cela le jour où vous aurez abîmé quelque chose de votre cœur,
quelque chose de votre vie ; le jour où vous aurez abîmé quelque chose de la
relation avec l’autre ; ce jour-là, rappelez-vous que vous pourrez toujours
revenir vers le Seigneur et lui dire « Seigneur,
je ne suis pas digne, mais dis seulement une parole et je serai guéri… »
Et l’Esprit Saint dans
tout cela ?
Souvenez-vous de votre Confirmation ! Si vous ne l’aviez pas encore faite,
sachez d’ailleurs qu’il n’est jamais trop tard pour la célébrer ! Elle nous
rappelle en effet que, depuis le matin de la Pentecôte
(Ac 2, 1-12),
l’Esprit Saint est Celui qui donne du souffle à l’Église. Il est Celui qui fait
de nous des « chrétiens gonflés » ! Vous savez qu’Il anime et sanctifie l’Église
et que sans Lui, il y a longtemps qu’elle aurait disparu comme une secte de
passage ! Il réveille l’Église quand elle s’endort ; Il lui redonne courage
quand elle en perd ; Il lui donne les saints et les saintes
(le plus souvent des
baptisés tout simples)
pour la réorienter vers le Christ. Il est « feu » et « vent ». On ne le trouve
pas dans les petites vies tièdes couleur de cendre, mais dans les vies ardentes
qui cherchent à aimer vrai, à aimer juste, à aimer toujours et quand même. « Il
vous mènera à la vérité tout entière », annonce Jésus.
(Jn 16, 13).
« Il vient au
secours de notre faiblesse ».
(Rm 8, 26).
« Laissez-vous
conduire par Lui », « Il vous affermira puissamment », ajoute Paul
(Rm 8, 26 – Ga 5,
16 – Ep 3, 16)… là
où Il est, il y a « de
la joie, de la paix, … de la confiance et de la maîtrise de soi… »
(Ga 5, 22-23).
Sa mission majeure est de tout recentrer sur le Christ. De tout fonder sur la
Foi. Y compris ce qu’on appelle la morale, cet effort que fait l’intelligence
pour réfléchir comment mieux vivre entre nous chaque jour. J’en appelle à votre
expérience de jeunes qui – non sans épreuves – découvrez ce qu’est l’amitié.
Vous savez bien que tout change lorsque vous aimez et que vous êtes aimés. Si
j’aime et si je suis aimé, je ne peux plus vivre n’importe quoi, avec n’importe
qui, n’importe comment et n’importe où. Sinon, je vais abîmer quelqu’un, le
faire souffrir, lui faire du mal. Eh bien, l’Esprit qui nous révèle à quel point
le Christ nous aime nous provoque à ne pas faire n’importe quoi de notre
puissance d’amour. Il nous invite à laisser le Christ renouveler, ressusciter
notre façon, souvent maladroite, d’aimer. Il vit dans son Église pour sanctifier
ce qu’elle dit, quand elle propose à tous et à chacun des repères pour vivre en
vérité l’Amour, celui que nous recevons et celui que nous donnons.
1)
Vive l’Église, quand elle ne craint pas de nous appeler à la sainteté
dans notre manière de vivre et d’aimer. Les baptisés n’ont qu’un seul Seigneur à
servir : c’est le Seigneur de la sainteté, le Christ, qui nous appelle à devenir
saints, comme Lui
(1 Pi 1, 15) !
Cela paraît un peu fou, et pourtant, chaque année, la fête de la Toussaint nous
rappelle que la sainteté est notre vocation commune. L’Église ne serait pas
fidèle à son Seigneur si elle ne la proposait à chacun. Au moins doué comme au
plus doué, au moins cultivé comme au plus diplômé, au plus handicapé comme à
celui qui a la chance d’une santé débordante. Oui, l’Église nous appelle à la
sainteté ; elle ne peut pas ne pas le faire ! Cela peut nous agacer, nous faire
réagir, nous faire dire « pas d'accord », nous faire penser : « elle devrait
s'adapter »…
Elle ne rabaissera pas la sainteté de l'amour pour
faire plaisir au monde, aux modes, aux médias ou aux sondages ! On voudrait
souvent qu'elle tienne le langage qui plaît aux majorités d’opinion : pourquoi
pas si c’est ce que veut le Christ ? Sûrement pas si ce n’est pas cela.
J’aime cette Église qui a de l’ambition pour nous.
J'aime cette Église qui nous dérange. J'aime cette Église qui ne manque pas
d’audace et ne se lasse pas de nous appeler à la sainteté plus grande dans nos
façons d’aimer. Nous avons aimé pour cela le Pape Jean-Paul II : il a toujours
eu le courage d'appeler les jeunes et les moins jeunes à lutter contre toutes
les contrefaçons de l'amour, contre tous les massacres quotidiens de l’amour !
2)
Mais vive aussi l’Église quand elle reconnaît que chacun peut être
confronté à des choix personnels qui sont souvent difficiles. Chaque fois que
j’ai une décision à prendre, je me trouve dans une situation tout à fait
singulière. Bien sûr, il y a la sainteté à laquelle je suis appelé, mais il y a
cette situation très difficile et unique dans laquelle je suis…
Je vous donne un exemple.
J’ai reçu un jour un couple. Je les avais préparés au mariage. Ils étaient
vraiment attachés au Christ. « Nous
attendons un bébé, mais toutes les analyses médicales nous font pressentir qu’il
sera gravement handicapé. Aide-nous à réfléchir… ». Je me suis vite rendu
compte que l’un des deux souhaitait l’avortement et que l’autre ne le voulait
pas. Dans cette situation singulière, ils avaient – à deux – à faire un choix,
et un choix difficile. Ils savaient ma prière : « Mon Dieu, pourvu qu’ils
soient capables d’accueillir la vie de cet enfant même si elle est handicapée.
Pourvu qu’ils trouvent en Toi le courage d’accueillir cette vie… ». Je devais
éclairer leur conscience. Je devais les appeler à trouver dans leur foi la force
de respecter toute vie. Je devais leur proposer une voie de sainteté dont la foi
nous dit que Dieu nous rend capables ; mais je ne pouvais pas prendre la
décision à leur place : ils étaient devant leur conscience et moi devant mon
impuissance, l’impuissance que choisit d’avoir Jésus : vous savez bien qu'il ne
choisit jamais à la place de celui ou ce celle qu'il rencontre : il propose, il
appelle… mais il laisse libre, même s’il en souffre, comme l'Église en souffre
avec lui.
3)
Alors, vive l’Église quand elle respecte notre conscience personnelle,
sans jamais renoncer à la rendre plus responsable. L’Église appellera toujours à
la sainteté. Elle ne renoncera pas à éclairer nos consciences dans toutes les
situations singulières qui seront les nôtres, mais elle se devra de respecter
nos choix personnels, même s’ils ne sont pas très saints, et même pas saints du
tout. Elle continuera de nous espérer, afin qu'avec la force du Christ, celle
que l'on trouve dans le cœur à cœur avec Lui et dans les sacrements de l'Église,
nos décisions deviennent plus dignes de Lui. C'est l'honneur de l'Église et de
respecter nos choix de conscience et de les questionner toujours et encore.
Qu'elle nous provoque à chercher toujours plus de vérité, de beauté et de bonté
dans nos décisions. Même si dans la culture majoritaire de nos sociétés, ces
décisions plus saintes apparaissent comme celles d'une minorité.
4)
Enfin, vive l'Église quand elle nous donne le pardon du Christ. A ce
point de notre parcours, il nous faut dire quelque chose sur le sacrement du
pardon. Chaque fois que je vois – à Lourdes ou ailleurs – un jeune s'approcher
d'un frère prêtre ou évêque
(lesquels eux aussi se
confessent) pour
recevoir le pardon du Christ, je suis heureux. Pourquoi ? Parce que je sais
qu'il découvre le sacrement qui transforme le coupable en pécheur. Or, cette
transformation est capitale. Notre monde « crève » d'avoir des hommes et des
femmes empêtrés dans leur culpabilité ou dans leur auto-justification. La
confession ouvre un tout autre chemin. Elle transforme l'humiliation du coupable
en l’humilité du pécheur. C'est un changement radical. Parce qu'il n'y a pas de
honte à être pécheur. Dieu aime tellement les pécheurs qu'il est venu parmi eux.
Dieu les aime tellement qu'avec la Croix de son Fils, il a porté tout le péché
du monde. Dieu les aime tellement que par la résurrection de son Fils, il a
ouvert définitivement une brèche dans la mort qui paraissait fatale.
Vous dites : « Je
ne vis pas bien la relation à mon corps, j'ai du mal avec mon affectivité. Je ne
vis pas bien la relation au corps de l'autre. J'ai du mal avec la pureté ».
Il n’y a pas de honte à demander pardon. Le faire, c’est découvrir que tout
péché est d’abord et avant tout un manque d’amour ; c’est découvrir aussi que
nos plus grands manques d’amour ne sont peut-être pas ceux qui nous humilient le
plus ! Le faire, c’est accepter d’être appelé à plus de liberté, à plus de
responsabilité dans sa manière d’aimer l’autre. Le faire, c’est accepter d’être
encore aimé. Demander pardon, c’est préférer son baptême à la misère, c’est
croire que notre Dieu ne se lasse pas de relever les pécheurs que nous sommes.
Demander pardon, c’est s’ouvrir à la joie d’entendre un prêtre nous dire de la
part de Dieu : « Je t’assure, ne désespère pas de toi. Il t’aime encore, il
a besoin de toi. Il te relève. Il te pardonne. Il te charge de mission. Avec
lui, tu peux encore et toujours aimer mieux ».
Nous avons fait deux détours importants : l'un pour « dessiner
notre Dieu » et l'autre pour « dessiner notre Église ». Maintenant,
sans oublier le début de cette lettre, nous pouvons aller plus loin et nous
donner quelques repères, afin qu'avec notre vie de tous les jours, nous disions
quelque chose de la Vérité et de la Beauté de l'Amour que Dieu nous confie.
Premier repère
→ AIMER SA VIE
Ce n'est pas si facile. Beaucoup de jeunes n'aiment pas assez leur vie. Ils
peuvent même ne plus l'aimer du tout. « Je
n'ai pas la beauté que j'aimerais avoir... je ne suis pas comme j'aimerais
être... je ne réussis pas comme j'aimerais réussir... pourquoi m'a t-il
(elle)
laissé tomber ?... on ne m'aime pas... » La forme tragique du désamour de sa
propre vie est le suicide. S'aimer humblement soi-même est peut-être la plus
grande grâce !
Car, dans la foi, j’apprends que ma vie vient de Dieu et qu'elle va vers Dieu.
Elle vient de plus loin que la rencontre amoureuse de mes parents. Elle va plus
loin que la mort. Elle peut être dramatiquement brève
(un accident, une maladie
grave...), elle
peut me sembler trop longue
(un handicap ou un mal qui
n'en finit pas) :
ce que je crois, c’est que Dieu me la confie pour le temps où, avec Lui, j'ai du
ciel à faire sur la terre ; Il me donne ma vie avant de me partager à jamais la
sienne dans ce mystérieux ciel de bonheur qu'Il veut pour chacun, chacune. Alors
je prie pour que tu aimes ta vie, quoi qu'il arrive, car c'est en aimant
humblement sa vie qu'on peut être aimé et aimer !
Deuxième repère
→ S'ÉMERVEILLER D'ÊTRE HOMMES
ET FEMMES
Notre Dieu ne crée pas le monde n'importe comment. Là encore, si nous relisons
le premier poème de la création dans la Bible
(Gn 1),
nous voyons qu'Il aime la différence et la complémentarité ! Il y a le ciel ET
la terre, le jour ET la nuit, la mer ET les continents, le soleil ET la lune, le
monde végétal ET le monde animal ! Et d'une façon toute particulière, il
s'applique à faire l'homme ET la femme... A eux deux, ils sont « à
son image et ressemblance ». Merveilleux ajout qui dit combien c'est le bel
amour de l'homme et de la femme qui dit le mieux à quoi ressemble son amour à
Lui.
A l'heure où l'homosexualité devient un fait de société, une façon comme une
autre d'aimer, notre Église garde le courage de dire deux non pour un oui :
– non à la condamnation moqueuse
et méprisante des personnes homosexuelles : elles peuvent d’ailleurs souffrir de
leur état de vie. Elles demeurent toutes aimées de Dieu et appelées à aimer
mieux ;
– mais non aussi à la
banalisation de l'homosexualité : cette voie ne peut pas être celle que nous
propose le Christ ;
– oui à l'amour responsable et
fidèle avec la personne différente de moi ; oui à l'altérité qui peut donner la
vie !
Troisième repère
→ AIMER SON CORPS AVEC JUSTESSE
On ne peut aimer qu'avec tout soi-même : et soi-même, c'est un corps, un esprit
et un cœur !
Tel qu'il est, notre corps est un don de Dieu. A aimer avec juste mesure. En
évitant deux excès contraires, mais très courants aujourd'hui.
Le premier, c'est le culte du corps et de sa beauté extérieure : le corps
devient comme une idole à laquelle il faut tout sacrifier. C'est le ressort
d'une quantité de publicités plus ou moins mensongères qui font rêver de devenir
l'Apollon ou la Vénus que nous rêvons d'être ! Or, dure dure est la réalité !
Le second est l'excès contraire : le mépris de son corps. On le néglige, on
l'instrumentalise sans pudeur, on le soigne mal ou pas du tout, on l'abîme dans
l'excès du tabac, des drogues ou de l'alcool, ou encore dans la vitesse folle
pour soi et pour les autres.
Il n'y a qu'une seule raison pour laquelle on puisse risquer sa vie et même la
perdre : c'est l'Amour du prochain, du prochain tel qu’il est. Du prochain qu’on
n’a pas choisi.
« Il
n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime »
(et même s'ils ne
nous aiment pas) (Jn 15, 13).
C'est le choix du Christ et, grâce à Lui, de nombreux saints et saintes, à tous
les âges de l'Église !
Quatrième repère
→ « TU NE FERAS PAS DE L'AUTRE TON OBJET »
Il y a des « interdits »
qui font vivre. Dont il vaut la peine de les garder à jamais dans sa mémoire. Je
vous en confie un seul que j'aime entre tous, même s'il n'est pas toujours
facile à vivre : il résume à lui seul tous les commandements de Dieu : « Tu
ne feras pas de l'autre ton objet », ni de Dieu, ni d'un homme ou d'une
femme, ni d'un enfant bien sûr. L'autre n'est pas un objet qu'on manipule à
loisir. Le corps d'un autre, ça ne s'essaie pas.
J'ai mieux appris cela d'un philosophe juif du XXème siècle, Martin
Buber : il a écrit sur la relation un tout petit livre superbe : « JE
et TU ». Lisez-le et je suis sûr que vous aimerez la philosophie ! L'autre
n'est pas un « CELA », une « CHOSE », un « OBJET » que l'on
pourrait manipuler à loisir, pour son seul plaisir, avant de le laisser tomber
après usage !
Cinquième repère
→
APPRIVOISER, CELA
DEMANDE DU TEMPS ET DES ÉTAPES
Rappelez-vous l'inoubliable dialogue entre le petit prince et le renard
1
– « Qu'est-ce
que signifie "apprivoiser" ? »
– C'est une chose
trop oubliée, dit le renard. Ça signifie "créer des liens"... On ne connaît que
les choses que l'on apprivoise. Les hommes n'ont plus le temps de rien
connaître... Il faut être patient... Mais chaque jour, tu pourras t'asseoir un
peu plus près... »
Apprivoiser demande du temps et des précautions : ce n'est pas capturer
violemment, brutalement. Apprivoiser demande des étapes : « Chaque
jour, tu pourras t'asseoir un peu plus près ».
Dans une relation affective, c'est à l'évidence bousculer les étapes que de la
réduire d'abord à la relation sexuelle et à son plus ou moins bon
fonctionnement. Je suis même sûr que c'est le chemin le plus sûr de son échec.
Les statistiques sont là :
« Les
divorcés sont plus nombreux dans les mariages qui ont été précédés de
cohabitation. On aurait dû assister en France à une chute spectaculaire des
divorces, puisque la plupart des couples mariés ont fait les essais de la
cohabitation, c'est le contraire qui s'est passé : la cohabitation s'accompagne
d'une montée des divorces »
Il faut le temps de l'apprivoisement respectueux, celui de ce qu'il serait
toujours bon d'appeler les fiançailles ; il y a tant d'autres langages à
partager, de projets à se confier avant le dialogue des corps. Il y a tant de
questions majeures à se poser : « Quel
sens donnerons-nous à notre vie ? C’est quoi, réussir sa vie ? Quelle terre
ferons-nous pour nos enfants ? Quels engagements prendrons-nous ? Quelle est
notre foi ? Où puiserons-nous l'amour et la force d'aimer ? ».
Il faut du temps à chacun pour dire à l'autre ce qui lui tient vraiment à cœur.
Même avec les mots les plus simples. Chacun sait alors qu'il est écouté et
respecté ! S'il est aimé plus pour ce qu'il est que pour son seul corps !
La sagesse populaire, décidément, n'est pas bête quand elle nous conseille de
toujours mettre les bœufs avant la charrue ! Et l'Église n'est pas en retard
lorsqu'elle propose un temps de vraies « fiançailles »
avant le mariage !
Sixième repère
→ DÉCOUVRIR LE SENS DU SACREMENT DE
MARIAGE
Comme tous les sacrements, il est un don que Dieu nous fait pour une mission à
réussir avec Lui. Dans le mariage, Dieu nous donne son Alliance. Il nous la
confie pour que nous en vivions et que nous la fassions réussir autour de nous
et en nous.
Il y a de quoi faire !
Quand on lit l'Ancien et le Nouveau Testaments, il est question de l'Alliance
presque à toutes les pages. Dieu nous en révèle la beauté petit à petit ; Il
nous dit son bonheur de l’offrir à son peuple. Et du coup, ses déceptions, ses
colères, son envie de tout casser quand son peuple l'abandonne. Mais aussi son
choix de lui pardonner « s'il
revient ». Mieux, son courage pour faire vers lui « le premier pas »
quand il ne revient pas. Et encore mieux, son bonheur de l'aimer jusqu'à mourir
pour lui s'il le faut, même s'il ne le mérite pas du tout. C’est à cette qualité
d’amour que l’on reconnaît celui du Christ. Ça n'est pas pour rien que nous
portons sur nous des croix : elles sont le signe de son Amour, de l'Amour le
plus gratuit, le plus définitif et le plus fou ! Il n'exige pas la réciprocité
pour continuer d'aimer ! Son amour est vraiment libre, fidèle, indissoluble et
fécond.
Le mariage-sacrement confie cette mission d'Alliance aux époux qui se le
donnent. Après l'avoir célébré, ils le nourriront par leur prière, leur vie en
Église et leur vie sacramentelle. En communiant au corps du Christ livré pour
eux dans l’Eucharistie, ils renouvelleront leur capacité à se donner et à
s’accueillir. En buvant à la coupe du sang versé pour la nouvelle alliance en
rémission des péchés, ils recevront la force de se pardonner l’un l’autre. Ils y
trouveront l’Amour à sa source. Ils pourront le puiser sans risque de le voir
s’épuiser.
Septième repère
→ DEVENIR PLUS RESPONSABLE DE SA
FÉCONDITÉ
Cette question est difficile. Je devine votre désaccord ! Et pourtant, ça vaut
la peine de réfléchir !
Toutes les méthodes contraceptives ne sont pas identiques. Les unes
(c’est le risque du stérilet et de la pilule du lendemain par exemple)
détruisent une vraie vie qui commence. Les autres
(la pilule ou le préservatif)
empêchent le commencement de la vie. Cela n’est pas la même chose et c’est
l’honneur de l’Église de le faire remarquer.
De nombreux couples choisissent les méthodes jugées les plus pratiques et les
plus sûres : on fait confiance à la technique ou à la chimie, sans trop se
préoccuper d’ailleurs de l’écologie interne de la femme.
Le choix que nous propose l’Église est infiniment plus respectueux de la femme.
Il demande plus de responsabilité ; l’Église vous invite à découvrir ce qu’on
appelle les méthodes naturelles de régulation des naissances. L’homme doit
s’adapter au rythme de sa femme qui n’est pas le même que le sien ; il apprend à
choisir avec elle, quand il le faut, ce que nous appelons la continence ; ce
n’est pas facile, mais c’est à coup sûr le plus grand signe de respect de
l’autre. Demandez-le à des couples mariés : ils vous le diront mieux que moi !
Et là encore, quoi que vous choisissiez, que vous le fassiez en couple ! Et
puis, gardez le goût d’avancer vers plus de vérité et de responsabilité dans vos
choix de conscience.
Enfin, huitième repère
→
RECEVOIR TOUTE VIE COMME UN DON DE
DIEU
Redisons-le : pour celui qui croit, la vie vient de plus loin que l'union
charnelle de ses parents. Pour celui qui croit, la vie va plus loin que la mort.
La vie vient plus de Dieu que de nos amours. Elle va plus vers Dieu que vers la
tombe. Voilà pourquoi toute vie est à protéger, qu'elle soit embryonnaire,
handicapée, gravement malade ou vieillie. Bien sûr, il faut renoncer à tout
acharnement thérapeutique, mais dans le même temps, respecter toute vie qui vit
encore et peut vivre, sans se donner jamais le droit de la supprimer.
C'est à cette lumière qu'il faut comprendre ce que l'Église nous dit sur
l'avortement, l'eugénisme et l'euthanasie.
Et sur le suicide aussi, pour les mêmes raisons, contrairement à ce que nous
entendons. Nous n'avons pas le droit de mettre un terme à notre vie. Je suis
effrayé par le nombre des suicides de jeunes en France. J'ai reçu
récemment la lettre d'une confirmée de quatorze ans qui me confie ceci : « Ma
meilleure amie a tenté de se suicider trois fois. Parce qu'un garçon a "bien
profité d'elle" et l'a "laissé tomber". Je suis allée rencontrer ce garçon et il
m'a dit : "Je n'en ai rien à faire !" ». Il y a des paroles qui tuent plus
sûrement que les balles…
Il est temps de terminer cette lettre.
Nous nous sommes donnés huit repères pour aimer mieux, aimer plus vrai, nous
préparer à aimer longtemps :
– aimer sa
vie,
–
s'émerveiller d'être homme et femme,
– aimer son
corps avec justesse,
– ne jamais
faire de l'autre son objet,
–
respecter le temps et les étapes de l'apprivoisement,
–
découvrir dès maintenant le sacrement du mariage comme un don pour une mission,
–
devenir
plus responsables de sa fécondité,
–
recevoir
et servir toute vie comme un don de Dieu.
Ce sont des « repères
pour vivre » parmi d'autres possibles !
Si
nous les choisissons, notre vie dira quelque chose de la beauté de l'amour de
Dieu ! Non pas avec des mots, mais avec nos gestes, nos actes, nos attitudes,
nos choix d'hommes et de femmes. Assez libérés par le Christ pour ne pas
craindre d'être différents, voire non conformes par rapport aux modes
majoritaires d'aujourd'hui. Notre foi trouve sa joie en Lui par des choix de vie
conformes à l'Évangile !
Oh ! Nous le faisons
humblement : « Pour
l'immense témoignage, nous avons si peu de dons »
1. Mais fermement : « Notre
existence même a charge de Te montrer» .1
Il me reste à vous confier trois convictions qui, vous allez le voir,
s'appellent l'une l'autre
2 :
1
~ Pas de relations sexuelles sans amour
C'est pour cela que l'Église dit non à l'utilisation systématique du préservatif
: elle manifeste une limite de la confiance en l'autre. Pourquoi ? Parce qu'elle
permet de séparer l'exercice de la sexualité de la réalité d'un véritable amour
partagé.
Mais il y a le drame du sida. Et toutes les maladies sexuellement
transmissibles.
Nous savons comment le virus du sida se transmet : surtout par l'usage de la
drogue et des pratiques sexuelles à risques. L'Église nous provoquera toujours à
respecter sans limite ceux et celles qui vivent ces situations, mais elle ne
renoncera jamais à nous appeler à vivre notre sexualité autrement, c'est-à-dire
sans risquer la moindre transmission du virus et sans avoir besoin d'utiliser
quelque préservatif que ce soit. Personne n'oubliera que l'Abbé Pierre s'est
fait siffler pour avoir osé dire à la télévision que la fidélité conjugale et la
continence étaient les meilleures parades contre le sida. Il a été courageux et
vrai.
Cependant, si quelqu'un se sait séropositif, il n'a pas le droit de donner la
mort. Autrement dit, s'il ne peut pas se passer d'avoir des relations sexuelles,
il se doit de préserver l'autre d'un risque de mort, c'est évident.
2 ~ Pas d'amour vrai sans
mariage
C'est pour cela que l'Église questionne la cohabitation. Même si nous savons
bien qu'elle peut être vécue de bien des manières, y compris de manière
respectueuse et responsable. Il reste que, sans mariage civil, de nombreuses
jeunes mères se retrouvent du jour au lendemain absolument seules et souvent
sans droits. Et puis, nous savons bien qu'une cohabitation plus ou moins
prolongée peut priver de nombreux jeunes d'une authentique liberté quand vient
l'heure du mariage civil ou religieux : ils ont vécu ensemble, ils ont acheté
ensemble, ils ont emprunté ensemble, et ils se retrouvent mariés sans l'avoir
vraiment choisi. Or, à l'heure de votre mariage, votre Église veut s'assurer que
vous êtes vraiment libres : « Je
te choisis comme époux – je te choisis comme épouse ». Il y va de la validité
du sacrement !
3 ~ Enfin, pas de mariage
sans famille
X
François GARNIER
Archevêque de Cambrai
Monseigneur André Fort,
Évêque d’Orléans
« EMBRYON, MON AMOUR»
Depuis que
s'est ouvert le passionnant et, pour moi, stupéfiant débat sur le clonage
reproductif humain, je ne cesse de méditer l'alternative élaborée par Claude
Bruraire, professeur de philosophie à la Sorbonne : « Ou bien nous croyons,
selon le vieux rêve de Prométhée que l'homme doit tout ce qu`il est à lui-même,
à ses conquêtes, à ses puissances, à ses choix historiques et personnels. Ou
bien nous pouvons comprendre et savoir que nous sommes, dès l'origine, en dette
de nous-mêmes, de notre être et de notre existence. Libres du don ou du refus,
nous démettre de nous-même serait à désespérer des chances de l'esprit ».
On ne peut
plus clairement tracer la ligne de partage entre ceux qui. croient au ciel et
ceux qui n'y croient pas, entre ceux pour qui tout est grâce et don de Dieu et
ceux pour qui tout est matière et énergie, soumises au loi du hasard et de la
nécessité.
Pas 325 voix
contre 21, l'Assemblée Nationale a adopté en première lecture, le 21, janvier
2002, un projet de loi bioéthique qui autorise l'expérimentation sur l'embryon
et entrouvre la voie au clonage. Ce vote a soulevé, parmi les chrétiens les plus
conscients des enjeux et des conséquences d'un tel projet, une vague de stupeur
et d'indignation.
Stupeur devant
l'inconscience ou la désinvolture de la grande majorité de 1-eux qui sont censés
avoir pour mission de protéger les biens les plus précieux de chacun des membres
d'une société authentiquement humaine : la vie et la dignité. Indignation devant
une nouvelle forme de massacre des innocents scientifiquement programmée et
justifiée.
Des voix
éminentes de biologistes et de philosophes, de médecins et de psychanalystes, de
théologiens et de juristes se sont élevées pour dénoncer cette aberration.
Jamais nos connaissances dont été aussi précises sur les tout débuts de la vie.
Nous savons désormais que chacun de nous a commencé d'exister en une unique et
merveilleuse cellule, riche de l'intégralité d'un patrimoine génétique unique et
irremplaçable. Cette première forme de notre être a quelque chose
d'extraordinaire- A partir d'elle, au gré des divisions cellulaires, les tissus
vont se différencier et se spécialiser, mais c'est avec elle qu'un nouvel être
est donné et que tout commence. Tout est donné et tout commence, mais dans une
impressionnante fragilité. En sa cellule initiale, l'embryon est à la fois si
extraordinaire et si prodigieusement différent de nous que la question qu'il
nous pose est d'une absolue radicalité : pour toi, suis-je quelqu'un ou quelque
chose. Parmi toutes les voix qui se sont élevées pour répondre à cette question,
il en est une dont la compétence scientifique et l'autorité morale m'ont plus
particulièrement impressionné. Cette voix m'a aussi conforté dans ma
protestation contre la dérive actuelle dans laquelle trop de scientifiques et de
responsables politiques nous entraînent.
Cette voix est
celle de Monsieur Jean-Marie Le Mené, Président de la fondation Jérôme Lejeune.
Dans un texte adressé aux candidats à la magistrature suprême, il écrit : «
haut-il s'excuser de savoir et de dire que l'embryon est membre de la famille
humaine? Et qu'à ce seul et unique titre, il a droit absolu au respect, au
dévouement et à la compassion de l'État qui n'a, en aucune façon, le droit de
disposer de lui. Les actes collectifs tendant au mépris ou au respect de
l'embryon sont, au sens strict, des actes de guerre ou de paix vis-à-vis de
l'humanité. Le geste à l'égard de l'embryon est donc le critère majeur en
politique. Embryon, mon amour, pour te défendre la campagne électorale sera
courte »
Embryon, mon
amour. La formule peut faire ricaner les cyniques. Pour ma part, puisqu'il
s'agit de la vie et de la dignité de l'homme, je la trouve magnifique. Instruit
par la Parole du Christ et I'enseignement de son Église, je n'ai jamais douté
que la grandeur et la dignité que l'homme tient de son Créateur ne peuvent être
accueillies et reconnues que dans un acte d'amour. « C'est à l'amour que vous
aurez les uns pour les autres que l'on vous reconnaîtra pour mes disciples » (Jn
13,35 1, « Ce que vous avez fait à ces petits qui sont mes frères, c'est à moi
que vous l'avez fait » (Mt 25, 4C). A l'écoute du Christ, nous ne cessons d'are
appelés à aimer et nous savons que chacune de nos vies, entre les mains de son
l'ère qui est notre Père (Jn 20, 17), ne pèsera que son poids d'amour.
A toutes les femmes qui, en apprenant qu'elles étaient enceintes, ont su dire «
Mon tout-petit, mon amour », je souhaite une belle et heureuse Fête des Mères.
+ André FORT Evêque d'Orléans
« FAMILLES, JE VOUS AIME »
Les candidats à la présidence de la République sont maintenant connus, ils sont
désormais en campagne. Voici donc venu le temps des programmes et des
promesses, des déclarations et des contestations, des sondages et de leurs
interprétations.
Au hit parade des thèmes les plus mobilisateurs pour les candidats et
pour les électeurs l'insécurité est constamment dans le peloton de tête, le plus
souvent en compagnie du chômage, de la santé et des retraites.
On ne peut que partager d'aussi légitimes préoccupations mais on reste perplexe
en observant que le thème de l'insécurité est rarement associé avec fermeté et
clarté au thème de la famille et à celui de l'éducation nationale.
Depuis quelques jours, les journalistes de la presse écrite et de la télévision
me réjouissent. Ils m'assurent que « la famille s'impose dans la campagne ». En
réponse aux interpellations que leur ont adressées I`Union Nationale des
Associations Familiales et la Confédération Nationale des Association Familiales
Catholiques, chacun des candidats s'applique, en effet, à présenter sa vision de
la famille et à préciser les propositions majeures qu'il entend défendre pour
faire évoluer le droit de la famille.
Dans le contexte culturel actuel, il nous faut bien reconnaître que la vision
catholique de la famille, telle qu'elle est présentée dans la Constitution
conciliaire sur l'Eglise dans le monde de ce temps (Graudium et spes) et
l`Exhortation apostolique consacrée par le Pape Jean-Paul Il à la Communauté
familiale (Familiaris consortio), apparaît, aux yeux de beaucoup, très estimable
mais trop exigeante pour être applicable.
Parole de croyant et de pasteur à ses frères et soeurs dans la foi,
l'exhortation de Jean-Paul II ne peut que provoquer des controverses et soulever
des critiques. Controverses d'autant plus passionnées et critiques d'autant plus
acerbes que la parole du Pape, lorsqu'il parle de l'amour et de la vie, est
violemment dénoncée comme une parole qui cherche à s'imposer.
Ce mauvais procès m'apparaît particulièrement révélateur de la qualité et de
l'impact de cette parole, car il est trop clair que le Pape n'a aucun moyen
d'imposer sa vision de la vie et de l'amour. Pourtant cette parole fait
autorité, même pour ceux qui la contestent et la rejettent, parce qu'elle est au
service d'une vérité qui, elle, ne peut que s'imposer à tous. Un des grands
penseurs de l'antiquité préchrétienne, Aristote, l'avait clairement perçu
lorsqu'il enseignait - «La vérité ne demande pas à être défendue, elle demande à
être servie. Ce qui fait la force de la vérité ce n'est pas notre soutien, c'est
qu'elle est la vérité ».
De façon très significative, un des candidats à la présidence de la République
déclare : « Défendre la famille ce n'est pas défendre un modèle unique et
obligataire. Il faut bien aujourd'hui reconnaître qu'il existe, pour l'enfant,
différentes formes de familles à côté du mariage, comme l'union libre, les
familles monoparentales ou les familles recomposées qui, justement au nom de
l'enfant, méritent une égale attention ».
Le propos apparaît généreux et politiquement on ne peut plus correct, mais il ne
répond. vraiment pas à ce que, pour ma part; j'attends d'un élu décidé à
participer à la construction d'une société vraiment et pleinement humaine, animé
de la conviction que « seul l'amour construit le monde » et que « l'avenir de
l'humanité passe par la famille ».
Ces deux expressions, empruntées au Pape
Jean-Paul II, tracent les lignes de force d'une vision chrétienne de la famille.
Cette vision est présentée d'une façon concise et claire par :e Catéchisme de
l'Église catholique : « La famille est la cellule originelle de la vie sociale.
Elle est la société naturelle où l'homme et la femme sont appelés au don de soi
dans l'amour et dans le don de la vie. L'autorité, la stabilité et la vie de
relations au sein de la famille constituent les fondement-) de la liberté, de la
sécurité et de la fraternité au sein de la société. La famille est la communauté
dans laquelle, dès l'enfance, on peut apprendre les valeurs morales, commencer
et honorer Dieu et bien user de la liberté. La vie de famille est initiation à
la vie en société ».
Au moment où nous sommes appelés â engager notre responsabilité dans un acte
politique majeur en démocratie : le vote, le Conseil permanent de l'Assemblée
des évêques de France vient de nous rappeler que la politique est « une forme
éminente de la charité >>. Cette charité doit être lucidement et courageusement
au service de famille, pour être au service de la vie, de l'amour et de la paix.
A toutes les familles chrétiennes, je souhaite de belles et joyeuse Fêtes de
Pâques.
André FORT Évêque d'Orléans
«LES ENFANTS, PRINTEMPS DE LA FAMILLE ET DE LA SOCIÉTÉ»
Du 13 au 15 octobre 2000 se
tiendra à Rome la IIIéme Rencontre Mondiale des Familles. Je viens de découvrir
le thème choisi par le Pape Jean-Paul II pour ces journées d'échanges, de
réflexion et de prière : les enfants, printemps de la famille et de la société.
Quelle bouffée d'oxygène ! Quel rayon de soleil !
Voici qu'après avoir redonné
confiance et courage aux plus âgés dont il se sait fraternellement proche et
profondément solidaire, Jean-Paul Il se tourne maintenant avec amour vers les
plus petits pour leur dire qu'ils sont désirés comme le printemps, accueillis
comme une promesse d'espérance, reçus comme une source de joie.
Quelle bouffée d'oxygène, quel
rayon de soleil alors qu'une série de projets gouvernementaux contre la vie de
l'enfant à naître se sont accumulés tout au long de l'été comme de noirs nuages
précurseurs d'orages et de malheurs.
Au mois d'octobre les
parlementaires auront à se prononcer pour la révision de la loi Neuwirth de 1967
sur la contraception et celle de la loi de 1975 sur l'avortement : autorisation
des infirmières scolaires â délivrer la « pilule du lendemain » et, pour
l'avortement, allongement du délai légal de dix à douze semaines, dispenses de
l'autorisation parentale pour les mineures et suppression du délit de
propagande.
De toutes les réactions de
réprobation suscitées par ces projets, celles des associations familiales,
catholiques ou non, étaient prévisibles et attendues. Mais il en est d'autres
qui sont d'autant plus significatives qu'elles nous viennent les unes du corps
Médical, les autres de groupes de jeunes qui se de' fendent avec passion de
toute inféodation religieuse ou politique.
Parmi les gynécologues, de
professeurs éminents qui n'ont jamais dénoncé en son principe la pratique de
l'avortement, alertent aujourd'hui les responsables politiques sur les risques
graves de dérive eugéniste que comporte l'allongement du délai légal pour
l'avortement. Non seulement la loi Veil n'a pas régulé la pratique de
l'avortement mais elle n'a freiné ni sa banalisations ni les pressions que
subissent les femmes les plus vulnérables pour qu'elles y consentent. Désormais
la vie d'un enfant à naître pourra être en danger dès lors qu'une échographie
aura fait apparaître qu'il présente un risque d'anomalie ou aura confirmé qu'il
n'est pas du genre que l'on avait souhaité. Tout autant impressionnants et
significatifs les manifestations et les propos des jeunes qui s'identifient et
s'affichent comme « les rescapés ». En un premier temps je n'avais pas compris
leurs propos.
Je suis resté sans voix lorsque
j'ai réalisé qu'une vague d'indignation et d'angoisse les avait bouleversés
lorsque, instruits par le rapport du Professeur Nisand, ils avaient découvert
que le quart des enfants à naître étaient interdits de naissance et
irrémédiablement privés du droit de vivre. De même que les rescapés d'un
cataclysme demandent à être assistés pour surmonter le traumatisme provoqué au
plus profond de leur être par le vent de mort qui les a fouettés sans les
emporter, de même ces jeunes s'interrogent et demandent : Pourquoi eux, pourquoi
pas moi ? A quoi., à qui dois-je d'être encore en vie ?
Heureux les enfants et les
jeunes qui pourront grandir certains d'avoir été accueillis et assurés d'être
toujours aimés. Heureux les enfants et les jeunes qui pourront grandir dans une
famille telle que Dieu la veut et telle que le
magistère de l’Église catholique n'a jamais cessé de la promouvoir et de la
défendre pour affirmer son rôle irremplaçable et son éminente dignité.
Je viens de célébrer l'Eucharistie, l'Évangile de ce mardi de la 25ème
semaine du temps liturgique que nous qualifions,
bien à tort, d'ordinaire, nous fait entendre un bref mais extraordinaire
dialogue entre Jésus et la foule qui se presse pour l'entendre. « On fit savoir
à Jésus : Ta mère et tes frères sont là dehors qui veulent te voir. Il leur
répondit : Ma mère et mes fières, ce sont ceux qui entendent la Parole de Dieu
et qui la mettent en pratique ». (Lc S, 20, 21). Déconcertante, la leçon n'en
est que plus forte : les liens de parenté humaine ne trouvent leur sens
et leur fécondité plénière que lorsqu'ils
inaugurent les liens de relations à Dieu et leur permettent de s'épanouir. Là
est la plus belle vocation de la famille et le fondement de ses devoirs et de
ses droits imprescriptibles. Là est la source du courage audacieux et confiant,
de la fierté et de la joie des parents chrétiens. En accueillant la vie que le
Père leur confie pour qu'ils la transmettent, ils
savent que c'est le Christ qu'ils accueillent. «
Prenant un enfant. Jésus le plaça au milieu d'eux et après l'avoir
embrassé, Il leur dit : Qui accueille en mon nom un petit enfant comme celui-là,
c'est Moi qu'il accueille, et celui qui m'accueille n'accueille pas que Moi, il
accueille aussi, Celui qui m'a envoyé» (Mc 9, 36-37).
+ André
FORT Évêque d'Orléans
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Monseigneur Bernard Housset, Evêque de Montauban
Fête des mères, journée de la vie
La fête
des mères permet à chacun de nous d'exprimer sa gratitude à celle qui lui a
donné le jour. C'est avec le recul du temps que l'on se rend compte de l'amour,
du dévouement et de la générosité d'une maman. De tout ce qu'elle a donné
d'elle-même pour que son enfant naisse et soit éduqué. Mais la plus grande
reconnaissance que nous pouvons adresser à nos mères n'est-elle pas de nous
avoir conservés en vie ?
Voilà pourquoi, depuis quelques années, cette fête des mères coïncide avec la
journée de, la vie. Nous sommes ainsi invités à réfléchir et à prier au sujet de
l'avortement.
On ne peut aborder cette réalité qu'avec appréhension, tellement elle est
complexe et douloureuse. Il faut beaucoup de doigté et de délicatesse pour ne
pas ajouter une nouvelle blessure aux femmes et aux hommes (car eux aussi sont
concernés) qui sont déjà marqués par un avortement.
J'ose pourtant en parler, même si cette réalité est devenue tabou. Car notre
société est comme anesthésiée à cet égard. Pour quelles raisons ne peut-on pas
s'interroger sur ce drame et analyser ses causes et ses conséquences?
Ce silence est d'autant plus étonnant que de nombreux français se donnent
beaucoup de mal pour assurer la protection d'espèces végétales et animales en
danger.
Comment se
fait-il qu'on ne mette pas autant d'intelligence et d'énergie à protéger de la
mort- tous les fétus ?
Comment se fait-il que la proportion du nombre d'avortements provoqués reste
stable par rapport au nombre de naissances, c'est à dire près d'un sur trois ?
D'après les statistiques de ces dix dernières années, il s'agit, en moyenne
annuelle, de 220 000 avortements pour 750 000 naissances.
Nous avons nettement progressé par rapport à l'hécatombe routière. Après des
décennies de stagnation et d'immobilisme, la lutte contre ce fléau est en train
d'atteindre des résultats significatifs. Le nombre de morts a diminué de 21% en
un an. C'est bien la preuve que, là où il y a une volonté, on finit par obtenir
des résultats.
Qu'est-ce
qui empêche que l'on agisse sérieusement sur les causes lointaines ou proches
des avortements ?
Par une
solide éducation affective et sexuelle qui développe le sens des
responsabilités.
Par des
logements sociaux et des hébergements d'urgence mieux appropriés.
Par un
soutien financier plus important qui permettrait aux femmes enceintes en
détresse de ne pas être acculées à subir un avortement.
Par un
conseil conjugal adapté qui procure une aide psychologique et spirituelle de
qualité.
Que fait-on pour que soient davantage connues les associations qui essaient de
soutenir les femmes en difficultés ? Elles sont en mesure de leur fournir
diverses assistances et informations pour que, sans pression ni dissuasion,
elles prennent une décision favorable à leur enfant. La loi du 4 juillet 2001 a
supprimé l'obligation de l'entretien relatif à l'I.V.G. Du coup, ces
informations ne sont plus offertes qu'à un nombre très restreint de personnes.
Il faut ajouter que, sur le plan juridique, le flou est maintenu au sujet de la
dignité de toute personne humaine, depuis sa conception, jusqu'à sa mort
naturelle. Quand une société se met à ne plus avoir de considération ni de
respect pour les plus petits de ses membres, n'est ce pas mauvais signe ?
« Il est déjà humain celui qui n'est pas encore né ». En insistant sur cette
conviction, sans se lasser, notre Église catholique ne défend pas une thèse
confessionnelle sur la vie humaine. Elle ambitionne de servir, en toute
objectivité, la vérité concernant chaque personne humaine comme le bien commun.
A l'occasion de cette journée de la vie, que chacun s'interroge : que puis-je
faire concrètement pour que la plaie de l'avortement recule et pour que les
enfants soient davantage accueillis ?
+ Bernard HOUSSET, Évêque de MONTAUBAN
Avortement
« Je
voudrais adresser une pensée spéciale à vous, femmes qui avez eu recours à
l'avortement. L'Église sait combien de conditionnements ont pu peser sur votre
décision, et elle ne doute pas que, dans bien des cas, cette décision a été
douloureuse, et même dramatique. II est probable que la blessure de votre âme
n'est pas encore refermée. En réalité, ce qui s'est produit a été et demeure
profondément injuste. Mais ne vous laissez pas aller au découragement et ne
renoncez pas à l'espérance. Sachez plutôt comprendre ce qui s'est
passé et interprétez-le en vérité. Si vous ne l'avez pas encore fait,
ouvrez-vous avec humilité et avec confiance au repentir : le Père
de toute miséricorde vous attend pour vous offrir son pardon et sa paix dans le
sacrement de la réconciliation. Vous vous rendrez compte que rien n'est perdu et
vous pourrez aussi demander pardon à votre enfant qui vit désormais dans le
Seigneur. Avec l'aide des conseils et de la présence de personnes amies
compétentes, vous pourrez faire partie des défenseurs les plus convaincants du
droit de tous à la vie par votre témoignage douloureux. Dans votre engagement
pour la vie, éventuellement couronné par la naissance de nouvelles créatures et
exercé par l'accueil et l'attention envers ceux qui ont le plus besoin d'une
présence chaleureuse, vous travaillerez à instaurer une nouvelle manière de
considérer la vie de l'homme ».
C'est le pape Jean-Paul II qui est l'auteur de ce texte plein de compassion dans
son encyclique « l'Évangile de la vie » (n° 99).
Uni à lui, je
veux vous partager quelques-unes de mes convictions.
Toute femme qui avorte reste aimée de Dieu. En effet, aucune personne ne se
réduit à ses actes ni à ses tendances. Il est fondamental de rappeler cet amour
de Dieu pour chaque être humain.
Et, en même temps, tout avortement est un acte grave. Bien souvent, il est
traumatisant, douloureux. J'ai rencontré à différentes reprises des psychologues
et des conseillers familiaux : ils le disent avec force.
Il est indispensable de ne pas taire cette réalité douloureuse, d'en parler,
bien sûr de manière non simpliste. Chaque femme est concernée, quelle que soit
sa situation, elle est vraiment à entendre. Et les hommes aussi sont concernés.
Ils n'ont pas à jouer aux abonnés absents, à se dessaisir de leurs
responsabilités. Je pense, par exemple, au garçon qui apprend de sa petite amie
qu'elle est enceinte, et lui rétorque « débrouille-toi ! ».
Une mère (1)
qui a bien conscience de la complexité de l'avortement, écrit : « Ne plus
reconnaître dans les faits que pratiquer une I.V.G. revient à supprimer la vie à
son commencement, n'est-ce pas une régression de la conscience morale ? ».
Est-ce un progrès en humanité quand les plus forts imposent leurs lois aux plus
faibles ? Allons donc ! Toute vie humaine est à respecter dès ses commencements.
Il ne nous
appartient pas de décider d'un soi-disant seuil d'humanité que l'embryon
franchirait à un moment de son évolution. Depuis sa conception, il est membre de
l'espèce humaine. Un chrétien du troisième siècle disait à juste raison : « Il
est déjà humain celui qui le deviendra ». Telle est la conviction fondamentale
de l'Église, dès ses origines. Le Christ nous assure de la dignité inaliénable
de tout être humain de sa conception à sa mort.
On parle
beaucoup de la liberté aujourd'hui, et de la liberté d'avorter, « La femme peut
avorter, dit-on, si c'est son choix. Mais si elle avorte, c'est parce qu'elle
n'a pas le choix. Obscur ! » (2). Il est vrai que beaucoup
de femmes sont contraintes à l'avortement parce qu'elles sont seules, parce
qu'elles sont soumises à de fortes pressions par leur entourage, parce qu'elles
n'ont pas les moyens financiers d'éduquer leurs enfants.
Je crois
savoir, si mes renseignements sont exacts, que les décrets d'application de la
loi Veil qui prévoyait une aide financière n'ont jamais vu le jour. Qu'est-ce
que la vraie liberté ? Celle de donner la mort ou celle de donner la vie ? Tout
doit être mis en place pour que les femmes enceintes, en difficulté « aient la
liberté d'aller au terme de leur grossesse » (3). L'Évangile est un appel à la
vie. A la Vraie vie, pleinement humaine pour chacun. Et l'Évangile nous invite à
tout mettre en oeuvre pour que la culture de vie l'emporte sur la culture de
mort.
Je suis
intimement persuadé que l'avortement n'est pas une fatalité à laquelle il
faudrait se résigner. A condition de le vouloir, à condition de s'en donner les
moyens, cette réalité peut progressivement diminuer, comme d'autres réalités
négatives. Par exemple, l'ignorance et l'analphabétisme, grâce au développement
de l'école et de l'éducation. Comme aussi la tuberculose et d'autres maladies,
grâce au progrès de la médecine et des soins de santé.
En France,
diverses associations se consacrent à l'aide aux femmes enceintes en difficulté
et à l'action contre les causes à moyen et long terme de l'avortement. Par
exemple, en ouvrant une maison où de jeunes mamans peuvent commencer d'élever
leurs enfants.
Je connais
plusieurs de ces associations
- Mère de
Miséricorde, rue Sainte Philomène, 31400 Toulouse -
Tél. 05 61 32 88 77.
- Secours aux
futures mères, 109, rue Defrance, 94300 Vincennes.
- SOS grossesse, 51, rue Jeanne
d'Arc, 75013 Paris - Tél. 01 45 84 5591.
Le Christ
nous invite à réagir contre toutes les soi-disant fatalités en prenant nos
responsabilités. Ainsi le drame de l'avortement pourra peu à peu reculer.
+ Bernard HOUSSET, Évêque de Montauban
1) Mijo Beccaria, La Croix -
octobre 2000
2) Elisabeth G. Sledziewki, Le Monde - 6 octobre 2000 - «
I.V.G., un dossier éthique à rouvrir »
3) Déclaration du Conseil
Permanent des évêques français « respecter la vie en ses commencements » (11
octobre 2000)
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Avortement : le vent tourne ?
Après
le referendum du week-end dernier sur la dépénalisation de
l'avortement au Portugal, la loi devrait être modifiée
(cf revue de presse du 12/02/07). Ce sera le travail d'une
commission parlementaire, réunissant des représentants de tous les
partis pour mettre au point les conditions de la légalisation de
l'avortement dans les dix premières semaines de grossesse. Diverses
questions devraient être abordées : Y aura-t-il un temps de
réflexion pour les femmes? La consultation de plusieurs médecins
sera-t-elle obligatoire? etc...
L'évêque
auxiliaire de Lisbonne, Mgr Carlos Azvedo s'insurge : "la vie ne
dépend pas d'un referendum [...] Il est encore temps de faire
du lobbying." "Comme le cadre de la loi reste à négocier, nous
devons obtenir des garanties pour que les femmes puissent être
entourées, avant de commettre un acte irrévocable", ajoute-t-il.
La loi
devrait être ensuite votée au Parlement pour entrer en application
dès le second semestre 2007.
Mais si
l'avortement est considéré comme un droit acquis dans la plupart des
pays européens, ces "mythes" commencent à s'effondrer. Sa
légalisation n'a pas fait diminuer le nombre d'avortements et le
binôme échographie-avortement à la demande est une arme au service
de l'eugénisme. Par ailleurs, le Planning familial et les groupes
pro-choix nient toujours les répercussions psychologiques de
l'avortement pour la mère. Pourtant, une étude du Journal of
Child Psychology and Psychiatry de décembre 2006 fait le lien
entre 5 pathologies clefs (dépression grave, crise d'angoisse, idées
de suicide, dépendance à l'alcool ou à la drogue) et des femmes
ayant avorté. Enfin, dans certains pays, des dispositions ont été
prises pour corriger certains types d'avortement : en Inde, par
exemple, une loi interdit aux échographistes de révéler le sexe de
l'enfant pour éviter le foeticide féminin ; aux Etats-Unis, 4 Etats
attendent que l'arrêt Roe vs Wade soit cassé pour que l'avortement
soit aboli dans leur État ; au Nicaragua, en Colombie ou au Chili
des restrictions ont été prises ces derniers mois. Enfin, des pays
européens, comme l'Irlande, la Pologne ou Malte interdisent
l'avortement. A Malte, le gouvernement vient d'ailleurs de rappeler
qu'il ne céderait pas à la pression de l'Union Européenne pour
légaliser l'avortement. A Monaco, l'avortement aussi est interdit.
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TÉMOIGNAGE
Nous recevons
aujourd'hui ce témoignage de Monsieur Baptiste K. (Alsace) :
Il y a 5 ou 6 ans, mon ex-amie est tombée enceinte, j'avais
22 ans et elle 21 ans, elle était étudiante
et moi objecteur de conscience, nous
n'avions pas beaucoup de revenus, je vivais
encore avec ma mère.
Cette annonce de la grossesse nous est
parvenue comme une bombe, un tas de
questions se bousculaient: que faire de cet
enfant? sans argent?? Elle était musulmane,
ses parents n'étaient pas au courant de
notre relation, il était donc hors de
questions qu'ils puissent l'apprendre. Un
tas de barrières se dressaient contre nous
et de plus nous ne sentions pas prêt pour
avoir un enfant.
Elle utilisait une pilule contraceptive
qu'elle a oubliée de prendre un jour!! Plus
nous réfléchissions, plus l'évidence se
faisait plus clair nous ne pouvions pas
garder cet enfant, il fallait avorter, il
avait quasiment 10 semaines, c'était la
limite légale à l'époque. Nous avons donc
pris rendez-vous à l'hôpital pour qu'elle
puisse avorter, je l'ai accompagnée. Il est
important de dire que les médecins et
infirmière que nous avons vus nous ont
longuement sermonné, mais ne nous ont poussé
à le garder. Puis le fameux jour est arrivé,
ce fut de longues minutes d'attente puis
finalement nous furent soulagés, c'est ce
que nous pensions!! Nous n'en avons plus
jamais parlé.
4 années plus tard nous nous sommes
séparés et plus revus jusqu'à présent.
Seulement voilà j'ai fait il y a 2 ans
la plus belle rencontre de ma vie, celle de
Jésus-Christ et de ma fiancée, petit à petit
grâce à Isabelle et grâce à Dieu, je suis
tombé sur des articles sur les enfants
avortés, sur les conséquences autant
psychologiques que physiques, sur les moyens
utilisés pour avorter, je dois avouer qu'à
l'époque je préférais mieux ne pas savoir.
J'ai réalisé à ce moment là la gravité de la
situation, et que ce bébé qu'elle portait
était déjà un être pleinement vivant. Les
moyens utilisés sont clairement horribles
(voir "50 questions sur l'avortement" de
"Droit de Naître")
J'ai demandé pardon à Dieu pour ce grave
péché contre Lui et la vie et aussi à
l'enfant, j'ai fait une prière de réparation
où j'ai demandé pardon à l'enfant.
Je lui donné le nom d'Anna, c'est le
premier nom qui m'est venu à l'esprit dans
la prière.
Puis j'ai fait demandé une messe pour
elle et pour nous ses parents (même si je
n'ai plus de contacts avec la mère).
J'ai eu, quelques jours avant la messe
cette grâce extraordinaire, celle de me
sentir père, réellement père, c'est comme si
je l'entendais me dire "papa", ce fut un
moment de grand bonheur, et j'étais sûr
qu'Anna était et est encore là à mes côtés
et qu'elle me demande d'intercéder pour tous
ces enfants massacrés ainsi que de
leurs parents.
Depuis je sens en moi la vive nécessité
de m'engager dans cette cause et de me
battre pour le respect de toute vie humaine
c'est pourquoi je vous ai écrit. Soyez donc
assurés de ma plus grande reconnaissance
pour ce que vous faites et soyez sûrs de mon
union avec vous dans la prière. De plus
dites-moi ce que je pourrais faire pour
m'engager d'une autre manière.
Que Dieu vous bénisse!! Baptiste et
Anna..
Dans un entretien accordé à l'agence
Ecclesia, organe officiel de l'Église
catholique au Portugal, le cardinal José
Saraiva Martins, préfet de la Congrégation
pour la cause des saints, a dit clairement
qu'il souhaite la victoire du non
(traduction intégrale par mes soins) :
J'espère de tout cœur, comme homme, comme
chrétien et comme Portugais, que mes
compatriotes refassent lors du prochain
référendum ce qui a été fait il y a neuf
ans, lorsque le “non” l'avait emporté.
Pourvu que cette fois-ci encore, l'on dise
oui à la vie et non à la mort, c'est-à-dire
à l'avortement. La vie est le don le plus
précieux que nous recevons de Dieu et elle
ne peut être supprimée, ni à son début, ni
lorsqu'elle arrive à sa fin naturelle.
Personne n'a le droit d'empêcher que la vie
surgisse et qu'elle se développe. Faire
cela, c'est commettre un homicide. Seul Dieu
est le Seigneur de la vie, aucune créature
ne peut s'arroger un tel droit.
Ecclesia demande alors si le cardinal estime
important que l'Église s'exprime à ce sujet,
même si elle est pour cela critiquée.
Je pense qu'il est extrêmement important que
l'Église exprime clairement sa pensée sur le
thème de l'avortement, c'est son devoir de
le faire. Elle est au service de l'homme et
de ses valeurs fondamentales, parmi
lesquelles la plus grande est sans aucun
doute la vie, dans sa dignité et dans son
caractère sacré.
L'Église pècherait par omission si elle ne
le faisait pas : les fidèles ont le droit
d'être éclairés sur une matière qui est
d'une importance vitale pour l'homme et pour
la société d'aujourd'hui. A ce droit
correspond, c'est logique, le devoir des
pasteurs d'exposer, sans peur de subir la
critique des défenseurs de la libéralisation
de l'avortement, la vraie pensée de l'Église
à ce sujet.
Le blog de Jeanne Smits
Panama : pas de réforme de l'avortement
Le gouvernement de Panama a annoncé qu'il
renonçait à modifier la législation sur l'avortement face à une
large mobilisation de la population en faveur de la vie et contre
l'avortement.
La semaine dernière,
le gouvernement avait déposé à l'Assemblée un projet de loi visant à
élargir la dépénalisation de l'avortement. Actuellement,
l'avortement est interdit, sauf en cas de violences sexuelles et en
cas de danger pour la vie de la mère ou du bébé. Dans le premier
cas, le projet de loi proposait d'élargir à deux ou trois mois le
délai pour avorter et dans le deuxième cas, il proposait de ne
mettre aucun délai.
Mgr José Dimas
Cedeno Delgado, archevêque de Panama, avait demandé de lire une
lettre à toutes les messes le dimanche 4 février dans laquelle il
appelait tous les fidèles à se retrouver devant l'Assemblée
nationale "pour accompagner les députés et les inviter à défendre
le plus grand bien : la vie humaine".
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PRESENT –
Samedi 3 février 2007
La réponse du cardinal Barbarin
Dans une lettre envoyée personnellement, le 8
décembre, à chaque évêque de France, le docteur Xavier Dor souhaitait des
prières publiques pour obtenir de Dieu que la France soit libérée du fléau
ravageur constitué par le prétendu « droit à l'avortement ».
Le cardinal Barbarin lui écrit
- Je sais ce que vous faites. Continuez.
•
Dans un style à la Bonaparte par sa brièveté
et son impérieuse netteté, la réponse dit tout en quelques mots
•
Je
sais que vous faites ce que demande saint Paul. Merci, continuez et les
langues se délieront.
Ce que fait le docteur Dor, c'est donner des rendez-vous publics aux
libres citoyens catholiques pour prier, à proximité d'une clinique ou d'un
hôpital célèbre par son zèle avorteur, afin d'obtenir que cesse l'offense à
Dieu qui chaque année tue plus de 200 000 enfants dans le sein de leur mère.
Cela dure depuis 1975. On approche des 7 millions de victimes en France.
Dans un silence général. Ceux qui tentent de le rompre ne sont pas nombreux.
Et ils s'entendent répondre par les « décideurs » politiques et médiatiques
: - C'est une affaire maintenant réglée, il n'y a plus de problème.
•
Invoquant saint Paul, la réponse du cardinal
Barbarie donne la référence : Ep 6, 20. Comme le fait le docteur Dor,
reportons-nous au texte et au contexte
•
(18)... Priez en tout temps... (19) Priez
aussi pour moi, afin qu'il me soit donné d'ouvrir la bouche pour parler et
d'annoncer hardiment le mystère de l'Évangile (20) dont je suis
l'ambassadeur dans mes chaînes ; obtenez-moi la hardiesse d'en parler comme
je le dois. »
... et ainsi les langues se délieront, ajoute
le Cardinal.
Alors le docteur Dor pose la question qui vient inévitablement à
l'esprit
- Quelles sont donc les chaînes qui réduisent au silence les pasteurs
et les fidèles ?
En mai 2004, l'évêque de Tours, qui était alors Mgr Vingt-Trois,
analysait en ces termes la situation
•
Les discussions sur le respect dû aux
embryons, qui ne sont pas du simple matériel médical utilisable pour la
recherche, butent a chaque instant sur la législation de l'avortement. La
loi de dépénalisation de 1975, puis les lois successives
qui en ont étendu le champ jusqu'à faire passer dans les mentalités que
l'avortement est un droit, reposent sur le refus méthodologique de se
prononcer sur le statut de l'embryon.
« Puisque ces lois ont été élaborées comme
si l'embryon était sans droit, toute tentative de réflexion éthique sur le
traitement des embryons est discréditée d'avance comme attentatoire au
droit à l'avortement ». Quasiment tout le monde est tétanisé
(sic) par la crainte d'être soupçonné de
vouloir revenir sur la loi de dépénalisation et subit une sorte de
terrorisme intellectuel... »
C'est donc bien le prétendu « droit à
l'avortement » qui est, non seulement par lui-même, mais encore au-delà de
lui, la clef mortelle de nos déchéances.
∎ Selon l'abbé Claude Barthe, l'«
imprévisibilité » - qui, tout autant que le rire, est le propre de l'homme
- est particulièrement accentuée chez le cardinal Barbarin. Il en a étonné
plus d'un en confiant à Mgr Caillot le soin de prêcher une retraite au
clergé lyonnais. Plus récemment il a parlé de l'abbé Pierre avec un manque
évident des nuances et même des réserves qui paraissaient pourtant
s'imposer. Mais il est aussi le Cardinal qui, le 22 février 2006 (cf.
Présent du 4 et du 30 mai), a personnellement donné l'imprimatur
au missel Jubilate Deo explicitement destiné à la célébration de la
messe traditionnelle dans les églises paroissiales. Les paroisses
peuvent se le procurer à l'adresse de l'Imprimerie Saint-Joseph, 11 rue
Vaubecour, 69002 Lyon (on peut en passer commande par téléphone :
04.78.42.45.85).
JEAN MADIRAN
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sommaire
Grande marche nationales pour la
vie du 21 janvier 2007. Collectif « 30 ans ça suffit ! »
15.000 participants selon une
évaluation optimiste, 3.000 selon les RG, en fait probablement autour de
8.000, soit 2 à 3.000 de plus que l’année précédente. Pour la troisième fois
le Collectif groupant 10 associations, dont la nôtre, organisait une marche
à l’occasion de l’anniversaire de la loi du 17 janvier 1975, légalisant
l’avortement, défilé – comme en 2006 – de la place de la République à la
place de l’Opéra.
L’évènement fut que pour la
première fois des évêques de France fassent partie du comité de soutien de
la Marche, auxquels on peut ajouter Mgr Barbarin, cardinal archevêque de
Lyon, auteur d’une carte chaleureuse qu’il m’avait adressé peu avant Noël (Lettre
aux évêques).
Qu’ils soient profondément remerciés. On peut le dire : ce fut une cause de
notre joie. Nous n’étions plus orphelins.
Outre cette présence spirituelle
– et non corporelle –ce qui nous unissait est ce que le collectif a
toujours réclamé : l’abrogation et non l’aménagement de la loi, en la
remplaçant par une loi respectant la vie dès la conception. Beaucoup de
jeunesse, une représentation plus parisienne que provinciale, des
étrangers : une centaine de belges, des allemands, des italiens, des
irlandais, de nombreux prêtres et religieux, des hommes politiques dont
Philippe de Villiers et plusieurs représentants du Front National, de
nombreuses pancartes : « des lois pro-vie »…une banderole : « Y a-t-il un
candidat contre l’avortement ? » et une autre « on a aboli la peine de mort,
jamais on a autant tué ! » avec l’image terrible de débris fœtaux d’un
avortement par aspiration à 10 semaines.
Nous fermions la marche, en
priant avec Renaissance Catholique. Les AFC étaient là – un bonheur n’arrive
jamais seul – et devant notre groupe : Civitas. Il y eu un avant et il y
aura un après le 21 janvier 2007. Je pense que tous nous l’avons senti, le
frémissement touche maintenant toute l’Europe. La culture de mort n’a pas
d’avenir, Dieu veille et nous voudrions veiller avec lui.
Xavier Dor.
La petite ville de province de Covilhã, au
Portugal, s'est réveillée samedi matin pour
découvrir plantées sur les pelouses des
quatre principaux ronds-points de la ville
des petits croix blanches comme on en voit
dans les cimetières militaires, portant
l'inscription : « victime de l'avortement ».
Le lendemain matin, elles avaient disparu
sans que l'on sache ni qui les avait
plantées, ni qui les avaient enlevées.
Mais comme le mouvement pour le "oui" au
référendum portugais veut absolument éviter
de porter le débat sur ce terrain là, le
Mouvement de Vote Oui devait envoyer ce
lundi une plainte en bonne et due forme ) la
Commission nationale des élections pour
faire constater que « quelqu'un avait perdu
la tête » en accomplissant cette action «
inadmissible, de mauvais goût et
inacceptable entre personnes qui doivent se
montrer et assumer leurs convictions ».
« En vérité, ce qui fut planté sur les
ronds-points de Covilhã, ce fut un cimetière
d'idées, le cimetière de la dignité et du
bon sens », assurent les partisans du oui,
sans rire, ajoutant que « la croix est un
symbole religieux, interdit dans ce type de
propagande ».
Tout cela permet d'éviter la question qui
fâche : l'avortement tue-t-il un être humain
?
Source :
ici.
http://leblogdejeannesmits.blogspot.com/2007/01/pro-avortement-des-croix-les-rendent.html
Marche pour la Vie, dimanche 21 janvier 2007
Marchant en fin de défilé, tantôt successivement , tantôt côte à
côte, avec Renaissance Catholique, les SOS-Tout-Petits ont participé très
nombreux à la troisième marche pour la vie du collectif "30 ans ça suffit". Avec
beaucoup de ferveur ils ont imploré Notre-Dame pour que cesse "Le Crime contre
Dieu" et que les lois sur l'avortement soient abrogées.
Quant au groupe de "CIVITAS" il interrogeait :
"Y a-t-il un candidat contre l'avortement ?"
"6 millions d'avortements = Génocide ou pas ? "
Marche pour la Vie
Pour la première fois cette
année le collectif a déjà reçu le soutien de deux évêques : Mgr Bagnard, évêque
de Belley-Ars, et Mgr Centène, évêque de Vannes. Également pour la première fois
cette année, les Associations Familiales Catholiques (AFC) ont appelé à
participer à cette marche pour la vie.
Départ de la marche: 14 heures 30. Place de la République.
Comme l'an passé les amis de "SOS-Tout-Petits"se rassembleront
en fin de cortège pour réciter le Rosaire selon leur habitude.
La grande escroquerie
13 janvier 2007
Le Figaro du 7 décembre 2006 met en gros titre à la page 12 « Clonage
thérapeutique : nouvelles propositions ». Le sous-titre est le suivant :« Un
rapport de l’Office scientifique parlementaire des choix scientifiques et
technologiques réclame que soient autorisées le clonage thérapeutique et la
recherche sur l’embryon » (les fautes d’orthographe ne sont pas de notre
rédaction). L’Office explique que « L’embryon contient des cellules dites
souches capables d’être transformées en toutes sortes de cellules… ». « Par
ailleurs, le clonage (ou transposition nucléaire qui consiste à insérer le noyau
d’une cellule dans un ovocyte) pourrait permettre de d’obtenir des embryons
humains dont on prélèverait ensuite les cellules souches ». Chacun notera que
tout ceci est écrit au conditionnel. Et il est ajouté dans le quotidien cité : «
Enfin existent chez l’adulte des cellules souches plus difficiles à extraire et
aussi dans le sang ombilical ». Sous-entendu, ces cellules sont supposées
obtenir des résultats encore plus lointains. D’un côté les chercheurs tuent des
embryons pour un résultat hypothétique par prélèvement de leurs cellules ; et de
l’autre les cellules souches dites adultes sont possiblement capables d’obtenir
des résultats encore plus théoriques. Or le rapport de cet Office est à la fois
un mensonge ; mais aussi une escroquerie afférente aux futurs impôts de nos
contribuables au cas où le Parlement voterait cette proposition. Que penser de
celle-ci? La réponse est simple. Elle a été donnée incidemment comme un petit
fait divers par la presse espagnole. « Una autoplante de celulas de cordon cura
una ninia con leucemia »(Diario de Mallorca, 13 janvier 2007). Une autogreffe
des cellules du cordon a soigné la leucémie d’une petite enfant. Ces cellules du
cordon ombilical plus ou moins dénigrées ont réussi à guérir. Ceci s’est passé à
l’Hôpital Ramon y Cajal de Madrid. Les cellules souches du cordon ombilical
d’une petite nouveau-née ont été récupérées à la naissance et congelées. À l’âge
de trois ans, la petite fille déclare une leucémie. Ces cellules ont permis de
la guérir. Un succès parmi tant d’autres des cellules souches dites adultes. Ces
résultats fantastiques ne peuvent être ignorés de l’Office parlementaire. Ces
gens savent parfaitement qu’ils ont perdu depuis longtemps la guerre de « l’or
rose », celle des cellules souches. Alors pourquoi choisir de se servir
d’embryons en les tuant au nom de la thérapeutique ; alors que des guérisons
multiples peuvent être obtenues désormais tous les jours à partir des cellules
souches dites adultes notamment provenant du cordon ? La réponse est simple.
Elle est connue depuis longtemps. Le 1er mai 2003, Helen Lin (Université du
Maryland) a obtenu des ovules (ou ovocytes) à partir de cellules souches
embryonnaires. Pourquoi donc veut-on créer des ovules ? Parce que cette denrée
est rare et nécessite une stimulation ovarienne et une intervention chirurgicale
(cœlioscopie) pour les récupérer. Les femmes volontaires ne se bousculent pas.
Selon le Quotidien du Médecin (3.10.06), il faudrait 100 ovules pour avoir entre
une et cinq chances de réussir un clonage ; lequel n’a plus aucun intérêt sur le
plan thérapeutique. Wilmut, le père de la brebis clonée Dolly a vendu la mèche
sur le sujet. Les ovules sont absolument indispensables pour créer un être
humain par clonage ; lequel sera reproductif faute d’être thérapeutique comme
d’ailleurs l’annonce Jacques Attali, l’éminence grise de F. Mitterrand, dans son
dernier livre « Petite histoire de l’Avenir ». Il faudra des embryons par
centaines de milliers pour réussir ce projet qui vise à remplacer Dieu dans sa
Création. En France, les embryons dits « privés de projet parental »,
c’est-à-dire abandonnés par leurs parents dans le cadre de la fécondation in
vitro ne sauraient suffire. Le vote par le Parlement d’une loi permettant le
clonage soi-disant au nom de la thérapeutique serait un pas décisif vers l’Homme
Artificiel.
Dr Jean-Pierre Dickès
Lettre du Dr Dor à Monsieur H. de Lesquen
Docteur Xavier DOR
Ancien Interne des Hôpitaux de la région de
Paris
9 janvier 2007
Ancien
Maître de conférence des universités
Praticien hospitalier
Cher Monsieur,
Je vous ai entendu hier soir à
Radio-Courtoisie. Vous parliez de ce qui unit la droite : l'amour de la
France et la liberté.
Je vous avouerais que je ne me suis
pas reconnu dans cette formule. Certes, par amour de la France, on peut
entendre celui du bien commun, de la patrie. Par liberté - qui n'est pas
définie - on peut penser à celle de la Révolution française.
La gauche n'obéit qu'à elle même, la
droite reconnaît un ordre qui lui est supérieur : lois non écrites
chez les grecs, droit divin de notre tradition chrétienne. Il n'y a pas de
politique concevable sans ce droit, rejeté par la révolution déicide avant
que d'être régicide et homicide au nom de la liberté.
Ni la société ni les individus ne
peuvent se passer de ce droit , fondement de la morale et de la
civilisation.
Rappelez-vous la pesanteur et la
grâce. On ne peut échapper à la première qu'en se livrant à la seconde .
Que Dieu vous garde ainsi que
Radio-Courtoisie. Votre
Xavier Dor
P.S.: Votre déclaration étant publique, je puis donc
aussi rendre ma réponse publique en la mettant sur notre site intrernet que
je vous communique :
www.sos-tout-petits.org.
Ne m'en veuillez pas de cette
intervention. Je serais heureux de vous rencontrer et d'en parler librement
avec vous, peut-être lors d'une émission si vous y consentez.
"30 ans ça suffit !": Marche pour
la vie, le 21 janvier 2007

Réponse
du Dr Dor au Cardinal Barbarin
Paris, le vendredi
12 janvier 2007
Monseigneur,
Vous répondez à ma
lettre datée du 8 décembre 2006 :
« Je sais que vous faites ce
que demande Saint Paul aux chrétiens d’Éphèse (6 – 20).
Merci, continuez et les
langues se délieront »
Que demande Saint Paul aux
Éphésiens ?
« Priez pour tous les saints, (19) pour moi aussi afin que Dieu m’ouvre
la bouche et me donne des paroles pour annoncer hardiment l’Évangile, (20)
dont je suis l’ambassadeur jusque dans mes chaînes. Puissé-je avoir la hardiesse
d’en parler comme je le dois ».
Donc vous demandez à tous de
continuer à prier pour tous les catholiques, afin que jusque dans nos chaînes
nous ayons le courage de prêcher l’Évangile pour que les langues se délient.
Quelles sont les chaînes qui
nous réduisent au silence pasteurs et fidèles?
Quelles sont les chaînes qui ont
fait que les évêques de France n’ont pas répondu (à une exception près) à ma
lettre du 30 septembre 2003 (Cf.
http://www.sos-tout-petits.org/archives.html ).
Quelles sont les chaînes qui ont
fait taire ces mêmes évêques lorsque la loi de 1975 était en préparation ?
Il y a peut-être un élément de
réponse dans le texte publié le 21 /05 /2004 par Monseigneur André Vingt-Trois,
à l’époque archevêque de Tours :
« Oserais-je vous dire que je
m’interroge souvent devant Dieu sur les silences dont on pourra nous accuser
dans quelques décennies ou dans quelques siècles
[C’est dès maintenant que les silences sont
coupables !] ? Quand je dis « nous », je ne pense pas seulement aux
intellectuels éclairés dont les opinions ont si souvent suivi le « politiquement
correct » ou le médiatiquement correct. Je pense à nous chrétiens et,
premièrement, à nous évêques qui avons reçu la mission de guider le peuple
chrétien.[...]
Les discussions sur le
respect dû aux embryons, qui ne sont pas du simple matériel médical utilisable
pour la recherche, butent à chaque instant sur la législation de l’avortement.
La loi de dépénalisation de 1975, puis les lois successives qui en ont étendu le
champ jusqu’à faire passer dans les mentalités que l’avortement est un droit,
reposent sur le refus méthodologique de se prononcer sur le statut de l’embryon.
Puisque ces lois ont été
élaborées comme si l’embryon était sans droit, toute tentative de réflexion
éthique sur le traitement des embryons est discréditée d’avance comme
attentatoire au « droit à l’avortement ». Quasiment tout le monde est tétanisé
par la crainte d’être soupçonné de vouloir revenir sur la loi de dépénalisation
et subit une sorte de terrorisme intellectuel.[…]
Il est encore temps de nous
réveiller et de dire : ASSEZ ! ».
Oui, Monseigneur, il est
temps de se réveiller et de dire : ASSEZ !
de redire à temps et à
contretemps :
Assez de la culture de mort,
Assez des lois
bioéthiques qui ne reconnaissent pas la vie,
Assez
de la pornographie qui s’étale dans les média et impose les modes,
Assez des lois qui veulent ignorer Dieu et le
Christ-Roi.
Bien sûr nous continuerons
d’invoquer la Très Sainte Vierge Marie, plus particulièrement sous le vocable de
Notre-Dame de Guadalupe et de la Médaille Miraculeuse.
Nous récitons le rosaire en
public prière de réparation, d’intercession et de conversion, pour que cesse
l’avortement « crimes contre Dieu ».
Nous prierons aussi pour que
votre souhait, le souhait du Cardinal Barbarin, Primat des Gaules, soit partout
entendu comme une invitation pressante et même un ordre et que les langues de
nos pasteurs se délient.
Alors les catholiques auront à
leur tour le courage de parler haut et fort : ils seront suivis par les hommes
politiques,
et le
Saint–Esprit pourra renouveler la face de la terre.
Daignez, Monseigneur, agréer
l’expression de mon profond respect et de ma profonde reconnaissance.
Xavier Dor
___________________________________________________________________________________________________________________________
Réponse de Monseigneur
Emmanuel Lafont, évêque de Cayenne.
Cher ami,
Que le Prince de la Paix soit toujours avec vous.
Je vous remercie de votre courrier et de votre désir d’associer les évêques à
votre combat incessant pour la vie. Je vous remercie de l’engagement que vous
prenez, dans la mission que vous avez reçu, à votre baptême, de promouvoir
l’Évangile de la Vie.
Avec vous, nous ne cessons, de bien des manières, publiques et privées, de
prêcher cet Évangile de la Vie et la consternation qui nous étreint à la pensée
de ces milliers de victimes innocentes de l’égoïsme et de
Le défi particulier de votre combat, vous vous en doutez bien, consiste en ce
que, dans nombre de cas, les personnes concernées par le témoignage public en
faveur de l’Évangile de la Vie sont des personnes en situation profonde de
détresse humaine, affective, sociale ou matérielle. Je pense en particulier à
bon nombre de femmes enceintes, qui soit en vertu de leur âge, soit en raison de
leur situation de précarité ou d’isolement, ont à faire face à des pressions
parfois insurmontables de la part de l’entourage. Je pense aussi à ces personnes
qui vivent une situation humainement héroïque comme cet homme qui vient de
mourir, en Italie, dans des conditions difficilement soutenables.
Comment faire pour que le témoignage que nous rendons à l’Évangile de la Vie
laisse toujours transparaître l’immense miséricorde du Père envers les
personnes ? C’est le défi auquel l’Église est confrontée quotidiennement.
C’est ce défi que le Christ, notre Seigneur, a su si éminemment relever, dans la
manière dont il a accueilli la femme adultère (cf. Jn 8, 1-11), dont il est
devenu l’espérance de tous les pauvres et des pécheurs, au grand dam de ceux qui
se croyaient justes parce qu’ils vivaient, à la lettre, toutes les prescriptions
de la loi, mais qui, en raison de cela, étaient tentés de se faire les juges de
leurs frères.
Les témoins de l’Évangile de la Vie, tels que les décrit le pape
Jean-Paul II ne peuvent pas ne pas être, en même temps, et dans le même
mouvement, les témoins de l’Évangile de la Miséricorde, selon les mots de
ce même pontife dans sa lettre encyclique « Dives in misericordia » :
Il faut donc que tout ce que j'ai dit dans ce document
sur la miséricorde se transforme en une ardente prière: qu'il se transforme
continuellement en un cri qui implore la miséricorde selon les nécessités de
l'homme dans le monde contemporain. Que ce cri soit lourd de toute cette vérité
sur la miséricorde qui a trouvé une si riche expression dans l'Écriture Sainte
et dans la Tradition, comme aussi dans l'authentique vie de foi de tant de
générations du peuple de Dieu. Par un tel cri, comme les auteurs sacrés, faisons
appel au Dieu qui ne peut mépriser rien de ce qu'il a créé (136), au Dieu qui
est fidèle à lui-même, à sa paternité, à son amour ! Comme les prophètes,
faisons appel à l'aspect maternel de cet amour qui, comme une mère, suit chacun
de ses fils, chacune des brebis perdues; et cela même s'il y avait des millions
d'égarés, même si dans le monde l'iniquité prévalait sur l'honnêteté, même si
l'humanité contemporaine méritait pour ses péchés un nouveau «déluge»,
comme le mérita jadis la génération de Noé! Ayons recours à l'amour paternel que
le Christ nous a révélé par sa mission messianique, et qui a atteint son sommet
dans sa croix, sa mort et sa résurrection! Ayons recours à Dieu par le Christ,
nous souvenant des paroles du Magnificat de Marie, proclamant la miséricorde «
de génération en génération » ! Implorons la miséricorde divine pour la
génération contemporaine! Que l'Église, qui cherche à l'exemple de Marie à être
en Dieu la mère des hommes, exprime en cette prière sa sollicitude maternelle,
et aussi son amour confiant, dont naît la plus ardente nécessité de la prière
! »
En vous remerciant de votre engagement pour la Vie, je vous invite aussi à
rechercher avec nous les chemins les meilleurs afin que toute personne qui ne
parvient pas encore à comprendre la beauté de l’Évangile de la vie se
sente, par notre présence et notre parole, ni jugée ni condamnée, mais au
contraire encouragée et invitée à entrer plus avant, avec nous, dans la
découverte de ce mystère de vérité et de bonheur !
Je me recommande à votre prière et vous assure de la mienne.
† Emmanuel Lafont
Emmanuel Lafont, évêque de Cayenne, 24,
rue Madame Payé BP 378 - 97328 Cayenne
Tel.
: 05 94 28 98 48 – 06 94 20 69 68 – Fax : 05 94 25 04 24
***
Note du webmaster : Dans tous les écrits du Dr DOR, comme
dans ses prises de paroles, qui pourra trouver un seul mot de condamnation des
femmes qui ont avorté ?
__________________________________________________________________________________________________________________________
Réponse de Monseigneur
Pierre-Marie Carré,
Monsieur,
En réponse à votre message, je pense qu'il est inutile de vous redire que
j'entre pleinement dans ce que les papes successifs, en particulier Jean-Paul II
et Benoît XVI, ont redit avec beaucoup de force concernant l'avortement (voir
par exemple Evangilium vitae n.58-62).
Pour ma part, je soutiens "Mère de Miséricorde" qui est une association reconnue
par les archevêques d'Albi et en lien avec eux. Je regrette d'ailleurs une trop
grande dispersion des associations qui agissent pour la vie.
Avec l'assurance de ma prière.
+ Pierre-Marie Carré
***
Effectivement il n'est pas indispensable de
redire aux militants de SOS-Tout-Petits l'enseignement des Papes sur l'avortement, c'est à tous
ceux qui croient au Ciel comme à ceux qui n'y croient pas, qu'il faudrait le
clamer à temps et à contretemps...
__________________________________________________________________________________________________________________________
Réponse de Monseigneur
Guy Bagnard,Évêque de
Belley-Ars

__________________________________________________________________________________________________________________________
Réponse de Monseigneur
Pierre Pican, Évêque de
Bayeux et Lisieux

Réponse de Monseigneur
Pierre Planet, Évêque de
Carcassonne et Narbonne
Réponse de Monseigneur
Louis Sankalé, Évêque de
Nice
« Accuse
réception de votre courrier et vous assure de sa considération »
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